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Full text of "Dictionnaire du patois de Lille"

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DICTIOWAIRE 



PATOIS DE LILLE 



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DC MÊME AUTEUR 



Etttdet lur la légwlalion mitUaire et sur la Jurisprudence des 

Coiiseik de guerre et de rémim.i vol. iii-8", 1855. Paris, 

Anselin; Lille, Vanackere. 
Conférences mr le Droit rural (iDlroduclion), brocb. in-S", 

1848. Ulle, VaDackere. 
Législation des portions méuagèrei ou parts de marait dans le 

nord de la France, vol. i(i-8°, iSSO. Piris, A. DaraDd; 

Lille, Vanackere. 
Le Bourgeoit de Lille, esquisses locales, vol. in-18, 1851. 

Paris, Garnîer; Lille, Béghin. 
Question de comjtélence à propos de iajditude personnelle à la 

jouissance de certains biens communaux : affouages, marais, 

broch. in-8«, 1851. Paris, A. Durand ; Lille, Vanackere. 



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DICTIONNAIRE 

nr 

PATOIS DE LILLE 



. Pierre LP^UAND 



Netcb qiil iiauk inluu dulceriing ni 



UllE 

V VA^ACKEnE, ÉniTKi'n 



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PRÉFACE 



En rendanl comple de mon oufnige, dans le Revue du JVbrit, 
H. Le Glay disail, avec celle bienveillance qui est l'apanage da 
vrai talenl : e Je prédis une seconde édition au Dktimmaire du 
PaUrit de Lille; je vois d'avance celle bonne et belle brochure 
se transformer en un bon et beau livre que l'auteur enrichira, 
non pas peut-être beaucoup, quanl au nombre des mots patois 
définis, mais surtout quant aux citations heureuses et aux origines 
étymologiques. » 

Sang me Taire illusion sur le peu de mérite de mon travail, j'ai 
voulu, autant que je l'ai pu, justiSer la prédiction démon honorable 
critique, et, tout en approfondissant la matière iéji traitée, j'ai 
élargi le champ de mes recherches. Grâce â de nouveaux efforts 
do mémoire, et servi par des amis complaisants qui, pour alléger 
ma tiche, sondaient leurs propres souvenirs et tendaient constam- 
ment leurs oreilles, j'ai pu ajouter prés de trois cents mots d la 
collection. 

Je me suis appliqué sarloul à rechercher les origines des mots 
f|ue je rencontrais, ou qui m'étaient indiqués, et d les appuyer par 
1 

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des eieinples, aBn de justJlier de {iliis en plus cette opinioD qae le 
pilois de Lille, loin d'être un grossier argot, est In langue primitive 
de nos incétres. 

Que paloU Jûrive de ab atavit ou depatrieniii, c'est toujours Ik 
langage paternel. 

Je ne nie suis pas cru obligé, celle fois, à me borner à l'étude 
des mots, j'ai peosé que le cadre choisi pouvait aussi, jusqu'à un 
certain point, contenir la définitiou des choses, et je n'ai pas 
laissé échapper l'occasion de m'eipli^uer sur les institutions de la 
localité. 

J'ai trouvé des renseigaements précieux dans lesandens trouvércsi, 
dans tes vieilles ehrouiques, dans les histoires de l'illustre Valeu- 
cieoDois Froissart, qui coansissait si Lieu notre Flandre. J'ai 
pu aussi compulser avec Truil les chartes du pays , notimmeat le 
Reauil des Franchùet, Loi* et Coutume* de la ville de Lille, 
édité avec tant de soin par H. Brun-Lavainne, d'après le manuscrit 
de Roisin. 

On sait que Roisiu, qui n'était pas, coroine le pense H. Le Bon, 
on secrétaire des Etala de Flandre, mais un modeste clerc d« In 
Tille, a eu la patience if. recueillir et de mettre en ordi'e toutes les 
coutumes tradilioonelles depuis tOG6 jusqu'en 1377. 

Son précieDimaDuscrit.conlioué par ses successeurs jusqu' en 1S22, 
contient les matériaux les plud intéressants. Au point de vue 
philologique, qui rentre plus spécialement dans mes préoccupations 
du jour, je ne puis m' empêcher de signaler la piquante application 
de la prononciation patoise qui, au début, tombe sur le nom même 
del'humhle écrivain. 

L'histo rien. Ti roux, qui en fait un huissier à verge, l'appelle 
sérieusement llogin; il rapporte que c'était dans son livre qu'on 
lisait la formule des serments lors du renouvellement du corps 
échevinal. i 

C'est dans Roisin que nous trouverons 1> véritable qualification du 
langage parlé é Lille au moyen Ige. 

Ce dérivé de la langue d'oil, que H. Hécart appelle rovehi, et 
dont H. Cachet fait avec beaucoup d'esprit la langue d'otoi, n'est 
autre chose que le picard. 

Kous voyons eu effet, an chapitre intitulé : « Comment on doit 

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— m — 



aller à &riM', i chapitre biiïé depuis sur Foriginal, le passage 
suÎTaDtdes formules, dans lequel le langa^ parlé à Lille reçoit une 
dénomination fort explicite : 



L* même formule de prestation de sennent renferme des 
prescriptions matérielles, jugées nécessaires au ht* siècle, et 
dont l'absence a, de nos jours, autorisé plus d'un faux témoignage: 

• Et si conrteDl que quiconqu«9TaDaSaliiB que li p08 de la maiDdonl U jure 



Il faut aussi qu'il tienne sa main sur les saints i<mi eroUer et 
«an» remuer. 

C'est M une précaution que le juge. A l'heure qu'il est, en 
plein m* siècle, est encore ohligé d'imposer à certains témoins qui 
ne croiraient pas se parjurer par une parole mensongère passant 
entre leurs doigts écartés i dessein. 

Quant aui femmes, qui n'ont pas encore reconquis, dans les 
mœurs des' campagnes, leur droit d'égalité devaot les hommes, A 
quoi Càul-il attribuer cet état d'infériorité, si ce n'est aux vieux 
usages, nés de k barbarie, et dont nous retrouvons encore un 
exemple dans ce même chapitre de Roisin, où il est dit que : 
(I Se femme va as Sains, autre si bien le demandans comme le 
delTendans... li amparlier (avocat) ou chius qui les maine as 
Sains tiegoe se main soui leur puingn au jurer, pour ce que 
femme est de hastive et de voilage corage plus que li hom ne soit? i; 

La plupart des litres recueillis par Roisin sont en latin, mais le 
texte est accompagné de la traduction contemporaine en roman, 
et la confrontation des mots n'est pas inutile pour assurer 
l'exactitude des choses. 



I Aller d Saint, t'iMl frUtr t 



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La tridacboD romiine de la charle de foiidalion de la coll^iale de 
Snint-Pierre. en JOltS, conlieol une naïveté curieuse. 

L'écrivain qui avait à transcrire en roman les biens nombreui 
aiïecics à la rondation, arrivé au territoire oà régnait Lothaire, se 
trouva arrêté par les expressions lulines n juxla aquas grani, » 
prèi à.' Aix-Ut-Chapelle , et il les traduisit par ces mots : t Da 
lez les etauwes de grain, n près de» eaux de gratiw. 

Un peu trop plein de son sujet, peut-être, le pauvre clerc, 
moins fort qiie le tûoge de La Fontaine, avait pris la ville de 
Gharlemag;ne pour une boissoD fermenlée. 

nabelaism'aaussi fourni plusd'un renseign émeut philologique. 

Le vocabulaire du malin curé de Meudon s'adaptait parfaitement 
aui plaisanteries toujours un peu débraillées de nos aucètres. 
Ghei eux, comme chez Rabelais, le fond est raisonnable et sain ; la 
forme seule est toujours triviale, parfois obscène. Elle se ressent 
des allures brutales d'un pays où depuis trop longtemps la matière 
est préconisée. Mais quand l'honnêteté publique n'a pas cessé de 
percer à travers le langage, quel qu'il fâl, quand la rudesse des 
mœurs a contribué i entretenir la droiture de l'esprit, doit-on 
regretter trop vivement un défaut de goiil ou de bienséance? 

Nous le disons bien haut : Dans aucun des fantaisistes lillois, 
depuis Jacquemart Gielée, le sagace auteur du romau de Renard, 
jusqu'à Brûle-Haison, jusqu'aux chansonniers populaires de nos 
jours, on ne rencontrera cesplaisanleries villonnienoes qui sentent 
la corde, ces apologies des petites indélicatesses, ces allusions 
déplacées aux châtiments judiciaires , qui constituèrent trop 
longtemps lefond des poésies poissardes, à l'usage du peuple de 
Paris qu'elles corrompaient. 

Il est vrai qu'à une certaine époque le pilori était i la Halle. 

Quant a nos chansonniers lillois, rimant pour le peuple ou pour 
la bourgeoisie, ils se sont toujours inspirés du milieu homiéle 
dans lequel ils vivaient, et toujours on a pu leur appliquer le 
vers du poète latin, si heureusement rappelé ailleurs par H. Arthur 
Dioani, i propos des trouvères de la Flandre : 



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J'ai parlé de Brùle-Haison. 

Pourquoi ce chansonnier , doni le mérite lilléraire est si nul, 
t-t-il vécu jnsqu'i nos jours dios la mémoire du peuple de Lille et 
des campagnes? C'est parce que, sous la rudesse de la forme et la 
crudité de l'eipressian, il personnifiait en lui l'esprit et le bon 
sens du pays; c'est qu'il est devenu un type comme autrefois 
Renard ou Isangria, comme depuis Hayeui, Robert Hacaire, 
Cocambo ; c'est que sonceuvre, qui n'avait paseu de corammcemenl 
connu, ne devait pas avoir de Sa et devait se perpétuer, sous 
■on nom, aussi longtemps que persisteraient les travers qui 
riospiraîent, et l'humeur maligne qui porte j les chfttier par le 
ridicnle. 

Le cercueil de François De Cotlignies vient de descendre sur le 
pavé de la Petite-Place, par une fenéb^ de sa maison; — le 
malicieui chansonnier avait donné d'avance, pour sou dernier 
vét^nenl, une mesure qui ne penoetlait pas le passage par 
l'escalier'i — les Tourquennois respirent comme au jour où, pris 
par les Partisans, Brûle-Maison devait être pendu i Tournai*. 

Triomphe d'un moment ! Le recueil des chansons et pasquilks 
se poursuit et se grossit à la grande joie du peuple de Lille qui ne 
peut s'en passer. 

Brûle-Maison est mort; vive Srùle-Maison ! 

C'est i ce point que l'ou s'obsline encore aujourd'hui à lui 
attribuer la paternité de toutes les chansons qui se trouvent dans la 
S"' édition du recueil io-32, imprimée chez M. Vanackere , y 
comprises celtes sur la Comcriplion de» CMent', que le sujet 
reporte évidemment à l'Empire, et la nouvelle procession de 
JtanM MaaioU, en 1825'! 

Pourquoi pas? 



1 Toi» l'inonda rit 

U'rir arriier l'mori p> l'taroïelle 
fosiiuu I-eénioni<!g lonl Irop'lils. 

IDUKOUIUIVI.) 



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— VI — 
Le même recueil ne Tait-il pas sérieusement figurer le n 
Brùle-Haison dans VAti poétique de Boîleau? 
Je transcris la note de l'avant- propos : 



Distilla la fenia de ua traiu médiaBnu; 
Aui Koots inaolsni) li'une boufllmne Jois 
Ui tagta», l'Mpril, la boD sens fui en proia. 
On Tit par la Ultois on paj» nTOUd 
S'etuieblr ani dépens du Tourquennoli joué '. 

BrAlc-Haisou aeu les hoaneura d'une notice deH. Arthur Unaui, 
et, tout récerameiit, il a trouvé place dans la Gâterie dtt Cfcaii- 
eonnteri populaire;, publiée par H. Charles Monselet daDslejouroal 
Parit sous ce titre ; lo Comédie noiw. 

« Ses parades rimées, dit M. Honselel, offrent ce caractère de 
réalisme dont notre siècle se montre si friand. — Les peuples neuls 
ont faim de poésie, les peuples vieui n'aspirent qu'a la réalité. Voici 
une des pièces de Oecottignies d'une philosophie nsuelle. » 

Et H. Honselet donne le dialogue entre un mari et une femme, 
intitulé : PtuqmUe plaùanlt en poloif dt LiiU', dans laquelle 
il reconnaît une mélancolie et une douceur qu'on ne rencontre 
pas, dit-il, dans toutes les œuvres de Brûle-Maison. 

On ne s'étonnera pas des. cita lion s nomb reuses quej 'ai empruntées 
H cet nuleur, qui, par lui-même et par ses satellites, renferme 
dans son œuvre toute l'école patoise. 

Elles sufBronl sans doute pour justifier les définitions des mois 
de mon Dictionnaire , mais elles seraient impuissantes , je le 
reconnais, à pénétrer le lecteur, étranger à la ville, de tout ce qu'il 
y avait de comique de bon aloi, et en mtme temps de Snesse 
d'observation dans le chansonnier lillois. 

Il faudrait copier tout le recueil. 



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M.Monsclelianlc la douce philosophie de la pasquille entre le 
mari et la femme.. . Quelle franche gnieté I quelle peinture eiacle du 
ll^Tae lillois dans le dialogue eotreleSavetieretlaTourqueDDoLte', 
qui fiait par pousser d bout son iulerlocuteur, à propos d'une 
paire de souliers qu'elle cherche vainemcnl daos tout l'étalage 
du savetier pour koq garçon!!! Et, â côté de cela, quelle leçon 
de tolérance donnée, dans sa Chatuon platianU, i tous les persé- 
cuteurs de l'esprit français. 

Brùle-Haison est arrêté par des Psr^sans, la poche garnie de 
chansons piquantes contre les uns et les autres; que deviendra-t-ilï 
Les Tourquennois le pendraient sans miséricorde ; Haiarin se 
serait contenté de te faire financer; lesPartisansparleDtde l'envoyer 
ani galères. 



Hais le chef de la bande, plus modéré, le renvoya avec ces 
paroles pleines de mago 



Jjs chofigoni ne fom pns In [luorn', 
Mais Ta guerr* tkit fair' les chanson! 
Va, rellr'loi, Brùle-Haisun i. 

De CoUignies, ainsi que le montre sufllï^amment la forme de ses 
pasquilles rimées, la nature même des plaisanteries qu'il débite, 
avait dû s'inspirer des vieilles légendes du pays, il connaissait 
les farces et les soties qui, avant lui, étaient en possession d'amnscr 
la province. 

Certes, il lui était bieu permis de s'approvisionner aux sources 
auxquelles ne craignait pas de puiser Holiëre lui-mime, qui 
regardait comme son bien tout ce qu'il trouvait de bon. 

I Eircnnei laiirqiienriiiiici, S" rMutJI. 



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Ju cite au hasard, i titre de preuve, la vieille Tarée de maître 
nimiii, rapportie dans la Bibliothèqut Bltevirienne. 

Maître Mimin a désappria sa langue i force de se barbouiller de 
UtÎQ. Quel est le remède à cela? Sa mère l'a trouvé: 

Pour lui rapprendra son langoge. 



N'est-ce pas l'eipédienl inventé par le Tourqueonois pour le 
jeune Flamand qui lui est confié *? 



Peul-Hi|r' choaq'sii parolea. 

Srîtle-Haisoa mourut é Lille, le 1" février 1740. 

Kous voyons la date exacte de son décès dans le billet de mort 
■oigueusement conservé dansie musée spécialdeM.Gentil-Descamps. 

Mais la marotte du chansonnier n'était pas tombée en quenouille. 

11 laissa un fils, Jacques De Cottignies. marchand mercier, 
éventail liste, rue des Récollcts, à la LunetU i Angleterre, tenant 
aussi boutique à la Foire, sur la Petite-Place, vis à vis la Bourse. 

Celui-ci, soil occasiou, soit dédain du mirliton paternel, parait 
disposé à emboucher la irtnnpette guerrière. 

Nous avons de lui des vers naïfs, ainsi qu'il les appelle, sur les 
conquêtes du roi Luiiis XV en Handres, el sur les ëvéaemenlS' 
heureux qui signalèrent la Gn du régne de ce monarque : 

En rhannear du ni de France, 
Va Tel des lerses plein iea boasra, 
Des quanchons, des Drguincnta 
De Porls, de Lille et de Bnaen. 



' Elrtnnct lour^titnaiui, !■ recueil. 

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Il clianle «in», en mars ^7iZ, l'armée française narchaulsi 
Fonlenoy. et le maréchal de Saxe qui ta coaduîl à la victoire : 



Ne rions point: celle calèche d'osier c'est celle qui porta aux 
endroits les p|js périlleux du combat le héros malade, souffrant, 
mais jaloux de jusliller cette belle parole de Bossuel : « Qu'une 
grande flme est toujours inaitresse du corps qu'elle anime, x 

Puis vient eu 1746 la prise de Bruxelles oà se trouve : 



Celle de LouTaîa : 

Dani chel Tille qu'on [bU du u'» 



Plus tard, le mariage du Dauphin el ta ^«esse de la Dauphinc 
excitent de nouveau U verve du chansonnier naif : 



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Qu'il y n loio de l'esprit goguenard et froadeur de Brftlc-Haisoii 
i ees platitudes orOciellea! 

Si déji nous voulions établir que l'humeur lilloise se prête peu 
t la coiirtisaonerie de Louis XIV é nos jours : 

Les eiemiiles fameui ne nous manquenieut pat! 

La Révolution, à son début, parait avoir inspiré la muse p a toise. 
Un dialt^ue entre deux savetiers, au sujel des députés du tiers 
état, nous apprend l'opiaion du peuple à ce sujet : 



Suivent les conseils au député : 



Sa tenir droii, et puit dir' : SIra, 
Je TOUS parle pour obéir. 
Vinguun millions du liercbe âtat 
Qui Mnl rdduits sur le grabat 
Oui taudis ftji les impôts, 
Soni murmurer, >ans dire un mi 
Que le glergé et la iwbUohe 
A ion tour lee impôts payclie... 



Nous ne trouvons pas de trace de chansons populaires pendant 
la Révolution. 

Dans sa puissante centralisation qui absorbait le pays toulenUer, 
la France n'avait qu'un chant, c'élait la ntarseiliaite, chant im- 
mortel qui, malgré le nom de son auteur, ne se rattache en rien 
â l'hislolre de Lille. 

En dépit de l'aiiome du partisan que j'ai cité plus haut, l'Empire, 

I Koni d'im candidat popuiaire. 

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— Xi — 
toujours eô guerre, n'a |ms Tuil naitre beaucoup de chuisous; je 
crois qu'on garda prudemment en portefeuille ceilcaqai se [routenl 
dans le recueil n* 10 sur la Caïueriptitm de$ ehietu, et sur 1a 
DeteenU en Ângleletre. 

Le pouvoir , qui prenait ombrage de la paciBquc l^cnde du roî 
d'Ivetol, de noire Béranger, n'aurait pas sauQerlIiinaiDdreallu&ion, 
même eu paloU, à ces sortes de choses... 

La Restauration se dédonmagea pleinement de ce long mutisme. 
De nombreuses chansons sigaalérent à Lille son nvônement. 

^os oreilles cornsat eucore de celle qui fut composée en l'honneiiK 
de Ponlaijûer : 



le ne dirai rien du règne de Louis-Pbtlippe. Une seule cbnnson 
{'sloise de ce lemps-li est restée célèbre. Avouons, à ta louange 
du peuple, qu'elle accusait les rancunes du pouvoir plus que les 
instincts d'opposition de la masse. Le peuple no connaît pas 
la raison d'Elat. Dans sa bonne nature, il n'a que des aïm|ialhic3 
pour le malheur, et ce n'est pas lui qui aurait ilagelléune princesse 

Enfin Desrousseaui vint, et le premier à Lille 
Dans le chant populaire introduisit le style, 
Assouplit noire accent sous de moins nides lois, 
Et réussit à rendre aimable le patois. 

Citer Manieourt, Marie-Claire et la Càttehon Dormoire, c'est 

Taire l'éloge d'uu talent naïf ctsouple à la fois qui mérite la popu- 
larité doot il jouit dans les ateliers et dans les salons. 

Brùle-Maison a trouvé son maître. 

Dcsrousseaui a hit école; nous voyons autour de lui une 
pléiade de jeunes auteurs, Dubuc, Danis, Charles Derottignies, 
qui s'honore de sa parenlô avec le premier du nom. Henri Si», 



D,g,l.2cd|v,G00gk' 



— xn 
f^uis Veraie^se, et d'autres qui s'nCtnchent & rëhnbilîter le patois 
de Lille, et, tout en l'épuranl, i conserver le moule poclïiiue dans 
lequel, depuis plusieurs siècles, le peuple lillois jette, aussi 
librement qu'il le peut, ses plaintes, ses regrets, ses joies, se» 
espéTAnces, pour en faire sortir , au raomeDt donné, quelque 
piquante boutade ; en temps de carnaval, des milliers de chansons, 
lancées i la Toule impatiente, remplacent spirituellement les fades 
eonfeUi de pMtre dont le peuple de Rome blanchit les passants du 
Cono à cette mtoe époque. 

Je sais Uen que certain critique préfère le bon français, comme 
il préférerait sans doute V Apollon du Belvédère i la statue tronquée 
de Patqam et de Marforio. 

Ce serait plus beau, mais l'emploi ne serait plus le même. 

L'esprit gaulois se sentirait gêné dons ses habits neufs, laissons-lui 
KOD vieux sayon. 

Est-ce qu'il n'y a pas assez depoêtesquicultiventle bon français? 

Conservons dans notre coin du Nord le patois de nos pères; 
gardoos-nous seulement de l'altérer par l'argot, cette langue des 
prisons et des bagnes, ou, pour parler comme un grand poète : 
(T cette langue entée sur la langue générale comme une espèce 



De l'argot an patois il y a un abîme qu'il ne faut pas franchir. 

' ^IctoT Kugo^ Dernier jour d'an Condaninà- 



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PRÉFACE 

DE U PREMIÈRE ÉDITIOU 



Dam ton examen critiqw det dtdûmnatr», M. CharUt Noiief 
itmande n U dtctùmnot/e concordant des patoit d'une langue ne 
lerail pat un des plut beaux monumentt qu'on piU élever à la lexi- 
cologie. 

loin de moi la prétention de chercher à réalùer complètement U 
vœu de Villuttre pMloloifue. 

L'œvxTc serait au-deiiut de met forcet. 

Mai* pour que l'architecte, encore inconnu, puisse élever ce noble 
édifice, il faut que chaque patoi* local lui apporte sa pierre, et j'ai 
voulu tout limplement, obscur pionnier, fouiller dont met louve- 
niri de Liltoi* pour ratsembler quelques matériaux. 

Cn mot (ur l'origine du paloit de Lille: 

Quel que toit mon détir d'itluttrer le dialecte natal, il ne me 
parait pat poutble d'admettre l'opinion de M. Derode, qui le fait 
découler d'une louree particulière. 

Lei patois dérivent de la langue prtmttttv, comme la rameaux 
d'un mime tronc, et ce tronc commun, c'est la vieille langue fran- 
çaise de Icujuelle, ainsi que nous aurons occotion de le faire remar' 
quer par de nombreux exemples, notre patoit diffère trèt-peu. 



D,g,l.2cd|v,G00glc — 



Quand Jutei-Céiar pénétra daiu let (laalei, il y troava, comme 
rliiileetei, au midi l'Aquitain, au nord le Belge et le Celle, dérivés 
de la langue ini/i(cri«tMc det Gauloii ; l'occupation romaine modifia 
profondément j'ûlwme primitif, à ce poirU qtte déjà, au- f' lUvle, 
la langue dei vainqueur$ avait presque complètement absorbé celle 
ttei foinctw ; tûit etuuite l'immiion det hordei germawei qui, 
dépourvue* de l'ascendant qve la eivilitation romaine el le ekritHa- 
iiisme avaient donné à la langue latine, ne purent faire triompher 
partout, comme aux bordi du Rhin, le langage tudeique. Longue le 
fot se retira de notre pays du ?tord, il ne retta tur la plage que 
quelque* flaquei où germa le flamanil. 

Enfin,au ¥11' lUcle, commença de s'opérer, entre te galla-romain 
et le germain, ce travail de fusion quiproduisit le ro'nan d'où det'ait 
sortir la langue franfaise. 

Pendant que eemouTements'accompïissait dans les gratis centreu 
intellectuels, il était suivi dans les provinces, mais de loin, irtais acec 
des modilieations amenées par mille causes locales. 

Une foisémaneipée.lalangue française, pratiquéepar tes seigneurs 
de laeouT et de tactile, cédant aue caprices de la prononciation à 
la mode, mêlée aux alliances étrangère», se pliant aux li/rannict det 
grammairiens, domptée par des pluvie* d'élite, s'est insensiblement 
écartée de son point de départ; le patois, au contraire, gui se glo- 
rifie de son étymologie — ab alavis — oenanl des dieux, le patois, 
parlé par le peuple ouvrier el campagnard, s'est moins détourné de 
son berceau; il s'est conservé plus fidèlement. 

Il en a été du langage, pour lepeapk, comme du vêtement, auquel 
il reste si attaché; ajoutons, comme du patriotisme, comme de la 
religion, comme de toulet les twbies (i-odilionj dont le foyer ne s'ctcinl 
jamais dans son cœur , 

Aussi, bien que les divers dialectes du nord de la France soient 
également formés de mots fondamentattx — reliquats celtiques, UUins 
et tudesques -~ ne devons-nous pas nous étonna des variétés qu'ils 
offrent entre eut, et surtout avec la langue-mhe. 

Tel est notre patois de Lille. Ce n'est exclusivement ni le rouchi, 
ni le wallon, ni le picard, idiomes voisins, ses frères en tangue d'oïl, 
c'est encore moins la langue franfaise. 

l/n«cireon((ancepariifuiièrfdoiiai-oircon(ritu^à individualiser 



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fiotre patoit, foierai dire â U relever: it a Tenconlré un poèlc,el U\ 
poeU chanteur. C'ett une double chance d'immortalité. 



C'est Cl <m'a pente Fratictrii DecoUigniet, plue connu lotu le nom 
de Bnile-Haison. 

It «ri peut-être utile de dire ici, pour les personnel qui ne sont pas 
de Lille, que François Decottignies, trouvère et jongleur, exerçait 
•on industrie de chanteur et de [eseitr de tours sur le» marchés de 
Lille, et qu'il doit son sobriquet de Brùle-Haison à l'habitude qu'il 
ocfliX de brûler un petit château de cartes dont la flamme, aperçue 
de loin, outrait autour de lui un grand concoure de chalands, 

BrUle-HaUon, né en 1 679, est mort en 4740. 

Ce poètt,— il mérite ce nom,^ a compris tout ee qu'il y avait de 
verve gauloise, d'ironie maliciease sous ce tiuieque placide de l'ouvrier 
(illois, tout ee qu'il y avait de ressource», pour le vers mortfonl et 
satirique, dans ion langage cru et décolleté. 

Orale-Maison a projilé d'une de ces inimitiés de voisinage, autre- 
fois plus fréquentes qu'aujourd'hui, entre les diverses localités d'un 
même pays, pour aiguiser ses refrains contre l'excellente ville de 
Tourcoing. 

Jamais Athénien, jetant à poignées le sel de ion terroir sur les 
infortunés Béotiens, jamais le Dijonnai* Piron, coupon! les vivres 
aux Beaunois qui le poursaivaietU, en iAatt<att du tranchant de aa 
canne les chardons du chemin, ne se montra plus aehamè, plus 
persévérant dans sa rancune que ne le fut Brûle-Maison à l'égard 
de nos voisins. 

Tourcoing, hâtons-nous de le dire, n'était point alor* cette riche, 
hoimtk et indttilrieuie dté que l'on pourrait présenter comme 
modèle; c'étaitune façon de chef-lieu villageois, dans lequel Brute. 
Maisonparail avoir concentré l'antipathie qui, à ccUe époque,ejcistail 
entre Ut citadins et les paysans ; ces derniers loujoura repréteidét 
comme de* types de crédulité et de bêtise, en miîme temps que de 
suffiiaTKe. 



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Le TourqueDDOÎs qui avale une araignée, celui qui croit que son 
baudet s bu la luue, celui qui, pour avoir des carpes, en a semé les 
croques , la Pnsqiiille entre une TourqueDUoise el un savetiitr de 
Lille, le Flamand mis en cage, l'Histoire en proae de H. Herreng et 
de Pierre-Joseph Delbaasedeule, loni dcpeftl* cheft-d' œuvre. 

Brûle-MaUon n'apoi épargné tel compatriolei; lei cAonMtunir 
tel Buveuses de Café, mr le» Blasés, ntr Ut Fourberies des Caba- 
r«tiers, témoigttmt de ion eiprii ^obtervation et ie mn courage à 
«ngier Ui vicei el let ridicules. 

Comnu Taetmnel, Vaeteur gui excellaU dont let laoetiert, a de 
fin l'on ditait qv^ilteraUdéplacédanitmeordoimer, BriU-Maito» 
devenait déU$labU toute* Ut foi» que, tortoM du genre grivoii, il 
wndait élever un peu ton col À la tuite det tmeret de ColU et de 
Patmard, qui arrivaient juiqu'à lui. Set eoq-à-l'ânt n« lup- 
portent peu la tectare, et il lu^ de citer let deux premieri vert 
de lachaniimsuT lamaladiequ'ilafaileàDottai, pour juger la pièce 
tout entière : 



J'adretterai U mime reproche aux poilci de l'école de BriUt- 
lUaiton,guiemprunt*ntUpatoi»de Lille pour compoier detromaiKes 
tetitimentate* ou det couplet» à pointa de vaudeeille ; non pat que 
je veuUU dire gu^Ht foreenl Ifur talent en agitiant ainsi, mais je 
loutiem qu'tit faustent l'instrument sur leqttel ilt ehatUent. Il ne 
faut pat téparer le fond goguenard et narguait Au Lilloit, de la 
forme riAeîaitienne de ton patoiâ, 

Quoiqu'ilentoii, Brâle-Maison a exercé une grajtde influence tur 
notre patoit, pour lequel, tan* tracer de règlet précités, il a éttAlii 
par set ehanton», une torte de poétique conservatrice. 

SonreeueU, mntitmépar son fiU, Jacquet Deeottigniei, auteur 
de* Vers naïfs tur les Conquêtes de Louis XV en Haudres, s'est 
grosti chaque année des œuvres de collaborateur* anonymes. 

Indépendamment de ces pièces imprimées, U en exisU d'autres, 
d'une bot^onneric admirabU, qui lont confiée', eom»e le* 



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raptodiei anlit/ues, à la mémoire de» eonteurt. Je ciUrai notammei»t 
le Carrousel dsos un grenier, la Statue de saint Christophe, le 
LQloîs sorcier. 

Encore aujourd'hui le peuple, fdile au culte du ehamotmUr «orti 
de ion tein, eontaered'htànlvde, par deepaïqmllt* runéet, te$ *o«- 
vmin drolatiquei de la vtiU «t du foyer. 

Cetl tuTloul en tempi de eamaoai que la verve du poète jmpu- 
lairei'aiguUeetsed^oie. Une ehanum en patoit e»lcompo$ée tur 
un dei évàunnenti de l'année qui ont Upiuê impresiionné la popu- 
lation ; «Ile etl imprimét aux /roû d'une lociété, et, le-mardi gra», 
chatitée du haut d'un ehar par cinqmemt* voix triant tur tout le» 
Umt et MiM tout la eottumei, avec aeeompagnement oblige de frotte 
caitte, elle ett vendue par milliere aux ouvrier* dimt elle défraie ta 
gaUé jutqu'au canuaial nHtxml. 

Comment veut-on que le patoù te perde avec cet élément* repro- 
ducteurs? 

Malheureutenienteet chantant, tant étreobieènei.neteiUitinguent 
point loujouri par la finette de lew atlicitme. 

De tout lei ^énemenlt pattét, celui qui prête le plm à f équivoque 
grivoite lera le pr«nH«r ehoiti. 

Que vOttUi-vouiî 

Le peuple, dont nou* rappelant le langage nai/, a tet défautt de 
let qualitèt ; 

S'U eit franc dont la peniée, il est cru dont l'expreuion. 

Le Frantats, daaa les moli, veut être reipeclér 
Ual9 le pstob DlloU brave l'hoonéleie. 



J'ai betoin d'intitler tur ce point pour me faire pardonner, à 
Cavanee, letonl9)re,brutqueela*iet peu parlementaire de» eitatvmt 
que j'aurai l'occaiion de produire à l'appui de met définitioni. 

Le dictionnaire que je présente eut loin d'être complet. Une foulede 
vwtt, surtout parmi ceux qui tant ipéeiaux à ecrtaiiici profettiom, 
a dé échapper à mon attention et à ma science. J'ai iearté volon- 
lairement ceux qui, d'origine et d'application françaitet, n'avaieta 
dupaUntque la prononciation. A ce compte il faudrait faire entrer 



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NapolcoH Landau tout cnlfcr dani le voc(Aiitaire lillois. Je n'ai pat 
roula donner droit de cUé dan» noire jiaUns à cet affreux argot de 
Paris, qne rapportent quelques outriert de leur tour de Franee. En 
revanche, j'ai peut-être été trop loin dam mes aàmùiùnu, j'ai peut- 
être laissé entrer, sans passe-port en règle, dn expressions qui, pour 
être de la langue d'oH, ne sont pas précisément éeloses dans l'ilot de 
ta eoar Gilion; cela est possible. 

Il y a des criiiquet ptiu graves que j'attends, sans trop m'en 
effrayer ; ce sont celles qui jhrteront sur les définitions. J'ai mon 
exevse dans la difficulté même du sujet : omiiis defioitio periculosa. 
J'ai aussi ma consolation d'amour-propre dans la failltintité prover- 
biale de» grammairiens. Qvant aux étymologies, malgré l'an^lew 
du privilège qui, au moyen des apocopes, des contractions, des tytt' 
copei, des transpositions et substitiUions de lettres, permet de faire 
incontestablement dériver alfuie d'eqmis '; j'ai cru devoir, à cet 
égard, réfriner mon imagination, 

D'aitleurs, ainsi que je l'ai dit plus haut, je n'ai aucune prétention 
philologique. J'ai été frappé de la rapidité avec laquelle diipa- 
raissaienl chaque jour tard de mots de notre idiùme, et j'ai cherché 
à en préserver quelques-uns de l'oiAli.Jene suis pas le peintre qui, 
en reporttmt sur une ttnle savante un édifice ancim, lui donnera un« 
nouvelle vie ; tout au plus suis-je le manœuvre qui, en fixant sur une 
plaque, à l'aide du daguerréotype, des objets près de s'effacer à 
jamais, prolonge un instant leur existence. Un autre, sur les fflotna 
mauvaises de mes épreuves, reconstruira le passé. 

Enfin, quoi qu'il arrive, ce qui dominera toujours pour moi dam 
mon troïoif, c'est le bonheur que j'ai goûté à remuer mes souvenirs 
d'enfance, c'est la joie d'avoir pu rencontrer une occasion nouvelle 
de m'occuper de l'histoire d'une ville qui m'est chère à plus d'un 
titre. 

JuillH llfô.>. 



Unis II foui avouer auui 
Cu'on ïeiinnl de li jusqu'il 
Il a bien cliin~é sur ta mi 



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ESSAI 

SUR LA PRONONCIATION LILLOISE 



Cette lettre, qui se pronoDce Irès-ouverte à la fin des 
syllabes et des mots, comme dans la, papa, embarras, 
prend le son de l'e quand elle est suivie de IV. On dit : 
lerdj lierd, pater, craine, pour lard, Uard, patar, crâne. 

On dit aussi : plenures, esplenaie. 

On peut du reste faire remanjucr ici, comme règle 
générale, que le patois de Lille est fort sobre de 
l'accent circonflexe; il prononce patte, cremme, conne, 
jiouT pâte, crème, cône. 

11 ne connaît pas davantage les lettres mouillées : 
portail, éventail, médaille, font pourlui : portai, éventai, 
médale . 

A s'élide dans les articles et pronoms féminins : 
f femme, s' mère, m'sœur. Aucommencementdecertains 
mois patois, la lettre a forme une espèce d'augmentatif, 

D,g,ucdb,C.OOgk"- 



acravenler pour craventer, agripper pour gnpper, am- 
eher pournic^; apaleler,atarger,atomber,fOitrpateler, 
targer, tomber. 



B sonne devant toutes les voyelles. 

G 

Cinilialse prononce A devant a,o,u: eapon, comédie, 
tulolte. Même prononciation quand il est immédiate- 
ment suivi de h, dans charpentier, charbon. Ce son dur, 
substitué au son plus doux ck, est, suivant M . Fallot, 
un signe de l'influence flamande. 

C conserve le son de k dans chemin, chemise, chien, 
dont le patois fait kemin, kemise, kien, et aussi dans 
mouche qu'on prononce mouhe. 

Il faut convenir que cette prononL-iation se rapproche 
beaucoup plus des origines eaminus, camîta, eania, 
musca, et même du français primitif. Il est curieux de 
monlrcr ici, par un e:(emple, la ressemblance frappante 
qui existe entre notre patois et le vieux langage de dos 
pères. Je lis dans la Farce de Pathelin les vers suivants : 

Qti'Ml'Ce qui t'illaque 

A meo cutî etl-e» une vaque 

Une moufque, ou un ïKirbolï 

Ne les croirait-on p&s extraits d'une pasqiiille de 
Brûle-Maison ? 

On dit cependant assez souvent — mus ce sont les 
beaux parleurs qui s'expriment ainsi — sereher pour 
chérir, targer pour charger, ranger pour fiAonjer. 



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1) est curieux de retrouver ce mode de langage au 
XVI' Mècle : 

N'oMT HMndre ce donl il « éU il iootcdI hIU anate se 
vaDier de le e«rclur. 

lu Baill) du 



Peul-00 s'Étonner de ces bizarreries de langage, 
quand les gens qui disent fréquemment caqse pour 
citsgue. ne peuvent s'babituer à dire fixe au lieu de 
fisque? 

C se prononce eh devant les voyelles e et i .- plachette 
pour plaeette, icAtpour ici, chetle pour celle. 

C'estencore, ditM. Fallot, un indice du flamand . 



D, suivi d'un e muet, prend le son du ( : limonate, 
salate, malate. 

Ë 

E est la voyelle la plus caractéristique de l'accent 
lillois. La façon dont il prononce les ^fait reconnaître 
l'indigène ;]Ur-«an^ sous toutes les latitudes. 

Il ne dit pas bonté, café, ainsi que l'enseigne M. Lho- 
mond, muis bontaye, eafaye; et cette prononciation 
s'applique à toutes les désinences on e. 

loi encore les patientes recherches des érudits sont 
venues justifier le patois de Lille. La modification de la 
prononciation de IV par l'apposition de l't remonte aux. 
premiers temps de la langue française. On terminait par 
«t les adjectifs et les participes passés, comme rachetei, 
tupplaniei, et les substantifs féminins comme nr^inifet, 
ftadvitei . 



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Au coromencomenl et au milieu des mots e se pro- 
noDce comme s'il était suivi de « ; pmre, meure, pour 
père, m3re. 

E, suivi de m ou de n, se prononce presqu'invaria- 
blement in : imharras, infants, pour embarras, enfants. 

E se change en i dans bateau, château, chapeau, dont 
on fait batiau, eatiau, capiau. 

Suivi de u, il fait on : jone homme poar jeune homme. 

Il se prononce iè dans fête, tête, bête, belle, etc. : fiête, 
tiête, etc . 

Enfin il s' élide fréquemment, surtout dans les articles 
et les pronoms : t's'infanls, m's'amis. 

Cette élision n'est qu'une réminiscence de l'ancien 
français, où on l'employait Irès-frcqucmment pour éviter 
l'hiatus. 



F remplace le V presque partout au milieu et à lafin 
des mots : veufe, brafe, eafe, pour veuve, brave, cave. 

G 

G a retenu l'aspiralion gutturale du flamand dans 
gaufres, anguilles, aiguilles, qu'on prononce waufes, 
anwuiUes, aiwuilles . 

Il s'adoucit à la Gn des mots déluge, ouvrage, éponge, 
pour faire déluche, ouvraehe, éponche. Quand on ne dit 
pas : arteéponche, on dit : une ponge. 

C'est ici le lieu peut-être de signaler un idiotisme de 
langage fort remarquable. Quand le Lillois, pour le 
besoin de la conversation, forge des mots, il les termine 
en âge, qu'il prononce toujours ache. A quelqu'un qui 
l'importunerait, en lui parlant de n'importe que) sujet : 



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noce, iracail, musique, il répondra qu'il s'inquièle peu 
Je loul ce noçage, Iravaillage ou musieage. 

L' peur qu'on ■ de imelle In mên«che, 
V«, lalchoni rha pour 1m rirb'a geni ; 

Aïccleus argint 
I n'acitront mie du riagc. 

(Ilrill8-i(»l90r!. — TlMtaaiUnuiriatf.) 

îia roi ■ là im matlrc Qru. 
SI lin iirie pour les l>oni bajeut 
No Dnuphin an ilu piiagt 
Cumin' itànt bard k fafr' babige. 

(PoBme burlejqiiB do la baioillo de Konienov, 



De in^mc que dans l'ancien français, gn sonne n .- 
sur la montane, à ma eampane. 

Gle se pranonce gue, ongue pour ongle, aveugue pour 
aveugle. C'est une conséquence 6e la suppression des 
liquides remarquée chez les anciens auteurs. Gue, ter- 
mînautun mot, se prononce que : baque pour bague, 

Ge, quand il ne s'adoucit pas en cA, sonne dur comme 
que : vet! fplonque. . . regarde, je plonge. 



H ne s'aspire Jamais : un sapeur aveu s'n'hache. 
ù'x'harmgt et d'z'haricols . 



l remplace e dans presque tous les mots en emelen. 
Un infant inuuyeux, imbétant. On dit mi, li. H, pour 



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J prend le son dur du g dans jardin, jarretière, 
jambon, qui font gardin, guertier, gambon. 



L isalée sonne en palais commeen français ; redoublée, 
elle ne se mouille jamais. On dit aujourd'hui, comme 
au XIV* siècle : mervelle, consel; ce dernier mol se rap- 
proche plus de consilium. que conseil. On prononce 
famile, andoule, patroule, bouli, feule. Celte règle 
n'a pas d'evceplion. 

La lettre / est fréquemment transposée. On dit une 
blouque pour une boucle. La déclinaisan macaronique 
célèbre : 

Dcblouqne memB, 
Deblouquc memirum 

prouve que celle transposilionest ancienne. Ici le patois 
et l'ancien français ne seraient pas d'accord avec l'ély- 
mologie qui fait dériver boucle de fibula. 

On dit aussi Inguelierre pour Angleterre, tabelier 
pour tablier. 

Souvent / disparait : ble se prononce be : un homme 
capabe; c'est abominabe. A son tour le b s'efface dans 
diable qui fait diale; bl dans certains mots se mélamoi^ 



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pliosecomplétement; ainsi, pour semi/e et ses similaires, 
on prononce senne. 

I a la même innuence de décomposition après d'aulres 
consonnes. On voit fréquemment élranner, Iranner, 
poar étrangler, trembler. 

On comprend la difficulté , pour ne pas dire l'impos- 
sibilité, de tracer des règles grammaticales au milieu 
d'une pareille confusion. L'oreille seule e[ l'habiludc 
peuvent sûrement guider l'observateur. 

L s'emploie aussi euphonîquemeat : Regardei là 
bas-l-au, bout, cell' tà-l' gui vient. 

H 

K. Prononciation ordinaire. 



N 

N. Prononciation ordinaire. Euphonique comme chez 
les Parisiens, pour adoucir certaines liaisons; mais cet 
emploie de l'n est assez rare . 

On dit ; vo n'komme pour votre homme; pain 

n'épice pour pain d'épice. 

Lea femmeE de courette 
I n'en Télenl ausil. 

(Bfûle-Holsaii.— Bweiuea de ca/Ï.J 



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0, stirloiil suivi de n, se prononce comme s'il élail 
précédé d"un e. Alleons! u« bateon, ttn' cane h eon, 
m'capeote; j'sue d'keau; eh! souleol! 

Les pronoms possessifs mon, ton, son. se prononcent 
min, tin, siti: 

Hom ilnit avoir isn plichon, un blanckrl. ten tabart 
rojrrf, ten luquïton. 

(Bi>i9ln.) 

Souvent o dispiiraît dans ces mêmes pronoms par l'effet 
d'uneélision très-commune, m'n'ami, î'n'onque. Signa- 
lons à ce propos cette autre locution lilloise : Vo min 
peur, sm mon onque. 

Oi, ow conservent parfois le son de l'o. Ro bot, co 
pour coup. 

P 

P conserve le son ordinaire. 



Q précédant w a le son du c dur ou k. 

Il ne se fait pas sentir à la fin de coq, on prononce co, 
ainsi qu'on le prononçait dans l'ancien français, comme 
le prouve le mol codinde. 

Qtt s'emploie euphoniquement: 

Que de (ablea gu'oD conte k Ullel 



plus souvent après la conjonction quand .- 

Quand qu'on est ti bien ensemble 
Puadro-l-on jamais se qaitler. 

[Cluair lie la M. 



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_ 9 — 

On ciinnaU le mot du fillier invilant, un jour du 
Broquelel, s» sœur à monter en iîacre avec la famille : 
Arrive, lUonïque, nous ti'sommes qu'à qu'onze. 

Pareil scrupule euphonique existe dans le patois du 
Pas-de-Calais. 

Comme, à la iéunlon des Etals généraux, on appelait 
les députés du Bailliage de Pernos, un seul se présenta : 
« Et vos collègues, dit l'huissierf Monsieur, répondit le 
député, nous ne sommes qu'à qu'un. » 



R 



A la dlB'érence du français d'autrefois qui- écrivait 
arbre et martre, par respect pour l'étymologie, en pro- 
nonçant ma/ire et abre -^ prononcialion vicieuse qui 
nous a laissé candélabre au lieu de candelarbre, — 
le Lillois écrit tout à la fois, et parle de cette dernière 
façon : une fille mabre'e, un abre à prônes. 

R disparaît aussi dans mécredi. 

Toutes les Iransposi lions de l V n'ont pasété heureuses; 
En disant broder, pour border (garnir le bord), froma(/e, 
pour formage [venant d'une forme), le beau langage a 
détourné ces deux mots de leur Sl'hs étymologique. 

Malgré le bon français, le Lillois persiste avec raison 
à dire pauver monde, pauverté pour pauvre monde et 
pauvreté'; pauper, pauperlas. S'ildil/^erneapourprenei, 
il y est^autorisé par ce vers de la chanson de RoJand : 

Pernez mil ft'incB de France noire lerrf. 

Et le Français qui dit trne brebis et un berger peul-i) 
décemment reprocher au Lillois de dire une berbis et un 
bregier, quand la racine commune verve:!! ks constitue 
tous Iw deus en faute? 



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II faut laisser nu patois lilluis cette Ireiisposilion spé- 
ciale qui lui fait prononcer ercevoir pour recevoir, erela- 
tner pour réclamer, et roblitération complète de l'r dans 
registe, tnaite, pupite, papier à tetie. 



5, même isolée, a toujours la prononciation douce: 
Une voleusse, uaementeusse. 

Entre deux voyelles, plutôt que de prendre le son dur 
du z, elle se prononce comme lej .- prijeon pour prison; 
rojin pour raisin, majon pour maison, nogeite pour 
noisette. C'est un ojeau pou l'cat, dit-on d'un homme 
cro(iué, qui a un pied dans ta tombe. 

S, doublée, a le son du ck doux : picher, glicher, poui 
pisser, glisser. 

T 

T n'offre rien de remarquable dans la prononciation. 



V 

Va fréquemment le son d'cw; eun' femme, des leu- 
netles, un' leumerotte, alleumer s' pipe. 

V pour où.ubi. 

U, conjonction, pour ou, aut, se retrouve dans les lois 
de Guillaume le Conquérant, monument du KP siècle : 

El si alqueus u queus u préTOSl, 

£( si quelqu'un ou nom!» ou prévoit. 

Ajoutons, pour justifier surabondamment l'impossi- 
bilité de donner une régie précise de prononciation 



I 



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tilioise, que /eu se prononce /«,el peu, pau : grosi' tiet' 
pau de sens . 



w 

IF a le son ordinaire; il se rapproche du v dans les- 
mots du vrai patois de Lille. 



X, au commencement d'un mot, se prononce comme- 
s'il était précédé de e -. Exavier pour Xavier . 

Il a le son de \'s dans exlerminer , excuser. Il 8& 
décompose plus souvent en ex qu'en es. 

On dira ootamment Aleaandre; ofl dit aussi : prie 
fisque. 

T z 

Ces deux lettres se prononcent comme en français. 

Z est parfois employée comme lettre euphonique. 
Courir à-x-osués, chercher des œufs, les yeux bandés : 
aller à-z-œuës, sauter rapidement à la corde ; ce qu'on 
appelle à Paris faire du papier m&ché. 



Je ue terminerai pas cet essai de grammaire lilloise 
sans présenter quelques observations générales. 
Le patMS de Lille allonge volontiers certains mots, 
a 

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— 12 — 

Ainsi il ajoute inulilement la syWabe de à^ns démépriser , 
se délamenler, dégriffer, debout, un àese<pioi, la 
demoiiié, clc. 

Il a aussi l'habitude de faire précéder le substantif de 
l'adjectif qualiflcatif : du blanc-fer, le Bleu-Tôl, des 
courus maronnes, etc. 

Il a conservé, dans ses conjugaisons, la vieille forme 
latine. Habemus, habetis, habent,se retrouvent dans 
l'imparfait : Nous avimes, vous aviles, ils avottent . 

Il m'en coûte designak'run défaut de logique à propos 
delà manière dont il conjugue certains antres verbes. 

Jecomprends bien que, dans sanaïveté, le patois dise ; 
nous faisons, vous faisez, ils faùent, au lieu de nous 
faisons, vous faites, ils font; mais je in'élonne qu'à 
l'occasion du verbe meHrê, aussi de la quatrième conju- 
gaison, au lieu de : nous mêlions, vous meltex, ils 
mellent, le Lillois s'obstine à dire : nous mettons, vous 
mettex,ilsmont. 

« 31. le pre'sident, MM . les avoués mont leurs robes, « 
«lisait, en pleine audience, un brave huissier, interpellé 
parle tribunal à propos de l'absence de ces officiers 
ministériels . 

Bappelerai-jc le mot devenu fameux d'un honorable 
commandant des sapeurs-pompiers, disant à un inspec- 
teur, pour s'excuser du mauvais étal des tuyaux de cuir : 
Mon yènéral, les rats s'y montÎ 

Le Lillois dit aussi : je l'ai sui, je l'ai poursui, pour 
je t'ai suivi, je l'ai poursuivi . 

C'est encore un reste de l'ancien langage; nous trou- 
vons, en effet, ilansFroissard, le passage suivant : 



(ClroniqiL» - BatattedcCrecy.} 

Dans les verbes pronominaux il use plus souvent de 



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— 15 — 

l'auxiliaire avoir que de l'auxiliaire ^(re. Ainsi il dira : 
Nous s'tKons trouvé ensemble ; il s'a rendu malade; je 
m'ai ennuyé'. 

L'examen des vieux dictons lillois m'a fait retrouver 
un exemple nouveau, et bien frappant, de l'analogie qui 
existe entre noire patois et l'ancien français. 

On sait que dans le langage de nos pères le subjonctif 
prenait la terminaison ^e. 

SulTre quc]u I a\ge 
Souffre que j't/ aille. 

{Lft Rail.) 

HIelz cil que sul moerge. 
lOieui vaut qua je meure tevl, 

[CtaïuoN lie Ilalawl. ] 

C'est par application de cette règle constante, et non 
à cause de la rime, comme le pense à tort l'éditeur du 
glossaire de Rabelais dans le Panthéon lilléraire, que 
nous trouvons le mot donge pour donne dans les vers 
suivants de la Farce de Palketin : 

Je ne B^aj «i Je wnge 
Je na; potol oppris qiie je donge 
Me( drapi, en donnani ne velllanl. 

Eh bien! si l'on veut se rappeler que le Lillois prononce 
ge comme cke, on a ce même subjonctif dans ces locu- 
tions : il faut qu'il l'euche; qu' nous l'ayoncke; qu'il y 
vache; et surtout dans ce proverbe que je copie dans le 
recueil de Brùle-Maîson : 

Il est de l'rache des poux, y faut l' tuer pour ^t meurche • 

Cemeurcke, n'est-il pas le moerje de la chanson de 
Roland T 



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DICTIONNAIRE 



Abameh (s'), V. pron. S'amuser, se divertir. 

Ablais, s. m., abladium. C'était, dans le principe, 
la dépouille seule du blé. Ce mot comprend aujour- 
d'hui tout l'actif delà ferme, il esl synonymed'acoic- 
ment. 

About, s. m. Limite; basse lalinité butum. 

Abuser (s'), v. pron. Se tromper, se méprendre. 

a Vous t'abusn. tous me pernez pour uon' aute. » 

dit la jeune ouvrière qui repousse un galant propos 
AcATER, V. a. Acheter; aeaptare, adeaptare. 



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— i(i — 

Acclamasses (faire des), s. C. pi. pousser de giantles 
exclamations. 

AcHELiNs, AssELiNS, S. m. pi. Pianclies de peuplier 
ou d'autres bois légers sur lesquelles se clouent les 
ardobes qui couvrent les toils des maisons. 



AcHELLE , s. f. BufTet , étagère formée de simples 
planches superposées; du vieux mot français ais. 

Qunle plHis qui n'T i^^H «ur l'aehelle. 

IBrule-HaiaiHi.- l'atqHilIe nouMUc.) 

L'ménachi! ett Ju d' VachtiU. 



Cette locution veut dire qu'il y a de la brouille 
dans le ménage. 
Acoupi (avoir ou faire). Sentir ou causer wie démangeai- 
son. Deseopare, fustiger, en vieux français escopir. 

Comme ud poa qui M acntipy. 

(](iciiuesileCoiii!rnies. — k'/T» nuIfjiwL iifart 

AcouT (donner de 1'), s. m. Prêter rorctUe à quel- 
qu'un: d'acouter, auscullare. 

AciiAviNTEU (s'), du latin aggravare. Ce mot. employé 
pnr Rabelais dans le sens pronominal, pour s'éreinter, 
figure, à l'actif, pour écraser, dans une naïve traduc- 
tion fin si fractus illabalur oTbis. d'Horace, par 
Philippe de Broïde, d'Aire en Artois. 

Si quelque Cis le monile aminé, 
felle Tri cassa nie ruine, 
L'nura plalOI aeravinlé. 
Qu'elle l'auia espouvai:!!.'. 



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Adréciier. Adresser, réussir. 



Miib, |>«r Taule de l'ouvrer «t le li«ucl phire qui ■<>btnlt 
point romp^lom, le dit nssiif dvtihl) 'Ann adàreiehi«r. 

iRi itt'n.—Sf}iii-nte lie Mrneijniwt dtÊ Compta, Si fcBri^rtiXi. 

Ai'FiQiJËT, 8. m. Pelit instrument que les femmes 

pnrlent à la ccinlure, pour !«ulenir leurs aiguilles 

(juand elles Iricotciil. 
Affligé, ailj. Estropié, infirme. 
Affoler, V. a. Leviter Lœdere, (Duc.) Blesser légèreinenl, 

csiropier. 

Palle alToIce se dit d'une personne <)<>■ a liabituel- 

lemenl In main pendante. C'est un terme de boucherie. 

Si rm-il plMi il'uri un, l'tinni qu'il fui bii'n guArl ; maU il 
demeura affolé. 

{Chrw. rfe FriMHarl, chap.ILill.) 

Affrontéf., adj. ElTronlée, se dit d'une femme auda- 
cieuse, hardie. 

Je t'pnlensi le première fol». 
Affrontée n losarde. 
Qui n'y « df le mouiarde. 

(Grule-Xjljon.— Cluiitoa it Marianiif.) 

ArruBLER, V. a. Mettre, couvrir, d'ajpfiuiare, agrafer, 
d'où affubler; d'a^uJare vient fibula, à'oiiboucle, par 
apocope. 

Affutè, adj. Futé, toujours à l'affût, matin. 

Apputjau, s. m Bagatelle. 

Agache. s. f- Pie; Agace; il y a à Lifle une rue des 
Sept-Agaches, qui doit son nom à une ancienne 



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enseigne. Les enfants appellpnt pted-d'agaehele'ita 
de la marelle où l'on pousse un palet à cloclie-pied . 



Agés, s. m. pi. Connaître les aj^ej d'une maison, c'est 
connaître sa distribulîon intérieure; du latin aggestus. 
[Ducange]. 

Agobiles, s. m. pi. MenuR objets de ménage. 

AomppKR, V. a. Accrocher, agrafer. 

ÀQRippiN, s. m. Petit crochet qui agrafe à l'aide d'une 
ouverture appelée portelette. 

Agroulier, V. a. Saisir, prendre. 

Jacques Decoltignies, regrettant qu'on n'ait pas pris 
le duc de Cumberlaud à la bataille de Lawfeld, dit, 
en parlant du général Ligonier, fait prisonnier : 



AwsiN, adv. Ainsi. 

Aioui, adj. Enjolivé, on dit aussi ajouillé. 

Areuque un eofSnt bapléme, 
Qui ilo'atoal ajouillé. 

(Brùle-HalMn — Cbanion du Grand-Baplime.) 

Alfos. adv. Quelquefois. 

Aloteux, adj. Aleauteuz (Boquefori), qui manque à sa 

parole. 
Alou, s. f . Alouette, du celtique alauda. 

Quand l'alos prliticbsDter, 
ai commencirent i armer. 

AuuA, adj. (Terrain) où il y a des maisons. 

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- 19 — 
AMBiELte, s. f. Petit poisson blanc. 



Amendices, s. f. pi. AmendefAenls de la teire donnée 

en location . 

II esl généralement tenu compte au fermier sortant 

des graisses et amendices. 
Amekdisc, s. f. Se prend pour amende dans les vieilles 

chartes. 



Aheur, s. f. Émotion, émoi. 



-FUtiUt 



Ahicloted, V. a., pom amignoter . Caresser, dodiner, 
dorloter. 

Ainsi 1'«ut']our ean'pinv' dealelUére, 
In amicIoEarUsinp'dtgarction. 

(Desrousseaui. — //ConcfcdB iormoire.) 

Ahitevx, SB, adj . Affable, qui fait des amitiés . Plusieurs 
cabarets des environs de Liile, et notamment à Loos 
et à Wattignies, portent pour enseigne : L'Amiteuse. 

Amonition (pain d'). C'est par corruption, dit Ménage, 
que le beau langage a fait de ces mots : pain de muni- 
tion. Ce que nous appelons aujourd'hui !e patois était 
le bon français du XVI* siècle. Nous trouvons dans le 
Glossaire de Ducange : amonitio-cibaria, undè Galli .- 
pain d' amonition. 

Ahusette. Se dit d'un garçon ou d'une fille qui Qàne 
volontiers . 

Anette, s. f. Femelle du canard, canne, anas, anatis. 



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. plur. Ouvriers de Tille. 



L'i-omitë munldiipile 
Entlndanl cht propo*. 
D« rag« ïD n'^lo loulpll«, 
A te T'nlr Vi'ang$lot$. 

{t. P. — CoHteriptiOH if Ckient.) 



Angouche, s. f. Angoisse; italien, angoteia. 

ANiCHeR (s'), T. prou. Faire son nid. 

Anichochb, s. m. Accroc, homme maladroit. 

AouTEux, s. m. Moissonneur qui vient faire l'aoîlt. 

Afarlbr (s"), V, pron. S'écouter parler. 

Apbner, V. a. Sevrer, priver, de pénileneei par contrac- 
tion pénence. 

Apouchineb, t. a. Soigaer avec tendresse, donner, en uo 
mot, les soins qu'une poule donne à ses poussins 
(pouchios) . 

Affatklkr, V. a. Appâter; se dit des poulets qu'on 
engraisse dans la cage. 

Approchant. Se dit dans le sens de presque, de bientôt : 
Il y a approchant deux ans. 

AHABii, ÉB, adj. Acharné, enragé; du latin rabies, rage. 

Sin père dit: l'arTalreeil clouque. 
Toi» lâtei qu'ann' inignle 
Esl arabièe après des muuqaea. 
(Brûlt-Hxltcia. — Cbanion iTun Tmrgueaiimi jid ooll «oU 
■UH anisniii en aungtant M toupr.] 

Archblibb, s. m. Menuisier qui fait spécialement des 

coffres; du latin archa . 
Archellr, 8. f. Baguette d'osier dont se servent les 

jardiniers pour lier les piaules et attacher les vignes 

aux murailles. 



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— 21 — 

On trouve nassi harehelle, diminutif de harf, lien 
d'osier plus fort avec lequel on serre les fagots. 

Tout en lour Bajard Turent 11 chevalier valllEint, 
Dm Bareéltt àa boli lont le* eïtriers taiiant 
PuE* Mnl iDoaiti dMaut, Reaaod eitan deraot. 
Amia, ne velitïi gens de il pauvre lemblinl. 

;nomBn dei Quilrc|IIi >t|Mui>i.) 

Arland, s.m. qui arlandc. Lambin, maladroit. Auerland 

est employé par Rabelais dans le sens de lourdaud . 
Arlandeb, V. n. Lambiner. 
AnMOQUB, s. m. Accroc, mécompte. 
AnouTAGB, s.m. Marché aux vieilles férailles. 
Arsouillb. Souillon. 
Artichaud, s. m. Petit gàleau en pâte feuilletée qui 

affecte la forme du légume de ce nom. 
AssiTE, V. àl'impér. Assieds-toi, pour atete, du vieux 

français aseter. 
AssoHHOiB. C'était autrefois le nom d'un fameux cabaret 

à genièvre, rue St-Sauveur. 

Au lieu d'aller h leur ouvroir 

ToQl d'iuitc T courent h l'attommoir, 

[BriiMIiiinn. — Fnmpilt et ZalnUt.) 

On a conservé le nom d'assommovr au café qui est 
la dernière station du blasé.dans sa tournée alcoolique. 
AssoTi, ÊB, adj. Affolé, infetué. 



AsTEDX, adj. Joueur acharné, de as, monnaie ancienne ; 

carte. 
Atargeb [s'), V. pron. S'attarder, ralentir sa marche; 



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de targia, lourd bouclier qui arrèlait la marche de 
ceux qui le portaient . (Dueange.} 

Dans les campagnes des environs de Lille, quelques 
cabarets, où stationnent volontiers les tr^nards , 
portent pour enseigne : A l'targetle. 

ÂTiCAN, s. m. Jouer d' l'atican, terme da jeu de 
galoche ou bouchon, lancer sa pièce de champ, de 
manière à ce qu'elle se fixe pr^ du bouchon; pour 
Allouer ou abattre, on joue de lu plate, en faisant 
glisser le palet. 
Aiegar en saxon se dit de traits qu'on lance. 

Atiqué, part. Attaché. Il y a dans Brûle-Maison une 
pesquille fort naïve sur l'amour détiqué et ratiqué, 
détaché et rattaché. C'est une réminiscence patoise de 
Id fameuse scène du Dèpil amoureux, entre Marinelle 
ctGros-Réné. 

Ato (fêtes d']. Fêtes carillonnées: ce mot ato vient-il 
d'ufor, parure, d'où atour, ou de alal, natal, qui du 
jour natal de NoSi s'étendrait aux trois autres fêtes 
solennelles reconnues? dérive-l-il au contraire du 
roman ato, acte; du latin actus.acliaaîGrammatici 
eertanl. . . 

Cependant Dueange ne parait pas hésiter à qualifier 

de jours naiaux les quatre principales fêles de 

l'année, savoir : Noël, Pâques, Toussaint et Pentecôte. 

Il s'appuie sur une charte de l'évêque d'Arras qui 

reposait aux archives de St- Berlin. (Ducange, I. 809.) 

Atomber,v. n. Tomber juste, réussir. C'est Wen à tombé! 

Atoct, 8. m. Carte gagnante ; coup, par ironie. 

Attriac, s. m. Cou, gorge; en rouchi : ateriau. 

lit un granil laul 

Deven rparlau de* tiiium. 
Bien queu soixante pleda d'haut 
Jusqu'à l'a tcWau. 

(DriJfr-Malson.J 



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— 23 - 

D'après M. Escallier. adriau ou ateriau viendrait 
du vieux iBol haterel qui se traduit en latin par 
cenix, et signifie nuque, derrière de la tète. 

Le patois de Lille, surtout en ce qui concerne les 
femmes, donne à ce mol un sens tout oppwé : l'atriau 
c'est la poitrine, la gorge proprement dite. 

Cnblaunetrfau 
Anui r^rme qa'ao gréa. 

Attusé, Ée, adj . Appliqué fortement à un ouvrage. 
Aubade, s. f. Ce n'est point toujours la symphonie 

qui s'exécute à l'aube ; ce mot se prend aussi dans le 

sens d' algarade, éckauffourée . 

Jean-Iaeqnei, quelle triste aubade! 

Dejiuis le malin. 
No ponrcbeaa eit tenu malade. 



AuBUu.s. m. Saule, aulne. 

ÂtJHONDE, s. f. Aumône. 

AvALEuRs DE VIN. Ouvricfs chargés de descendre le vin 

dans les caves. 
AvARiciEux, SE, adj. Avare. 
Avisé, adj. Malin, qui a des avises. 
Avise, s. f. Expédient. 



AvoiEHENT, s. m. Actif d'une ferme. Dans la reprise 
d'une exploitation rnrale, l'avoiement est onlinaire- 
ment estimé à raison de mille francs du bonnier 
cultivé. 

AvuLE, s. m. Aveugle. 

Awi, part. aff. Oui. Cette dernière afRrmation est le 
participe passé du vieux verbe ouïr, entendre . 



D,g,l.2cd|v,G00gk"- _ 



B 

Babacub, adj. JouQlu; ime grosse babache. 
Rabenne, 8. f. Bobine. 
BABEN^EUX. Ouvrierqui bobine. 
Bactêb, s. f. Déchets de viande etd'os. 

L'tuler fiM, Je t'ai promii, Hithé, 
De fp^TeraocraalDt et d'mlnger unn' bactét. 

(P. P.— (TacMne Infitmak.) 

Badine [aller h la] . Mareher bras dessus, bras dessous. 
Badoulets (faire des). Jpu des enfants qui se laissent 

rouler. 
Badoulbttb . Grosse fille toute ronde . 
Baffrbr, t. Manger goulûment. 

Apréi atoir tten bu. beo dinié, 
T te lont terloui mta k baffti. 

(Brùla-HsiBun. — Béjoaiuancct delà roû-l 

Bacou, 8. m. Parler facile et abondant. 

Bagues (aller à}. Voyage que font à la ville les fiancés, 
non pas seulement pour acheter tes anneaux d'alliance, 
mais pour se fournir de l'ameublement de la maison . 
Bagaes, d'où vient bagage, est le vieux mot géné- 
rique de biens mobiliers: on trouve dans toutes les 
capitulations la stipulation de vie et bagues sauves. 

Ce lempi pendant, le aeigneur de Quievrtln, qael coromand 
que le duc lai oll faii, se pirtid de la cour dn duc, le tSai 
«ecreirment qu'il petil, lui deoilesme, el Tait emporter ■«■ 
inellleurf* bagu»t. 

(Mémoire JuJacquBi Du Oercq.) 



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Baik. Jupe. 



Bailli. Agent delà fabrique d'une paroisse. 

Dans plusieurs familJesde la campagne on conserve 
ce nom aa plus jeune des garçons. 

Cn ■ fin Mnner wn Iript; 
Quind le bailU ttl venu « Mroir, 
H a VCBU «Teuque ('n'hibtt noir. 



Qa'meDt votex-voui rfilre inllcrrtT 
Àlche un bnurgtoii qo'voui «llei TiIreT 

(Biûle-MiiMn. — UMori norliImM^.I 

Baleine, S. f Gène, désarroi. 

Qoanil le commerce ue va pas, les ouvriers disent 
qu'il est à V baleine. 

Tout \it mélicrs font h \' bahliit. 



Il liirel. 

iDsirDuueliii. — Cbaïunn ilu Jtarchand ifepoiiuir) dcturri.) 

Baller, V. n. Ne rien faire, s'amuser. 

Le ballant, terme de marine, c'est la partie d'une 
corde qui n'est ni rcide, ni tendue. (Nap. Landais.) 

L'homme et la femme de la campagne prenncnl, 
l'uQ son bissac, l'aulre son queTtin, même vides, 
pour ne pas marcher tes bras ballanit, inoccupés. 

fio/ter appartient au mAme ordre d'idées quejoquer, 
qui vent dire tout à la fois vaquer et se divertir. 

Il y a un trait d'union naturel entre ne rien faire et 
s'amuser . 



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Nous voyons dans La Fontaine : 

Il sail danser, batlar. 
faire drt toari île loule sorte. 

tLlirelX.fub.;).) 

Bal n'a pas d'autre origine. 
BALLO^, s. m . Grosse pclolte de sucre . 
Ballon, s. m. (Avoir l' ballon), être enceinte. 

J'étot iveuc unne Bile 
El elle Moll' baUtm. 

(Som. — Sedétt ic Esinl'iInaiKt.) 

Balocher. Balancer. 



Balot, s. m. Saillie de la cheminée en maçonnerie 
au-dessus du toit de la maison. 

Le Blanc-Balo( est un quartier de Wazemmes, 
ainsi appelé de la couleur du balot d'une guinguette . 

Il a été question d'y établir le débarcadère du chemin 
de fer du Nord. 

Une ordonnance de tUS, ponr l'Âr lois, ordonne d'élever le:! 
balolj tics cbemin^ de deux pieds et drmi au-dessus des 
Ceillisures. 

[Arcbitea iTAucli;.) 

Digeot en neltiani un balot 
TIeD, n')' a ta va lesoupe au pol, 
Welte un pBu queulle Tungnere! 

(Brùle^altQii.— i,( tel GtTtlmn.) 

On raconte que Sanderus, surveillant l'exéculion 
des planches de son Flandria ilttisiraia, eut soin de 
faire fumer les balot» des chàteaus du pays où it avait 
reçu la plus grasse hospitalité . 



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~ 27 — 
Balou, adj. Bèta, vient probablement de balourd, lour- 
daud, ildiitau féminin balome. 

Ce, mol est encore très - fréquemment employé. 
Quand nos jeunes voyageurs de commeR'e, exilés dans 
une ville étrangère, veulent savoir si, au milieu de la 
foute qui les entoure, se trouvent quelques compa- 
triotes, ils poussent le cri convenu : Ek! balôu! il est 
rare que cet appel soilsans résultat. 

L Écho du Kord a publié, en 1833, un article de 
l'auteur du Bourgeois de Lille, intitulé: Ek! balou! 

M. de Pradela improvisé, sur ce mime sujet, une de 
SCS plus jolies chansons, dont le refrain est : 



On remarque, dans le recueil de M. Desrousseaux, 
la pai^quille de Jacquo l'balou ; elle confirme parfai- 
ment In signification qu'on donne à Lille à ce mot. 

Balooffe, s. f. Grosse joue. 



Bakse, s. f. Manne, grand panier d'osier; femme qui 
se conduit mal . 

Le peuple continue d'appeler rue des Banseliers 
la rue dite des Manneliers, dont les caves, du côté 
de la Grand'Garde, étaient presqu'exclosivement 
occupées par des vanniers qui étalaient leurs produits, 
au dehors, sur la rue même. 



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Banbb behchoirc. Berceau va osier. 

Bangta, pour panier, se trouve dans un titre de la 
comtesse de Flandres de 12S3. 



Voir aussi DucaDge, v<* Bansla. 
Baquet, b. m. Bateau plat. 

Adonc mil le tire deSl-Pj ton pennoo tabaeqatl, et inlrs 
tout le premier dedans. 

Barat. Fraude, tromperie, d'où baraterie. 

El eii doiTeul uier le ils voetlent aouslenir et mftlre le dmii 
di'seare le loti el deseurc g[l1e et baral, et l'ilt Torllent drolc- 
lierement jugler... 

(Holtin. — Caniiilétiinimi fénératei nr lajutliu.i 

Ce mot, d'après Nîcot, est d'origine méridionale; il 
s'applique principalement à la fraude en matière de 
(tomnierce. 

Baron, s. m. Mari, du tudesque front, gardon; sui- 
vant d'autres, du lalin vir. 

Ché tetam' aveu leu baron 
T daiiMlni treiou* au rond. 

[ Bnae-Haiaon. — Chanson iId Grand Bapifmc.) 

Barou , s. m . Tombereau à trois roues qui sert à 

l'agriculture. 
Barquette, s. f. Pelil bateau à rames qu'on loue, à 



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six sous l'heure, pour les promenades au Gratid-Tour- 
nant et kV Àrbonnoise . 

L'ichelllére m' dit 

VU r Ëar^ueir min p'iit. 

{Durouauui. -- Uni Promenaée en baleav.) 

Basainnea, V . n. Balancer, oeciller. 



Basseb, V. a. CoDtractîOD pour bassiner; basser une 
plaie, l'humecter avec un linge mouillé. 

Batiller, t. n. Se biitlre. 

Baudbquin. s. m. Petite nacelle, de l'allemand boolcken. 

Bbard, adj. Qui regarde la bouche ouverte; de béer, 
bayer, d'où bailler. 

Ona fait observer avec raison que, par une bizarrerie 
qui n'est pas sans exemple dans notre langue, le mot 
bégueule, bien qu'exprimant Itttéfalemenl gueuU 
béante, a pris, dans l'usage, la signification ie petite 
bouche, bouche pmcée. 

Beau (parler). Prier, supplier pour obtenir quelque 
chose . 

Bec-bot, s. m. Bee-bois, pic, oiseau. 

On appelle ainsi un jeu qui consiste à lancer contre- 
un bul, à l'aide d'une corde, un oiseau de bois qui 
laisse son bec dans l'endroit qu'il atteint. 

Beikpule, s. f. Boue liquide. 

£lle iDMrcbe comme un' rrine 
Data r btdonC mqr s'pUquer. 

(Brule-H*i<i>n.— PerlraUik ia Viae àtaaru-r.) 

Beguiis. s. m. PclK bonnet (l'enfunl. 

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- 30 — 

Béguin, s. m. Coiffe de femme qui a donné son nom 
à un ordre de religieuses tnendiaotes, dites Béguàtes. 

BÉGUINAGE, s. m. Etablissement où sont logées gro- 
tuitemenl des femmes, pourvuee de prébendes, qui 
leur donnent droit à un appartement séparé. 

Elles étaient obligées autrefois de se coiffer d'un 
voile dit : Béguin. 

Le Béguinage est situé à Lille, rue de Jemmapes. 

BÉNAcuE, adj. Bien aise. 

Behiau (jeu de). Uàti surmonté d'un plsncber en pente, 
percé d'une ouverture dans laquelle lejoueurclierche 
à faire entrer, en les jetant de loin, des palets de fer. 

Beniau, s. m. Tombereau; debenellus, diminutif de 
benna. 

BÉOTB. Aubetic, petite cabane. 



BERDAinE (courir) . Aller à l'amour; corruption de lu 
locution courir la prétentaine , laquelle s'applique 
aux personnes qui font des counies, des voyages, dans 
un esprit de libertinage. 

V l'en aooren' ra poi d'un laar 
D'iTeir couru btrdln l'amour. 

(Brâl<H«>aon. — CnrouriiiinmiJtfai a battu um 
due» ie «rgM.) 

Behdelacues, s. f. pi. Objets de peu de valeur. 
Beddouf, onomatopée. Exclamation pour rendre le bruit 

que fait un objet en tombant. 
Berlbau, s. m. Mauvais café. 
Berlièhes, s, f. pi. Uéchirures, lambeaux. 
Bkhlou, adj. Au féminin Berlouque, louche, strabique. 



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- 31 — 

Nous avons tous connu , dans la commuDe des 
Moulins, un cabaret qui portait pour enseigne : aux 
Trois-Berlous. 

Le peuple croit généralement que les berlotts 
voient double. Un des moyens le^ plus usité» entre 
enfants, pour s'assurer du fait, c'est de demander 
au camarade strabique , en lui montrant une main 
plus ou moins ouverte : Combien y a-l-il de doigts? 

Suivant M. Héearl, berlou ne serait qu'une con- 
tradiction du wallon toarloumie et signifierait : voir 
louche. Nous croyons que oerlou vient plulM de 
l'anglais looh, voir, el de ber qui répond au bis des 
Latins. 

Ducange nous fournit un analogue dans le vieux 
mot Crantais berlong, qui fait en latin bis longus. 

Une troisième opinion attribue à berlou celle 
autre étymologie : regard d'ours, de l'allemand, ber. 
Berluser (se], v. pron. Se laisser tromper par un 
homme. 

Heo pér'm'a toudi défendu 
De ta'berluitr 1 l' i' bcroraes. 

(BrôJe-Htison. - Le jaaie Seiattur.) 

Bernatier, S. m. Vidangeur. 

BeaNBux. Même signification ; ce mot s'applique aussi, 

dans certaines circonstances, aux petits garçons et 

aux petites filles. 
Behsile, s. f. Soupe maigre, panade. 
Bertonneh, V. n. Grommeler, gronder. 
Bic-BAC, s. m. Faire hic-bac, se balancer; ou appelle 

bic-bac l'engin dont on se sert, dans les brasseries, pour 

faire descendre les seaux dans le puits el les faire 

remonter. 



"■■i 

D,g,l.2cd|v,G00glc __ 



BiBLLE. La belle; le peuple de Lille et de la campagne 
appelle aiosi fort poétiquement la lune . 

r^mme T filgeol biau rlnir de trune 
Il a tu i'NeUi deven l'Iiu. 

(llrùl»'llBii<>n.>7['N rMrfMRnoii^ulg cru fusairn 



Bille, s. f . Branche de hallol . 

Billet db mort, s. m. Lai^e pancarte d'une rétlac- 
tion uniforme, qui est distribuée par l^s baillis de 
paroisses à toutes les connaissances du défunt, pour 
les inviter à assister aux funérailles. 

Longtemps le format du billet de mort a clé propor- 
tionné à l'importance du convui, il diminuait de 
développement suivant que ce dernier était solennel, 
de première classe, ou bourgeois. 

Aujourd'hui, àl'exception de quelques familles qui 
tiennent aux ancien*; usages, on se sert généralement 
de lettres de faire part. 

Voici la copie exacte du billet de mort de Brûle- 
Maison; nous devons cette communication à la 
complaisance de M. Gentil, qui est dépositaire du 
document : 

MESSIEUHS ET DAMES 

ui élel priéi ifasiiiiltr an cmcog tlfunéraillct lU 

FRANÇOIS 

OE rOTTIGMIES 

it Brûle-Maison, marchand grossier 
en celte ville, décédé le premier février viil lept cent 



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- 33 - 
quarante, âgé de toisante-deux ans, qui se feront 
mercredy trois dudit mots, à neuf heures, dans l'église 
paroissiale de Saint- Etienne, où son corps sera mkumé. 
L'assemblée à la maison mortuaire, sur la petite 
place . 

Ull DB PKOFVNDI8. s'U VOUS plait. 

Les Dames sont priées de s'assembler dan» la chapelle 
du Saint-Nom de Jésus, où les messes se diront pendant 
tes funérailles . 

Billet dk roi, s. m. 

Dans les habitudes lilloises, la fève ne parait pas 
avoir servi à désigner le Roi, an repas de l'Epiphanie ; 
oD a de tout temps distribué aux convives des billets, 
dits bUlets de roi. 

A ceteETel, et pour éviter aux amphytrions des frais 
d'imagination, on a inventé etl'on fait vendre par des 
enfants, dans les rues de la ville, à partir du 4 janvier, 
des feuilles sur papier gris, contenant une collection de 
billets qualificatifs, avec l'effigie du personnage, et des 
vers appropriés à sou emploi, depuis le Roi jusqu'au 
Fou. 

Les enfants les annonçenl en criant : Via des 
billets de roi! 

Sous le premier Empire on avait substitué l'Empe- 
reur au Roi; depuis, l'ancienne formule a été reprise 
et conservée, même sous la république. 

Les vers se chantent sur l'air du Hirliton, le refruiii 
invariable est : 

J'ai du tulrlilon 
Va l'en iiIuh lonf , 
Vus-ï toi -même, 
J'ai da mirliton 



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- 34 - 
Disons que beaucoup de familles bourgeoises ont 

secoué le joug de l'imprimé de M. Danei. Le malin 

de la maison se charge du soin d'inscrire, sur chaque 

billel, le nom le plus burlesque possible; le Roi et le 

Fou seuls sont inviolables et sacrés . 

C'est le plus jeune des enfanls qui distribue les 

billets, exactement plies, en suivant l'âge des convives 

qui doivent les ouvrir tous ensemble àun signal donné. 
Les domestiques reçoivent aussi leur billel de Roi. 
Pendant toute la semaine on s'interroge, dans la 

famille, pour connaître les qualiBcations départies à 

chacun par le son . 
ItiRLOuET, s. m. Virhar, du vieux français vû^er, 

tourner. C'est un jeu consistant à feire tourner sur 

son pivot une aiguille qui indique, en s'arrôlant, le 

numéro gagnant. 
On donne aussi le nom de birlouet au petit 

tonneau qui renferme les friandises mises en loterie. 
6iEE(veDt de), de l'armoriciiin bii, vent de nord-est; 

on dit de ce vent qu'il liisit le teint, qu'il le hàle. 

Jeter quelque chose au bise, c'est le jeter au vent. 
BiSER, V. n. Jaillir d'une manière aiguë, à la façon du 

vent de bise. 
Biset, s. m. Pigeon commun, noirâtre. 
Bisquer, V. n. Èlre vexé; faire bisquer quelqu'un, 

le tourmenter. 
BisTouLE, s. f. Bagatelle. 
BisTOQuER, V. Q. Faire un présent; il a dans Rabelais 

une signification erotique. 
Blâme, 8. m. Le peuple appelait ainsi autrefois l'expo- 
sition au carcan . 
Blanc-bonnet. On appelle ainsi les femmes, comme on 

appelle les hommes ; les capiaux. 



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— 53 — 

Blasé, adj. Du grec «aAoïCftv, avoir l'esprit émoussé. 
On applique à Lille ce nom à l'homme doot la 

figure, d'une bouffissure moilc, accuse l'abus de& 

liqueurs alcooliques. 11 y a dans le recueil de Brùle- 

Maison une complainte fort originale sut les blasés . 
Blbuët.s. m. Grosse mouche bleue. 
Bleuets, s. m. plur. Orphelins, issus de parents 

bourgeois auciennement établis, ainsi nommés du 

vêtement bleu qu'ils portent. Un certain nombre de 

ces enfants assistent, un cierge en main, au \ convois 

funéraires de première classe . 
BLE(iasE!<, s. f. plur. Mensonges; (' m' m conte 

cfM&feiMs'ic'e&llémotoouieursdans un seos restreint, 

défini . 
Bleu tAt. Bleu toit, la GraDde Maison, l'hApital général; 

ainsi nommé de la couleur des ardoises qui le 

couvrent. 
L'bleu tôt n'est mi fé pou' les qaiens, dit, avec une 

résignation philosophique, l'ouvrier lillois que le poids 

de l'âge empêche de travailler. 
Bleu vu. Bleue vue, étourdissement, vue trouble. 



Blo (porler à), porter sur son dos. Bloc, dans le vieux 
français, se dit Je toute élévation . 

BoBiNEUR au /regue, s. m. Ouvrier employé à garnir 
les bobines de fil encore humide. 

Bompieux . Bons fils, religieux du tiers-ordre des Francis- 
cains, voués à la garde des aliénés. 

il y avait, avant la Rcvolulion, trois établissements 
de Bons'Fils dans notre pays: à St- Venant, à Armen- 
tièreset à Lille. 



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— 36 — 

Bien que l'ordre n'existe plus, le peuple a conservé 

le nom de Bont-FiU aux établissements d'aliénés. 
Boni (avoir}. Être créancier de quelqu'un. 
BoNNiBR, s. m. Mesure de terre de I hectare (I ares 

76 ceiiliares. 
Bonnarius, d'après Ducange, tnodus agri cerlis 

limitibus, seu bonnù definïtus. 
On retrouve le bounier, bunarium, dans un acte 

de 868, concernant l'abbaye de r.ysoing. [De Godefroy 

Ménilglaise.) 
BoNNiQDËT, H. m. Coiffare de femme, formée d'une 

calotte de linge que borde par devant une large bande 

de tulle tuyautée. On dit d'un homme qui craint sa 

femme : t'auras du bonniquet. 
BoQDiLLON, 6. m. Bûcheron, qui épinche les arbres. 

Et SoqutHotu de perdre leoronUI, 
Et de altr pour le le faire riMidre. 

(Li Porlllne, llrnT.) 

BoKNiBus, 8. m. Borgne. 

Boubou (faire). Faire banqueroute. 

On appelle Empereur celui qui en est à sa Iroixiëme . 
Boucan, s. m. Grand bruit . 
BourrBB. Exclamation d'élonnement . 
Bougonner. Gronder, murmurer. 
BouGOiv, s. Qui bougonne. 
BoojDN, s. m. Bâton de chaise. 



BouRGAGE s. m. Bourg, bourgade. 

Quoi! le d'm Den vu le livré 
De noire brare dac d'Avré, 
Seigneur de no hovrgagt. 

(Ilrù'c-Ns^iuii.- Nurldii Au attarn 



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— 57 ~ 

Bourgeois. Convoi bourgeois (voyez bailli), enterrement 
modeste que \e bailli i^uaiifie quelqueroisde satisonnet, 
par opposition an convoi solennel à l'usage du grot 
mort. 

Il va sans dire que le bailli préfère ce dernier mode 
de funérailles; c'ost à ce propos que, dans un 
mouvement de dépit jaloux, il lui échappa un jour de 

s'écrier : à Saint Ils font tout ce qu'ils 

veulent . 

BouLLANT, adj. Mouvant, sable bouUant. 

BouRLER, V. n. Jouer à la boule . 

BouHLBB, V. n. Tomber d'une façon grotesque. 

BouRLER COURT. Mal prendre sa mesure, manquer le but. 

BouRLKTTE, s. f. Boulette de viande hachée. 

BouRSEAu , s. m. Bosse à la tète, provenant d'un 
coup. 



Bouter, v. a. Mettre. 

BocvACHE, s. f ■ Lieu où l'on abat les chevaus. 

Brader, t. a. Gâter; un enfant brade'f brader marchan- 
dise, c'est gâcher quelque chose. 

Braderie, s. f. Fête populaire qui se célèbre le premier 
lundi de la foire annuelle. Les enfants obtiennent de 
leurs parents la permission de vendre, à leur profit, 
une foule de vieux objets; ils appellent les chalands 
aux cris Ae: A la Braderie ! au reste ! irais-quarts 
d'hasard, par ici, venex voir, c'est la foire. 

La certitude de faire de bons marchés allire, dès 
le point du jour, les gens de la campagne dans les rues 
de Lille où s'étalent les objets bradés. 

La Braderie a fourni le sujet d'une des plus jolies 
chansons du recueil de M . Dt^srousseaux . 



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Brafb, du bas breton brav, beau. Brave, courageux, 
bien mis, paré. 

11 a dans Malberbe ce dernier sens : 



Ou trouve ce mot avec la même sigoification dans 
Pascal, La Fontaine ol M"° de Scvigné, 

M'a veiiii voir chemanula, 
Tonl mis h lia pn 6rav«. 

(Brùl»-Mui]OD. — Sol Usrebtn.) 

Bhaihb, V. n. Pleurer; bréoire, femme qui a toujours la 
larme à l'a»!. 

Ftmei braient, TlUlDii'escondent, 
Car II rraD(cii Icnr queurenl seore. 

(Guill. GtiUrt. — BranduieèHiftttisiïfiiagti.) 

Brebigette, 8 . f. Petite brebis; il ciiste à l'angle 

des rues Esquermoise et Basse une enseigne sous ce 

nom. 
Bkelles, s. f. pi. Cheveux raidcs comme Ifts berbes 

de ce nom. 
Bben, s. m. Matière fécale, d'où ôreneuat, et par 

transposition berntux. 
Brek d'Asache, s. m. Gomme qui découle de certain? 

arbres à fruit. 
Bren de Judas, s. m. Tâches de rousseur, lentilles. 
Brbsettes. s. f. pi. Menues braises. 

Quoi 1 l'âtr de ch'marchind i'^resellet. 



Bheyou. Enfant pleurard. 

Briffe, s, f. Brive, bribe, reste de pain. 



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- M — 

BniNBEVX, adj, Brimbeur, vagabond. 

Ea lies, 1rs EergenUde la ^révAlé de Lille TetoiTentSXniln, 
poar euli recréer ensemble, aprèa qu'ils eurent mené en halle 
i;r*nd nombre de brimbeur», leaqnela furent cODgiéa de la illle 
et taille. 

(De [.sfOni Hélicacq. — Coulumit d'Btlairet.) 

Sln père n'est qu'un CHniau 
Et 11 ché un Moubgu. 

(Bnde-HiLwn. — ItBoi Mt.] 

Bringue, s. f . Fille de mœurs dissolues. 

BniSàQuE, s. m. Qui brise tout ce qui lui tombe dans les 

mains. 
Briscadbr, t. a. Abîmer, gâter, gaspiller. 
Brochon, s. m. Mesure de liquide. 
Brondeler, V. n. Variante du verbe tomber. L'homme 

qui brondielh ne tombe pAS tout d'un coup, il s'étend 

dans la boue après quelques oscillations causées par 

l'ivresse. 



Bronseh, v.n. Trembler. 

Bboquante, s. f. Ouvrage d'occasion. 

Broquelet, s. m. Fuseau à l'usage des dentelières; 
on célèbre tous les ans, h. la Saint-Nicolas d'été, la fête 
du Broquelet, sous les cbarmilles de la Nouvelle- 
Aventure . 
Cette fête populaire a inspiré le pinceau de Watteau. 

Broqder, V. 0. Surgir, saillir. 

Broquet, s. m. Allumette. 

Bsousi, ÉE, adj. Sali, barbouillé. 

On appelle Rois broutés, la fête des rns qui se 
célèbre à l'octave de l'Epiphanie, le jour du parjurai 
c'est une sorte de parodie de la solenoité première. 



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Brouter, y. a. Brouetter. 
Broiîtei'r, s. m. Brouetteur. 

Voui âinchei et jurei que eii l'eslil de GroultuM tout cud- 
duirei hien etdeaenent... 

[Bsitlii— Ckaptlra^itnwnli.XXIV.) 

Bruant, s. m. Hanneton. Le mol Amant est une 
onomatopée traduisant le bruissement que produit le 
liaoneton en agitant ses ailes. 

Les enfants qui vendent les hannetons crient dans 
les nies : A bruants! à bruants! ou bien encore : i 
Jionchin ! à Bonehin ! On suppose que ce village étant 
fort boisé fournit les hannetons en grand nombre . 

Les hannetons gris sont appelés meunier*. 

WeHl«i cb'est un biau m«unf<r. 

Ma mère, 
AqutlM-m'en ij tou» plet. 

[Briile-Haiioo.] 

Pour stimuler les hannetons et les forcer à s'envoler, 
les enfants leur pincent les pattes aveu l'ongle. 

On dit d'un homme, lent de sa nature et difficileà 
mouvoir, que c'esi wn bruant à quiii faut marcher 
sur les pieds. 
Brulin, s. m. Linge consumé remplaçant l'amadou 
dans ta boite à feu de nos ménagères, au temps où le 
briquet n'avait pas été déirAoé par les allumettes 
chimiques. 
BuCQtiE, s. f. Une molécule quelconque; le grain 
de sable imperceptible que le vent chasse dans l'œil, 
c'est une bucque. 

On signale le stoïcisme de ce campagnard qui, 
gêné durant une longue marche par ce qu'il appelait 
une bucque dans son soulier, y trouva, en se déchaus- 
sant au logis, la louche de bois de son cousin Philippe. 



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- 41 — 

BuissE, 8. f. Buse, tuyau. 

Bl'Qubk, y. a. Frapper. 

BuBEssE, s. r. Lavandière, blanchisseuse. 

BuRGUET, s. m. Plate-forme en pierres bicaes qui, 
avant l'élablissement des trottoirs, couvrait l'entrée 
des caves, au bas de la façade de presque toutes les 
maisons de Lille. 

Du vieux mot burg, retrancliement extérieur des 
pitils. 

D'aprèsM. Derode, c'était un signe de bourgeoisie 
qui obligeait au payement d'une redevance à l'éche- 
vinage. (Histoire de la famille Prudhomme.) 



... .g- Epitode dueomiat dea quatre 

rigimenii de ta garnUox de Lilla en IT90.) 

Les petit'! gin* dedsni Im uf et, 
Meliolent <1r» qusndairi allEum^et, 
Toalà nmour de leus burgaèi, 

[lacqaia Diica(l]giii«s. — Sur Ua mumUtê du ni 
m Flanàrei.} 

BusETTE, S. f. Petit tube en fort papier gris, qui se 
fiche sur une broche pour servir d'àme à la bobine. 

BusiEB, V. n. Réfléchir; de l'anglais ^sj/, penser, plutôt 
que de 6u«e, oiseau stupide. Non-seulement la buse 
ne penso pas, mais elle n'a pas l'air de penser. 



Cabas, s. m. En grec utCof, bas lalin ca^,- panier 
en cuir vu en paille. Chapeau d'une forme arriérée. 
Ou appelle aussi cabas les dévotes qui négligent le» 
modes. 



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— i2 _ 

Caboche, s. f. Tète; une bonne ou une mauvaise 
Cloche. 

Cabochus, Le peuple appelle encore ainsi la rue dite 
des Ckats-Bostus , à cause d'une enseigne qui se 
trouvait sur la maison qui forme l'angle de la place des 
Patiniers et de celle du Lion-d'Or. 

Cabiuette , s. f. Espèce de salade, dite laitue 
pommée. 

Cahus, adj . Pommé, cliou cabus ; en basse latinité cabulus 
pour cajnttus; la racine est f^(e. Les Allemands disent 
herbe à tête . On connaît le rébus qui ornait la porte 
de l'église des Grands-Augustins, à Paris, où fut 
inhumé Philippe de Comines : un globe pour figurer 
la naissance du monde, el un chou pommé. Le monde 
n'est qu'abus. 

Cacaqub, s. m. Quelque chose de mauvais. 

Caché-pbrdd. Un homme tout caché-perdu est celui 
qui ne sait où donner delà tète. 

Cacher perdu. Chercher une chose égarée. 

Cacher, v, a. Chercher, chasser, venari. 



Piilef . quoi eaektx-n 



CaghE'QUien. Employé de la fabrique, dont la mission 
spéciale est de chasser les chiens de l'Église. 



HId ^r' rb^, «) J'in tmi crdre 
Tou* kt minchaDt'i gint. 
Un certain nommé Magloirc 
D'ftglige enl ['taeh'quUn. 



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— 43 — 

Cachk'o d'mannée. L'ouvrier meunier qui va chercher à 

ilomîuilc les grains à moudre au moulin. 
Cachiveox, adj. Chassieux. 
Caconnes, s. f. pi. Cerises sucrées, bigarreaux. 
Cadot, s. m. Chaise d'enfant ou de vieillard, du latin 

cathedra , 
Cafetiau, caf'tiau . Café très-faible. 
CAFOTm, s. m. Étui pour aiguilles. 
Cafouillage, a. m. Action de cafouiller; désordre 

rebutant. 
On appelle cafouillage de Douai un rôti de porc 

accompagné de pommes et d'oignons. 



Cafouiller, v. n. Fouiller malproprement dans une 
partie quelconque du corps. 

Dans ton vratr' il boute s' msin 
El «aboutir dans les trlireltes. 

(Brà]e-Mai»n. — Lt Tourguennfill ^iagBDerl l> 
tenir,^itc son ckntjiow y chercher nalijMb:) 

CAinsssE, S. f. Chaisière, qui loue les chaises dans 

les églises. 
Calé (être). Être bien mis. 

Non* parloiu ealit comme des firinces. 

(Detroiuseaui.) 

On appelait autrefois cale une sorte de coiffure ; on 

en a fait calotte. 
Camanette, s. f. Commère qui habite la même 

maison; cum manere, demeurer ensemble. 
Campes, s. f. pi. Boites à détonation. Dans les 

4 

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— 44 — 

environs de Lille on tire les campes en rcjiiuissance 
des mariages ou des naifisanceB. 

Canada, s. m. Pomme de lerre. 

Camaiiibn, s. m. Serin, oiseau des Canaries. 

Cahdelè, s. m. Chandelle. 

Camdéliette , s. f. Donner une candéliette , suivre 
d'assez près un camarade qui dégnole pour lui frapper 
les talons et le faire tomber. On appelle pluB juste- 
ment candéliettei les stalactites de givre qui s'atta- 
chent aux arbres. 

Canette , s. f . Diminutif de canne, cataut, ancienne 
mesure pour les liquides. 

Capable, (être uapable de], lociit. Se prend dans le sens 
impersonnel . On dit en parlant du temps : // est 
capable de faire beau . 

Gafageoire, s. f. Dépensière. 

Quoiqu' air eucbe i's majen», 
Elleeit trop eapagtoir», 
Toullirgent Qiilrolt 
El elle me demeureroll. 

(BrùLs-MlIfOn. — Entniiau s 



GAranouLB, 8. m. Diminutif de capon. 
Capiau, s. m. Homme. 

QdoII ml prendre encore aaeaplau! 

(Biûl»ltiHin. .- Le Mari mari ri MiMi^.) 

Capon, s. m. Mauvais sujet, polisson et non poltron, 
sens plus hubiluollemeat donné au mut capon dans 
toute la France. 

Capot, s. m. Sorte de gilet à manches de laine 
tricotée . 

CAHACOt.E,E. f. Voile, colimaçon. 

D:,-:c.Jt, Google 



Carafisn, s. m. Chariot à ordures; noir comme un 

earafien. 
Carahara. Visage noir, bohémien; vient de l'espagnol. 

Le vue de jdîIIeI loliante-cinq, Jebnn Ferninile et Mar- 
^erltePhlei, frère elsŒiir.... hsbfluts i la mode dei Egyptiens 
H Carmarai, oDt élé coiiititués prlsonDien en la paroisse de 
Bouppellues sar la Lys. 

(U Poos Mâlii^ncq. — latrotactien ma couliaïui de la 
tille dEslaiTcl.) 

En 1703 Turent fii9iig<<.'i un homme, une [rmme et un botta, 
DDB bernatlère et d«ui CaramaTot. 

(DUûdc ~ffil(MfBliBtlIIs,l-II,p.(tH.| 

Carcaillou, s. d). Caille, par onomatopée. 

On donne ce nom à l'Iiomnie qui a de gros yeux 

louches . 
Carer (se). V. pron. Se donner un ajr, une figure; de 

l'espagnol cara. visage. 
Carlikh, s. m. Charron. 
Caron. Une réminiscence mythologique fait donner ce 

nom à l'homme dont le métier consislc à faire passer, 

dune rive à l'autre, sur son bateau, les personnes qui 

vont nager au Grand-Tournant. 
Carré, s. m. Carré de jiniii d'épiite trés-dur et 

fortement nnisé. 
Les carrés de Lille sont fort renommés dans les 

foires du déparlement du Nord. 
Carré, s. m. Filet de pèche de forme carrée. 
Carton, s . m . Cliarton , ouvrier de ferme chargé 

spécialement de la conduite des chariots. 



Catiller, V. a. Chatouiller, de tiiillare. 

D,g,l.2cd|v,G00glc 



— 4& — 

Catimini (en), en druquin, en mueh' tenpol, sont syno- 
nymes de : en cachette. 

Catou, s. f. Poupée, fille légère. 

Gauches. Chausses ; courtes caucke», filles chaussées 
court. 

Un drol' qui queurre h droile k gauvhe, 
El qui aliD' bien les courles eauehêt. 

{Bcùia-HMsan. — amoureux dcliquitl ratique.} 

Censément, adv. S'emploie fréquemment pour atténuer 

ce qu'il y a de trop absolu dans une proposition, dans 

le sens de quasiment, pour ainsi dire . 
Censé, s. f. Ferme, bien de campagne donné à 

eeng, à fermage. 
Censier, s. di. Fermier; eeruier de place, on appelle 

ainsi par ironie les fainéants de la place publique. 
Cent, s. m. Mesure de terre de 8 ares 86 cent. 

cent verges ; ceïKenarium, en lalin vulgaire. 
Cuaffloter, V. n. onomatopée. Marcber avec bruit dans 

la boue ou le mortier. 
Cbaobe, s. f. Prendre «ne pelile cliaudc, se chauffer 

par occasion . 
Chaudëau, s. m Lait de poule. 
Cbifplotiau, s. m. Petit sifiict, fitre. 
Chimentiére, s. m. <:imelière. 
Chip-en-chop (aller de), loc. Marcher de travers. 
CmpoTER, V. a. Chicaner, chercher dispule. 
Chiquer, v. a. Manger; le mot est dans Rabelais. Lrs 

écoliers donnent le nom de chique à toutes les friandises 

qui entrent au collège. 
Choque, s. f. Souche, stipès, en basse latinité ceoca- 
On appelle aussi une choque de maisons un îlot 

Compact de consiruclions. 

D:,-:c.Jt, Google 



— 47 — 
Chouleh, V. a. Fouler aux pieds. 
Chouler, V. n. Jeu ((uî <H)iisistc à lancer une boule de 

bois appelée choulet, avec uoe crosse ; de l'allemand 

sckollem . 



Choulet, s. io . Boule de bois lancée par les joueurs à la 

crosse. 
Chucades, SuGGADES, S. f. pluT. Friandises de sucre. 

J'il vu dent ou Irnla îsles 
TroavA^i fii moa leiu» 
De ehucadt$ tertlles. 



Chuche, s. f. Bière. 



Au Mimeuluqii', é iina Drsprès, j D'in (le 1' ehuehe, chfr 
eomm' du Tin. 

(DiBlocutr «ntrc deui cbnriites dam un cntr'uu dv 
LoOmtka.j 

Clachoibe ou Cachoire, s. f. Long fouet des char- 
retiers. 

Du viens, mot tbassouere, iecbacea. 

Clacueron, s. m. Bout de ficelle qui sert de mëi:lie aux 
fouets. 

Claque, s. f. Fille indolente, qui n'est bonne à ma; 
il existe à Lille une rue dite : rue à Ctaqws. 

Claquoih, s. m . Pétonnih-e, tube en sureau par 
lequel, au moyen de l'air comprimé, les enfants 
cbassent au loin, avec bruit, des balles d'étcupe 
mâchée . 



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— 48 — 
Clbi^kh, V. n. Incliner, pencher. 

Y eleine du càii qui icut guerre. 

Clique, s. f. Petite tape qui rcsonoe. 

On donne des claques i un homme et des cliqnes 
à lin enfont. 
Cliqueb, V. a. Frapper, battre légèrement. 

L'expression habit tout e/igiMinf nue, pour dépeindre 
un vêtement quia tout son lustre, répond exactement 
à la locution française, habit tout batianl neuf. 

Cliquant n'est point dit pour clinguant, comme le 
pense M. Desrousseaux. 
Cliques et Claques . Prendre ses cliques et ses claques, 

c'est vider les lieux, déguerpir. 
Clique-talon (aller à), loc. Marcher avec des soulier» 

éculés; àsavattes. 
Cloeh, V. a. Clore, fermer. 

Tbotenclaant s'ï'jeui. 
Comme un suint reti)tieui. 

I Brille- Vaiisn. — Le flei 5oil.) 

Clouches. Terme de mépris pour peindre de maigres 
aliments i mander des douches. 

QuanJ j' mets men poiage h m' boaibe, 
T n'esl ml pD> bon qn' dK* elouehet. 

(Brùls-llBiiaD. —3* recueil.) 

CoDAc, 8. m. Cffiuf; onomatopée. 

CoDHELATS , s . m . pi . Chaudfons , ustensiles de 
cuisine, tout ce qui est cuivre dans un ménage; du 
latin cuidarium vase d'airain, chaudière. 

J.deColtignies parle de iaitau de codre/dM; c'étaient 
des pontons en cuivre destinés au transport de» 
munitions par eau dans la campagne de Flandre. 



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_ i9 — 

Coi, Coite, adj. Tranquille, du latin quietus. 

Queule coite! digent les olieurs, atQJgés de la 
mollesse du veni pour leurs moulios. 

Au XIII' siècle, les Gantois réclamèreot contre 
l'usage des insiructions criminelles secrètes qu'on 
appelait les cotes vérités . 
CoiNNE, adj. Slupide; itre coirvne, être interdit, perdre 
contenance. 



Colas. Abréviation de Nicolas, bèta, balou; se dit d'une 
espèce d'oiseau stupide. 

T es-t-UD eola 

Vcroire i loua rhn hél'u't II. 

(D«rou»MUi. — CAstr* Ummaalin.} 

Comptoir, Voyez montre. 

Comtesse (rue et hApital], du nom de la comtesse Jeanne 
de Constantinople, Bile de Baudouin IKet femme du 
maiheureuiL Ferrand, le vaincu de Bouvines. 

Jeanne, que des historiens ont appelée la Sémiramis 
du Nord, a doté la ville de Lille de divers établisse- 
ments charitables. On lui doit aussi la charte de 
récréance de l'échevinage de Lille. 

On voit encore son portrait dans la salEedn réfectoire 
de l'hàpital Comtesse. 
Contraire (venir au). Locution pour contrarier, déranger 
des habitudes prises. 

On dit : cela me vient au contraire de faire telle 
chose. 

Mil!, cher tire, Il tenriit t grand eonlrair« «t déplalsance i 
lUM cooipagDonï el k ceui d« t'avani garde il It» ne m'avaient 
en lear compagnie. 

(Froi»»Fi1. — BBlaiUidt«iiwbajat.) 



D,g,l.2cd|v,G00gk' 



— 50 — 
CopoN, s. m. CoupoD, exgraco N«nr<iv (Duc). 
CoouABDiBR, 8. 01. PoulaîUer qui vend des volailles 
et des œufs, pour coquetier. 

Coequaisier se trouve dans Rabelais aiec le même 
sens. 

Le nom ieeoquetier appartient aussi au petit meuble 
dans lequel on mange les œufs à la coque. 

Il est regrettable que l'on ait perdu le vieux mot 
ovier, quirepréseutait plus étymologiquemeol l'emploi 
de l'ustensile. 
CoQUELEU, s. m. Amateur de coqs, qui les fait battre. 
CoQuiLLB, s. f. 6&leau de forme oblongue que petit 
Jésus met, le jour de Noël, sous l'oreiller des enfants 
qui ont été bien sages. J'ignore pourquoi l'on a donné 
ce nom à ce gâteau, mieux désigné à Cambrai, où on 
l'appelle quênioU ou cunioU, du latin cunœ, berceau, 
maillot, cunalis. 

F vai dlr" oud' pritre à p'til Jéius, 
Four qui l'apporte ubd' eoquiUt. 

(DurouHaïui.) 

Corée, s. f. Poumon des bestiaux. 

CoKiNcuE, s. m. Dévoiement. 

CoRsi, te, adj. Qui a du corps; on dit d'un drap fort, 

qu'il est corté. 
CosETTB (un petit), locution. On dit aussi un petit 

tempt, pour désigner un court intervalle de temps. 

Et un petit coieCl« aprti 
V ■ entré. 

HMIfr-HabOD. — ChUBan lur l« Camp ia Cywbt(.J 

CoSTiAUx, S. m. pi. Petites camisoles d'enfant ouvertes 

sur le devant. 
C0Tl^, s. m. Feu de braise; on dit en rouclii godctin. 
CoTRON, s. m. Jupe qui s'attache sur les cAtés. 



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_ 5! — 

Coi^ET, S. m. Vase en terre qui sert àla cuisine. 



Coule, s. f. Mensonge, Tanlerie. A chaque assertion 
hasardée d'un menteur émérite, les plaisants de 
l'assemblée lui jettentue mot : coule! M. Dcsrousseaux 
le regarile comme une abréviation de couleur; d'autres 
le font «iériver de l'italien cavilla, bourde, colle. 

Nous pensons que ce mot a une siguification toute 
différente, et que chacun comprendrait facileincnlsi, 
au lieu de l'écrire, comme on le prononce en patois, 
sans mouiller les l, nous lui avions donné son ortho- 
graphe naturelle. 

CouLiÉRE, s. f. Cloyère, panier au poisson formé d'une 
sorte de claie d'osier; on dit à Paris une cloyère 
d'huîtres; à Lille, les commissionnaires du marché au 
poisson s'appellent porte-coulieres. 

CouiLLON, s. m. Poltron, lâche [Rabelais). On appelle 
les Berguenards, couillons de Bergues, je ne sais pour 
quelle raison . 

CouiLLONNADF!,s. f. Blaguc, plaisanterie de mauvajs goùt. 

CouiLLomER, V. a. et n. S'entend de dire des plaisan- 
teries et de goguenarder quelqu'un. 

CouLON. nom propre. C'est !e fo.>;soyeurdu cimetière de 
la ville; aller vir' Coulon, c'est mourir. 



cil' tsl q' sans ch' bouillon 

1 lop sur faire un tour tlin Coaluit. 



D,g,l.2cd|v,G00glc 



CouLON, s- m. Pigeon. 

Il vit quiDd l'orlll.tnbe fui dcploi^ et ■■ bruine chue, un 
blanc eoulon roler pir-desius I* batilllr An roi. 

(Froilssrd.— BataiUeieRoi^ecqiii.) 

Gouque-Baque, s. f. Sorte de crèpe confeclionnée avec 
de la farioe de sarrazin, appelée boquelte, et du 
beurre. Les couguet-baques, dites à l'anglaise, sont, 
CD outre, sucrées . Les hommes de ma génération se 
rappellent la cave de madame Dubois, maison 
Kickemans, maintenant eafé Lalubie. 

La vogue est aujourd'hui , pour ce genre de 
pâtisserie toujours populaire, à la cave des Quatre- 
Marteaux. 

Il économlM uns peine 
Sur le gain de chaque lemaloe, 
D'qooi ntanger Iroit qialrToli par mof» 
La Sa' eovqu' baqu' chez main' Dubol». 

(ADODjme.— Lei Om/rien liUtii.) 

Courette, s. f. Petite cour publique. 
Courir tout son plus vite, locution . 
CouRTiLLAGB, 8. m. Jardin aux légumes; de courtil, 

hortus. 
CouRTiLLBU, 8. m. Jardinicf-Iégumier. 
CouRT-uois. Mois de février, le plus court des mois du 

calendrier. 



Coussin, s. m . Carreau de denteliére . 

COTBTTE, s. f. Repos, tranquillité, de quies; être à 

t'coyelle, être tranquille . 
Cricué, part. Ressemblant. Quand on dit : C'est son 



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portrait tout craché, c'est que original et copie se 
ressemblent comme deux crachats. 

Odc enhDt nr reutinble roleoi 



Il aurait tracM 

nni diffère Dec. 

i,La (ara de Fallielln.) 



Cbaghet. Petite lampe de fer à l'usage des campagnesi, 
ainsi nommée parce qu'elle était alimentée pnmiti- 
vement par la graisse. 



Qae nul ne faaie ma lote de set Uni par nujta. i la chandelle 

ni au eraehtt, sur 40 pdlarJs d'amende . 

(L'ord. de La Basae*.) 

Cbaihe, adj. pour crâne, lequel mot est synonyme de 
fameux, excellent . Voilà de t'crame bière, (U l' cruine 
soupe ! 

Crahillie, s. f. Crémaillère. 

Cranpi, adj. Plié, courbé. 

Crapb, s. f. Crasse, saleté. 

Cbapeux, adj. Salop. 

Crapin, s. m. Criblure de blé qu'on donne à manger 
aux poules; petit bled, en latin vulgaire «Taprnum. 

M. deGodefroi cite un titre de 11 82 où il est ques- 
tion de crappin. (Abb . de Cysoing.) 

Craqcelin, s. m . Sorte de pâtisserie croquante ■ 

Craquelot, s. m. Hareng fumé sans avoir subi les 

D,g,l.2cd|v,G00glc 



— S4 — 

préparations qui permetlent de conserver les harengs 
saurs . 

Crasseux, adj. Avare, du financier romain Crassus. aussi 
ladre que riche, lequel, au dire de Catulle, repienail, 
eu revenant à la ville, au pythagoricien Polybislor, 
le chapeau qu'il lui prêtait pour le garantir du soleil 
quand il l'emmenait à la campagne. 

Créchi, ib, adj. Ridé, ratatiné. 

Cren-bouli. Crème bouillie ; (ait caillé préparé avec des 
œufs et de la crème donce. Les fermiers apportent à 
leurs propriétaires et pratiques des pots de crm-bouli, 
le jour de la procession de Lille. On sert la crm-bouli 
au dessert; quelques-uns y joignent du sucre, du vin 
et des macarons . 

Crevassin, s. m., ou Qubrvassin. Homme qui a 
l'habitudede se crever, c'est-à-dire de se soâler. 

Crevé, part, ou Queurvé . Soîil . 



Cringber. Se frotter dans ses habils ou contre un mur, 
par suite de démangeaisons. 

Le mendiant espagnol de Murillo, dont nous avons 
au musée une magnifique copie, par Souchon, repré- 
sente parfaitement l'action d'un homme qui crincbe. 

J'ai d' l'im<tar, el tous letJouM 
Y Tant que |e me erainehê. 

(Bnile-Haiion. — L'amanl prtué.) 

Cringbon, s. m . Mauvais violon . 
Crincbon, subs. ms . Cri-cri, cigale, crillon du foyer. 
.Camcr, ussb (être). C'est présenter la difformité d'un 
long buste sur de courtes jambes ; du tudesque ArauA, 
. impotent. 



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- 55 — 

Choghb, s. f. Crosse, jeu qui consiste à lancer nu loin 
un cboulet, à l'aide d'un bâton armé d'un talon appelé 
crosse . 

Croche-Pied, s. m. Croc en jambe, coup de Jaraac 
donné en traître, contrairement aux règles de la lutte 
loyale . 

Crochu, dr ou use, adj . Qui a les jambes torse». 

Il y avait au moyen âge, dans les fêles de Lille, un 
Roi des crochus; il paraît que l'inQrmilé, trop souvent 
remarquée à Lille, date de loin. 

Crojette, s. f Croisetle, croix de par Dieu, livre élé- 
mentaire pour apprendre à lire. 

CrAleh, V. n. Remuer, touruer. 

Crôles, s. f. pi. Cheveux en papillote, ou pluidt en lire- 
bouchons. 

Cbon, adj. Tortu; le sobriquet de erom'iièfe est souvent 
donné à ceux qui ont le cou de travers. 

Cron, 8 m. Débris secs du mortier employé dans les 
coDstructions ; on appelle crons tous les menus 
décombres . 

Croutas, s, m. Planche brute, la première de l'arbre 
qu'on scie. 

Croquant, s. m . Genièvre. 

Croque, adj. Légèrement ivre. 



Croque-poux, s. m. Groseillcblëte on à maquereau. 
Croques. OEwts de poisson . 

Idil raul que je sème 

Tous les eroquei, d'un eœurgdi. 

(Briilg HAisgn. — l.t To«roiieniioli i)hi, [ mr 



D,g,l.2cd|v,G00glc ' — 



— bC — 

CnOQUET, 8. m. Mot employé dans les vieux tHnes 
pour clocher ; il y a à Lille une rue du Croquet . 

Croucroii (senidlrcà). S'accroupir de manière à s'asseoir 
sur les talons. 

CftOosTOus, s. m. pi. Espèce», argent. 

Cruau, s. m. Mauvaise herbe. 

Cbuaudrr ou EcmiAUDEH. Enlever le cruan. 

OkucHON, s. f. Croissance. 

CuHittix, adj. Soigneux, ingénieux; un ounier curieux 
est complet dans son art. 

"Cdrissk (pain fle). Pâte de réglisse. Les enfants foni, 
l'été , pour tisane, de l'eau de pain de curisie, en 
agitant l'eau d'une boiileille dans laquelle ils onl 
déposé <fiiel(ioes morceaux de pâte de réglisse. 



Oàghe, s. r. Gton de soulier, de l'armariesin tach, don, 

d'où vient ie mot attacher. 
Dachot, s. m. Furoncle. 
. Damage, s. m. Dommage, du vieux français tfam, (fui 

a pour racine damnum. 



Damas, s. -m. ?fom conservé par 'le peuple au r<T 

de la guillotine. 
Danobis, s. m. HommeàTairsimple, paraissant toujours 

offrir de l'eau béiiitL'. 
Di&QiioiRBi s. f. Averse, ondée; du latin aqtta, eau. 



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- 57 — 
Da,raiNj m. Dernier, ère. 



V#ci li In darraine On de Ph. d'Aflerell«. 

Dabon, s . m . Se dit pour baron . 

'Pierral. »-tu tu le daron? 



Daronne, 8. f. Femme. 



Darus, s. m. Habitant de St-Sauveur. 
Dardsb. Fille de la même paroisse. 

Je trouve ces ^mots dans le poème burles^e sur la 
bataille de Footenoy, dédié au BOt de Lille, sws 
,pouTQir indiquer leurélymologie. 
IU»R. Faire doser quelqu'un, lui faire oberolter un 

.objet caché .par ^malice. 
Dr, particule que le patois lillois ajoute volontiers A un 
grand nombre demots, comme pimr leur donner plus 
de force. 
JHous avons 'indiqué déjà les mots : 
Debout pour bout . 
Degrioler pour grioler . 
Demépriser pour mépriser. 
Se de/ammter pour se lamenter. 
Degriffer pour griffer. 
Defntfant.pour mitant. 
Nous aurons l'occasion de citer de nouveaux exem- 
ples de ces tdiotismes ilc langage. 



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— 38 — 

Debodt, s. m. Buul ; il y u à Lilie la rue <lu Court- 
Dtbout el celle du Bouge- Debout. 

DÉBRIS Si-Étiëwnb et St-Sauveub . On a conservé ce 
nom, à Lille, aux quartiers détruits par le bombar- 
dement autricbien. 

D£CAROCBtR, V. n. Quitter la voie ; déménager, perdre 
la téle. 

DÉCESSER, V. n. Vum cesser, il ne dêcesse pas de parler. 
Souvent, pour exprimer la même pensée à l'éfjard d'un 
bavard, on se contente de dira : il ne décesse pas . 

DÉCLAQUER. Declincher. 



(Itrùr»-H>»iin. — FatqiiiUe iilaHank:) 

Déclaqucr veut dire aussi éclater de rire. 

DÉGHOQUKTER. Dlviser les racines d'une souche. 

DÉDICACE, s. f. Fête originairement religieuse , où 
l'on mettait une église ou un village sous l'invocation 
d'un saint patron; à celte pieuse solennité, le goût 
de plus en plus prononcé des plaisirs mondains a ajouté 
une fôte communale qui présente le programme ha- 
bituel de trois jours, au moins, de jeux, de danses 
et de festins. 

Plusieurs villages ont la grande et la petite dédicace, 
sans compter les dédicaces des cabarets, el la fête 
des saints, patrons des divers métiers. 

Au seigneur hiu( jusncier npiuirtlenl de Taire nuloienir la 
dédicace d'Icelle ^gli^e el paroisse, el y Taire danser et meoes- 
trauder. 



Le mol de ducasse se trouve dans une traduction 

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— 59 — 

romane conlemporaine d'une charte latine du 

XIV* siècle. (Roisin, 221 .) 
DÉBSSE, s. f. Le peuple appelle l'déetse la statue 

de Lille qui surmonte la colonne commémorât ive du 

siège glorieux de 1 792 . 
DÊPUNQUER, V . II. Décéder, mourir. 
DioAGER {se} . V. pron. Se d pêcher, se liàter. 
Dbgainb, s. f. Tournure, démarche, 
Degazer, t. a. Abîmer, gâter: de l'ancien verbe de- 

gosier, d'où dévaster et dégàl . 
DÉGUBULER. Vomir. 

Elli, r« mengenii livreidevlau, 
Pour diguttiltr comme uo [NHirchiaii. 

(Briilc-SlBlsan. — LeitaHlifrliUoif elIarourfiuiinDitl.) 



Degobiller, V. n. Dégueuler et délouffer ont la même 
signification; c'est vomir. Degobiller, littéralement, 
c'est ccorcher le renard , de vulpei, goulpil dont on 
a fait aussi goupillon. Toul le monde sait que le 
goulpil a retenu le nom de renard, depuis le fameux 
roman du xin* siècle, attribué à Jacquemart Gielée, 
notre compatriote. 

DÉGfliOLER (voir Grioler] . Glisser sur la glace. 

DÉGRioLoiRE (voir (rrto'oïTe). Langue d'eau glacée, égalie 
par les souliers ou les snbols des glisscurs. Les ruis- 
seaux des rues sunt d'excellentes cfti^no/oireA. jusqu'au 
moment où les prudentes ménogères viennent les cou- 
vrir de cendres. 

Deuuintkr (sej, v. pron. Pour se lamenter. 

Déloqueté, adj. £n haillons, en habits déchirés. 



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DÉLouPBn, V, n. Vomir. 

Puis diliwfant cniiiiiic îles iwiirthlaui. 

Devélage, s- m. PrcparatioD liquide que ta marcluiBile 
de couqiies-baques étend avec unecuiller sur sa plaque 
ctiauSee, pour fabriquer ses produits. 

On siui tin cwar craquer, 
QuinJ nn vol griller 
L'démitaelf sur rpUque.. . 

(Desrotuaeaui. — Curwiiliii lillgivi.) 

DÉHBPiusKR, T. a. Mépriser. 
DeuiTANT. Moitié, demoitié. 

Qimd}' D'arM qu'im' prone 
T'e» tUTat YdtmitaM. 

Illrûle-Maltuu.) 

Depicbbs, V. a. Dépecer, décUiqueler. 

OÉPLAOUEH, V. n. <]ai ex.prii»« Vétat At \a terie, légèfc- 
mentgelée, dool an soleil ardenl détrempe la aurfoce 
qui s'atlacbe par pla^tte aux pieds de» narcheurs. 

Dbrne, s. m. Dernier. Demeàeoaper, sorte de jeu de 
barres où un tiers, eu coupant (croisant>le5conreur8, 
attire sur lui la poursuite. Donner le dene à quel- 
qu'un, û'e»t lui frapper sur le bras tMi sur l'éfuiiileeii 
disant : tu l'as. Il y a un point d'honneur enfaolin 
qui consiste à rendre immédialemcDt le deme à un 
autre camarade . 

DETOtiiLLBtt, V . s. Démèier. 

Dbuillant, subs. ms. Qui conduit le deuil aux eéré- 
inonies funéraires. 

Devemr. Faire devenir quelqu'un: l'ennuyer, le fwe 
enrager. 

On dit : Cet enfant me fait devenir. — Syncope, 
pour devenir fou. 



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- 61 — 
DiFFULE», V, a. Ofer, lirer ; de di^ulare (Ducange). 

Groi Joque il a pnrldMau 
En diffuiant sou oatiiin,- 

(Uri-ilfvMaisûn.) 

Diar.oHPTE, s. m. £sco[iipI&, «ppoînl da ^^nge d:'iuie 

pièce de monnaie. 
Dodo, s. m. Camisole de auit que la bourgeoise 

conservait fort avant dans la matinée. 
DoDiNER, DODEUNEB, V. a. Chercher à endormir un 

enfant en se balançât sur sa chaise. 



DoNDAHiE. Dadaive^ dos d'àne. 

Don, a. m. L'Qnfent «kntaniie du dor, cb désignant la 
partie du rôti qui a l'apparence de l'or. 



Doitcvx, adj . Syncope de daucereui, douUTel. 

DoRÊ, s. m. Tade an fpoinage qu'on appelle goyire 

dansleUuinaal. 

Cftte friandise, qu'on parait ne plus connailrc à 

Lille, se vendait rue de Tenremonde. 
DoRLOHEs, s. f. pi. Parures d'op. 
Dormant, s. m. Soporifique à l'usage des enfants. 

Bonn'Hgini plaigne un brave iiomme 
Qui dottiM k a» pouv^i cormii. 
Quand I teut dormir un lomme 
Pour une' pttlt' de soiu d' dormant. 



DouBE, S. m. Double, pclitc monnaie. 

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- 62 — 

DouET, S. m. Ancien inslnimeiit de ménage, composé 
de coupons de chaine de calmande, cloués au bout 
d'uR bàlon et formant éponge pour ramasser l'eau. 
On dit d'un garçon qai a la cliGvelure épaisse cl frisée 
qu'il a une tête comme un douet. 

DoUQUE-DOUQuE . Tlc-lac, battement de coeur. 

Min coeur faijol doueq-iaacq' pus Torl. 

(DtsTouBseaui. ~ LPatainache.) 

Dragon, s. m. Cerf-volant, appelé dragon, sans doute 
à cause de la forme que l'on a quelquefois donnée à 
ce genre d'aérostat . 

Dm, Au dri! contraction pom au- derrière. Cri pousse 
par les enfants pour prévenir que quelqu'un est monté 
derrière une voiture. 

Drisse, s. f. Escréments liquides; foirade. Avoir la 
drisse sedil de quelqu'un qui a peur. 

Droulb. Chianltt, masque courant les rues, de l'alle- 
mand troll, d'où l'on a fait aussi drôle. Les enfants 
poursuivaient autrefois les masques au cri de : droule! 
droule! Ce cri est aujourd'hui remplacé purcelui de : 
ahu! ahu! 

Druquin [en], adv. En cachette. 

DucASSE, 8. f. Kermesse. (Voir Dédicace.) 

La ville de Lille, indépendamment de sa ducassc 
annuelle, a ses duuasses paroissiales qui viennent dans 
l'ordre indiqué par les rimes patoises qui suivent : 

André, Madif ine, 
Piurre, Calleliie, 
Sauieur, Ëlknnr, 



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Odsque, prép. Forme primitive de jusque, dérivée de 
de usque . 

Si av«>entles Kiiibes nues 



(ChanuiIaTuMniBj, ilannétparPbllippe-AugusM.) 

Le palois de Lille retranche fréquemment la 
première partie du motjusqueou dusque. 

Nous trouvons un exemple de celle syncope dans 
la chanson de Manicourt, de M. Desrousseaux . 



rit'r-t pUisirde l'vir 

Falr'dM jia.t d'zt|>hir, 

Dei interchals pleltis il'éli'ginre, 

IIC9 ail'idc t)iBeun, 

Dp* nuls, qu'av iilarond I 



ÉcAFiLLÊ, ÈE, adj. Eveillé, ée. 

ÉcAFOTEii, V. a. Dégager la noix de son enveloppe. 

EcARDEH, V. a. Ecailler, enlever l'émail d'une assiette, 

écorner la porcelaine. 

On appelle, en français, éekarde, un petit écbl de 

bois, du danois shaar. 
ÉCHucuER (s'), V. p. Parler de manière à s'épuiser, à 

perdre son suc . 
EcLiTB, s. f. Eclair. 

Eiilremcnle».,. ^tc^TOnllU i 
épaiue que merveilles H un 
granit et mnull horrible. 



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— 64 - 

ËcOKCE, S. f. Lanlertie sourde; du laltn abscondere; 
nous trouvons dans Ducange : cotua, scoma cl 
absconsa, lanterna emea, lanterne aveugle ; celte 
expression est préférabie à celte de lanterne sourde. 



ËcoUAGE, 8. m. Autopsie. 

ËcouANTs. Pesdauts, ballanls; se dit des bras qui ne 

portent rien . 
ËcoUR, s. m. Partie du corps sur laquelle la mère, 

assise, lient habituellement son enfant. 

hd. madone de Raphaël, dite la Vierge à la Chaise, 

a le Christ sur son écour. 

Il n'y a pas, dans la tangue française, de mot 

absolument analogue, pas môme le mol giron que 

l'on a indiqué souvent comme synonyme. 
ÉcouRCHEU, s. m. Tablier, ainsi nommé sans doulc 

de ce qu'il couvre l'écour. 
ËcRÈPE, s. m. Avare, qui tire parti de tout. 
ÉcRUAUDEH, V. a. Arracher le cruQu des cliamps. 
Égard, s. m. Inspecleiir, eswardeur. 
Egalih, V. a. Rendre égal, polir. On égalil une pièce de 

monnaie en l'usant contre une pierre; on égalit un 

terrain en le piétinant, une dégrioloirc à force deglisser, 
Ëhou ! ÉBOU ! Exclamation poussée pour faire honte à 

quelqu'un. 
Kmblave. Ce mol pris adjectivement s'applique à 

riiomme qui fait des embarras. 

Vtanl v'air Jes voiiureK, 
Chés malins Tour(|uenoîs 
Uigeoiii', mit. i-hé i^our sure 
Chés tmbiavM d'Lilloit 

iFilii C. ~ Le rnNrijiir-iiiini^ iiHclutHiii ^ftr.) 



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— G5 — 

Ehblaverie , s. r. Désordre; on dit qu'une terre est 

emblavée quand elle n'est pas eneore dépouillée. 
EuBu [ëlre]. D'imbutus, pénétré, imbibé; être légèrement 

pris de boisson. 
I^HiLioN, s. m. Lumignon, fragmeot de mèche de 

chandelle encore allumé. 
Émontée, s. f, Marche d'un escalier. 
Eharvoyé, adj. Vient, suivant M. Esoallier, de maie 

viatus; ce mot a le même sens que fourvoyé qu) 

signifie hors de la voie . 

(Àreh. du Nord.— Letlrei lur te patoii.) 

Empifreh, V. a. Empifrer quelqu'un, le remplir de 
nourriture; pifres tocamus gulosos qui largioribus 
epulis indulgent. 

(Dacan^c.) 

Endèveu (faire) ■ Vexer. 

Je ne l'ai prini qu'ï ce matio, malt d^]i ytftdesvt , Je 
dégusine. je gmille d'élre roirié. 

IRalialais. — l'oi.Iojiwl. ckaf. YII.) 

EKFAnDEi.É, adj. Embarrassé; de fardel, fardeau, farde. 
Enfenouillé (être) . Être fort affairé, embarrassé , 
empêtré. 



Enfouiifellé (être) . Affairé (voir fourfelle) . 
Enfiinqué, adj , Enfumé; dans les fËtes lilloises du vieux 

temps il y avait le marquis des Enfunqués. 
ËNGELÉ, adj, Congelé. 

n puuvatl tiien venir Jusiju'aut mun 
(ProisMril.) 



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Engélé se dit aussi d'un homme qui a grand froid . 

J'engèle de frolJ itaa fn ni In. 

(Urûlfr-Haiion. — PufaiOc pta^uuli-.l 

Emgueuskr, V. a. Tromper, mettre dedans. 

Ennokiller, V. a. Guigner de l'œil. 

EnonT Est-ce non? Formule interrogntivefréqucmment 

employée pour : n'i'st-ce pas ? 
Enrostea, V. a. Soùler; s' enrosîer, s'enivrer. 
ËNTOiiiLLÈ, È.E, adj. Mêlé, ée. 

Car il D'^tall pas encore heure, [ani que la chose lut nileui 
etiîouUlée. 

(Froiswnl.] 

Et furent les Françait si «ntoulll^senrrelrura ennemii qu'ils 
a>ail bien cent hommes d'arme» «ur uo geii III homme. 

(Frolswirtl.— BoloiUïdalUlieri.) 

Entuulu (boire à 1'). Boire en tuHure, en chanlaDl des 
refrains. 



Envieillir (s') , V. n. Vieillir. Cette eipressioo se trouve 
dans les écrivains du XVI* siècle. 

ÉPAFFE, adj. Saisi, épouvanté, d'ftcpape/oc(M5. 

ÉpAUTRER, V . a ■ Écraser, meurtrir : espaullrer est dans 
Rabelais. 

EptLiEH, V. n. Mettre en morceaus, en miettes ; vendre 
une ferme à l'épilier, c'est démembrer une exploita- 
tion rurale, ia moreeler pour vendre ou louer les terres 
en détail . 



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Epinchkr, v.n. Ëbrancher, émonder. 

Elleiourducraidimaiirhe, sera ledii roi (ena de fairf damer 
Mit damea ei dimoiselles. cbevalier», HKujtn, pour «iptncMtr 
l'fapinellr. 

[Roi^n.—File dtVEpiietle.) 

Ekiupette, s. f. Large évenlail do bois pour raviver le 

feu des fourneauk. 
Ëfublle , 8. r. Ëpeulc, bobine légère garnie pour la 

trame des étoffes. 
Equettes, s. f. pt. Eclielles, menu bois. 

lean Tiille a donoA A'i'iqitiUai 
Pour mettre i chc Tu de Joie. 

iUorl Ile Br^k-U<ùMn.j 

du grec Cx'^» d'après l'abbé Bourlet. 
Escarbille, s. f. Scorie de eharbon . 
EscoFiEB, V. a. Tuer. 
EscoKSANT (Soleil). Soleil coucliant. 

C'est par.erreur, suivant nous, que dans l'intéressant 

ouvrage des Sept sièges de Lille on a, à propos de 

l'accord pour la reddition de la ville en 1 30S, traduit 

le mot escnnsanl par éclairant. 

Le traducteur a été séduit par un rapprodicment 

entre esconsant et econce, lanterne; il a oublié que 

l'éconoc est une lanterne sourde ou plutôt aveugle; 

cœca, d'après Ducange. 
Escous, adj. Secoué, duvicus verbe escorre. 

Bteoui en a toute la flor 



EscouasB, 8. f . Élan ; prendre son escousse, c'est prendre 
du champ. 



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EspisTERj V. n . Faire jaillir, éclabousser; on fait cspislcr 
l'eau en mellanl le pied dans une flaque, ou en 
fiiisant tournoyer un douel trempé; du latin er~ 
pargcre. 

Ë8QCELIN. Escalin, monnaie de BrabanI . 

Puur son luigeau cii eiqtitliii^ ! 

(Brùlï-MaisLii— U'Murlwi(.TfB.) 

EsQCiiNTEU, V. 0. Assommer, creînler. 



Étai-, s. m. Stalle, de stare, lieu où l'on étale, 
Étaque, s. f. De l'anglo-saxon staka, lieu qui sert de 

but dans uertains jeux ; allache de moulin à vont; 

poteau; c'est de ce dernier mot pnlois que vient le 

nom de la rue des Étaquet. 
Étenelles, s. f. plur. Petites tenailles, pincettes, que 

le peuple appelle encore épincetles. 
Eteules, s. f. pL Slipulœ, ce qui reste de chaume dans 

nn champ après la moisson . 
Il parait qu'autrefois on appelait aussi éleules les 

avéties elles-mêmes . Nous trouvons dans un mémoire 

d'un abbé d'Anchin, en 12bt, 

il les faun » IIII ou V homes de 
sut les propres terres Nglise. 

[KsciW. — Àhh.d'Àndim,) 

ne Ui esltulei de ses lerru, en 

Goilutrn;, — Abba^f ir C}isBV't.\ 



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— 69 -^ 
ÉTOQtKn. S'éloquer, contracHon pour s'estomaqnpr. 

Vu rPilf /fo^u8 
D'iiiciiifcr ilvi iiruiiiiPi. 

(Drulj HaiJOEi.) 

Ëtiiai.n, s. m. Paille, chaume; de stramen. 



Éthanmîu. Étrangler. 

Mnis ctic c.il. MDs r.icbon, 
A éfraMié Fen coulon. 
Toui.i^omni'uDn'mic. 

(Utùlï-Hiisoo.) 

ÈTBE9, S. m. pi. poiiraiires, j4(rta; distribution d'une 

maison . 
Éthive ou ÉTHiTETTE, adj. S'emploie pour tricheur, mais 

n'a paa cependant la complète signification de ce 

(Jcrnier mot. 

Le tricheur fraude, l'élrite vioUnle; c'est plutôt 

un mauvais joueur qu'un trompeur. 
Le verbe estriver se trouve daos nos plus vieux 

auteurs français, avec le sens de débattre, se disputer, 

se quereller. 



Façons, s. m. pi Cendres. 

Fada (avoir le), locution. Souffrir d'nnc cliateur acca- 
blante; vient de l'espagnol. 



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— 70 - 

Falluirhe. s. f. Paift aplali, cuil à la Qamme du four, 

et qu'on scrl au déjeuner après l'avoir fourré de 

beurre. 
Farfouiller, v. n. Fouiller en brouillant (ttoquefori) , 

en éparpillant; de res|)agnol farfullar. 
Fau, s. m. Hèlre; de fagus. 
Fait d'auitiê (être), locut. Elre trompé en douceur. 

fait au même, suivant l'argot du billard . 
Fait (à). A mesure. 



Fait a Fait, locut. Au fur et à mesure. 

Troumiil In bnuffei si hnniX'S, 
fat à fil qui les TaiiteoleDl. 

mangé Irùp de B«,ÎP«.) 

Faugard, s. m. Courte faux pour couper les roseaux. 
Faucardeh, y. a. Faucher les herbes d'unélang. 
Fauquë, locut. Pour seulement, je n'en ai fauque deux, 

dérive du verbe impersonnel falloir; il n'en faut que 

deux. 
Fergu, adj. Vif; frétillant 

Fekloupes, s. f. pi. Lambeaux. 



Ferment, s. m. Cognée, sorte de pclilc haclicllc à 
l'usage des bûcherons. 



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Fi, s. m. Foie. 

FiCHAu, s. m. Fouine. On dit : malùi comme un 
fichau. 



FiENs, s. m. Fiente. 

La rue à Fient est ainsi nommée, sans doute, à 

cause du passage des matières fécales enlevées de la 

caserne des Suisses. 
Filer, v. n. S'esquiver; partir furtivement. 
FiLEBiE, s. f. Veillée où l'on file le lia. 
Fif, adv. Se dit pour l'adverbe ampliatif tris. Cet 

homme est fin tôt . C'est une syncope de infiniment. 
Fm, fine, s'emploie aussi adjectivement, comme 

exiensif, donnant plus de force à l'adjectif qui suit. 



FiMOLER, v. n. Mettre de l'élégance, dii fini dans ce que 

l'on fait. 
FioN, genre. Avoir le fion, c'est avoir la manière, le 

chic, comme l'on dit aujourd'hui. 
Flahute. Flamand. 



'S Flamunds sonl du FtahatM. 

(Gamme lilloiee.) 



Flahique, S. f. (voir Falluiche) . On dit d'un ménage qui 
a peu d'ordre, qui godaille, que tout t'en va en tripes 
et en fiamiques. 

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Flandrin. De Flandres ; un grand Flandrin, c'esi un 

hoflkime élancéet de maiiiTaisc tanrnMre. 
Flauou flo. Mo». 

SI l*roirftralic»Hiu/tau, 

T o' l'arot point monlt li bnul. 

tlKcq. De Coliigoies.— Maridji- du Omphin.j 

Fléchette (jeu de). Variété du Ur à l'arbaïéte. 
FlÈpes, h. f. pi. Haillmis; aller à jtêpes, aller areé des 

lietiits déchirés, «Ta lalm ferpes, ferpotœ veslet, é'où 

frepet par la traosposition de l'r, et friperie . 
Flohaine, s. f. Femme flasque, qui Soie; duWeux verbe 

Floïr, faiblir, ëtie flôr nou. 
FouEA, V. n. avoir le dâreiemeDl, : dt foirar, nom 

domé par ftabelaia ^dd rtiisin laialil. 
Le sobriquet de Liih-Foreux est înuessamnent 

adiessc' aux Lillois, psr les caiBpaga»rds. 
FoNCBR, T. a. Enfoncer. 



Les enfante diseat ; foncer barres. 

FoDcer s'emploie aussi dans le sens neutre ; une 
glace peu solide fonce sous les pas de l'iufvudent 
pfllineur. 
FoHDou, s. m. Forboutier : faubourg, faubourien. Fora* 
burgi; ici encore le mol patois se rapproche plus que 
le français moderne de l'ctymologie. 



FoHCHK, «ti:E, loeulion pour l'adverbe tant. 



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- 15 — 
FoftSKNEit, V. n. feireeo' rut, se livrer k la (kbanehe. 
VovAit, s. m. Taupe. 
FouFARDES, 3. f, pi. Faofares. 
FmvFE, s. f. LÔqne, chiffon; faire tes fouffes, c'est 

meltrc du foin dans ses bottes. 
FouBFELLE {èttc en) . Etre empêtré, affairé . 

Cbe lourquenRDheD^ottr/'sIlï... 

IRriile-Maiaoïi. — le BmAel I :Np-gariui.) 

FouiiNAQUKR, V. H. Fascîner. 



FouBONNEfi, V. n. FiweJer, maraurttr; du Fatin fur, 
voleur. 

Ycoureaugardin 

En /Duronnnat padout. 

(Dhilu-Haison. — lO* recueil.) 

Fo^T^ER, V. n. Faire un trou, creuser la lerre. 
Fiuici*E..C*e«l ain» qu'on appelle la ttsanne que vendit 

les marchands de ooco. À la fraîche qui veut 

boire P 
FRAsoin, s. m. Plateau de bois perréde trous, ustemye 

de ménage. 
Fraïeux, adj. Qui occasionne Jes trais. On trouve 

dans La Fontaine , pour la même idée, In mot 

frayant. 



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— 74 — 

Friant-battant, locut. D'une façon délibérée, se dit 
de la marche d'nne personne qui va droit devant 
elle, sans douter de rien . 

Fricasse (faire). Locution d'enfanl, frîcasser; faire un 
petit ménage, la dînette. 

Frisons. Cheveux bouclés avec un fer. 

Chf9 ileui biaui frison». 
Qui sonl BU vu front, 
Autaï noirs queducarbon. 

(Brùle-NïlaDD.) 

Fbusqdim (Saint-) . Trésor provenant d'économies. 

FuiLE, s. f. Paille de colza employée comme combus- 
tible, vient de fuerre, paille. 

FuNQuÉE, s. f. Fumée. Il y a à Fives un cabaret bien 
connu S0U3 te nom de la Funquée. 



Gadou, s. m. Matière fécale. 

Gadoux [avoir les yeux) , locut. Les avoir doux et 

tendres. 
Gadhu, s. in. Gars'dru, gardon robuste bien portant, 



gaillard. 



Gafe, s. f. Gave, cou. Séraphin gross'gafe, personnage 
d'une des p1usjolie'< chansons de Desroiisseaux {Le 
Lundi de Pâques], a le cou gros, goitreux. 

Gaga (parler) . Parler à la façon des enfants gâtés. 



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— 75 — 
Gaiole, s. f . Geôle, cage. 

Toul J' même qu'un perroqut 
J' (c meltrai eu gutole, 
Tappreadra à parler 
Prut dit choaqu' tii parole». 

(Brûle-HiHCHi.] 

GikLAFRE, S. m. Gourmand. 

Galetbdx, s. m. Se ditdu charbon en gnlielte. 

Gauette, s. f. Morceau de charbon de moyenne 

dimeasioQ, entre le gros et le menu. 
Galoche, s. f. Jeu de bouchon. 
Galuriau, s. m.GamiD. 
Galvauder, v. a. Gaspiller. 
Gantois. Hospice fondé par le Gantois Delecambre. 
Gahchonale.s. m. Petit garçon, terme de dédain. 
Garçonnière. Fille quia les allures d'un gardon. 
Gard. Terrain entre deux fossés servant à garder l'entrée 

d'wne ville. 

(RruO'Lavsinnc. — Lexique de Battin.) 

C'est l'origine du nom conservé parlaruedu Gard, 
où était une porte de la ville. 

Gaspiau, s. m. (Voir garchonale.) 

Gatelet, s. m . Petit gâteau qu'on ne fait qu'en temps 
de carnaval . On annonce le défoumemcnt, à son de 
trompe, i la porte des boulangers. 

Tiroux rapporte que les Français crurent à une 
surprise lorsqu'à la première année de leur occu- 
pation ils entendirent ces cornets. 

GADFnE-GOLiGHE , S. f, Gauffc motle, pâtisserie hol- 
landaise . 

Gaule, s. f. Vêtement à manches; camisole de nuil qui 
a retenu ce nom de son origine gauloise. 

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- 76 _ 

Gauoue ou Gaucue, 8, f. Noix. 

Gaoooieb, s. m. Noyer; d'après Ja couUime de Lille 
»lore que les prommrs cl les ehimiers (Hc). el lei 
î«o?o.«rs même des rergers élaient meubles, caleux 
yens, le ja„^,«- isolé, p|„,é d„, ,„ ^J, j , 
ferme, pour protéger se. habilanls oontre lesteui du 
soleil, était réputé immeuble. 

Gavu. PigeoD .à grosse^or^e. 

Ghinse, s. m, Loitbaltu, poiage. 

Je [e fer»! du ghtim 
l'oul comme 4u tébouU. 

GiFPLE, S. f.. Soufflet. 
GiGEAiSTt,,6 i. Femme en couoie, 

^Bioaraa.nl'icn- V çigtanit. 
Ils ODtoDblié retirant. 

IBpiiÈe^aiaon.) 

GiGEiNE, S. f. Gésine. 

Gin, s. m Terme d'amilié pour désignar tm .enfant 
^^Ptugm; singulier ^n usité du ^k c'Stf 

(George Sand. - LaptHU FadttU ) 

G«Gm, S. m. Homme simple, faciie à tromper 
GiKGLEB, V. n . Remuer, s'agiter. 

Do enfant ginglard e.tgUt in dornuoL 
Glaine, s. f. Poule, de gatlina. 
CfcAKn s. m .CWlure àreiatre-voie, porte Kiilléc l.™ 
du Gland était probablement ainsi ferméf 

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Le nom de Gland iluiiné à -celle Xorme de clôture 

provient de l'ornement Uahtluel tjui surmonte les 

moRlants de la grille. 
Glaves (il pleut à). Locution qui répond à eeJlc-ci : il 

pleut des hallebardes ; gla.ve, iegùuiium,g\aïve,épée, 

lance. 
Gloriettk, s. f. Tonnelle qui abrite Ia8 buveurs -dans 

les guinguettes, notamment à la Nouvetle-iventure. 
Glout, adj. Glouton, gulosjis. On dit d'un gourmand : 

c'est une gloute-gueule. Une espèce de poire porte le 

nom de glout-moreeau. 
Godailler, y. n. Se livrer à la bonne clière sans aucune 

mesure . Le mot vient de good aie, bonne bière, qui 

se trouvait surVenseigne de tous les cabarets. 
Godiche, adj. Comique, plaisant. 
GoDw, s. m . 4loltron . 

Ke craignez pofnl. sllubutlro 
Cet godoni, panWB h poli, 
Car QD de nout en raolqualre 



GoGu, adj. Gai, content. 

QoGUHiiu. Mauvnie plaisant ; pierrot .gogueUtse 'Irowe 

dans Rabelais . 
GouRDAiNEs, s. f . pi. Courljnes, riileatn. 
Gourer, v. a. Tromper, allraper, circonvenir. 
GouviON, s. m. Goujon. 
Graissirr, s. m. Épicier. 

GnAUBNT, adv. Syncope pour grandement, beaucoup. 
Grand-Magasin. Bâtiment érigé en 1730 par les états de 

Lille, pour les provisions de grains . 

Il a été abandonné au gouvernement qui 'en a Jail 

une annexe de la>inaauleQtioa. 



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— 78 — 

Un préjugé populaire, dont je n'ai pas cherché à 
vérifier l'eiactitudè, attribue à ce bâtiment butant <le 
fenêtres qu'il y a de jours dans l'année. 

Grkignard, 8. m. Mauvais plaisant; grimacier. On 
appelle greignards d'apothicaire ces tètes grotesques 
qui figurent à la porte des pharmaciens. 

Grbigneh, V. n. Rire en se moquant. Y n' font qu'rire 
et greigner . 

Grifflr, t. a. Égratigner; on dit aussi dégriffer. 

Ghingues, s. f. pi. Cerises noires sucrées. 

Grioleh. (Voir DégrioltT). Grioler a, je crois, la même 
signification, et probablemeiit la même origine que 
fringttler, qui se dit à propos des voitures qu'un pavé 
trop glissant fait dévier à droite et à gauclie du milieu 
de la route. Je vois dans les vers naïfs nllribués au 
fils de Brùle-Maison, sur les conquêtes du roi en 
Flandre, le mot ^rto/er appliqué à une fusée qui part 
en zig-zag : 



Grippette, s. f. Petite fille hargneuse, 
Gboiseillbs, s. f . pt . Groseilles. Notre patois encore ici 
a conservé le mot primitif. 
On lit dans Marot : 

Mais si vous curillez des groyselUt, 
Envoyez-m'en, car pour loutveoir, 
Je iMi» grot, mal) c'est de tous leolr 
Quelque malin mes damof telle*. 

(KonriMU une damo^teUxt perittaÊiit 
d'escrircà leur» ami:) 

GoRLiER, S. m . Bourrelier . 

GouTERSANCE. Hôtel du gouverneur militaire, rue de 
l'Abbiette, aujourd'hui de Tournay. 

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— 79 — 

Grais de sel {porter à), par corruption de grande selle. 
Les porteurs unisseot leurs mains droite et gauche, et 
sur celle selle improvisée s'asseoit l'enfant qui leur 
serre le cou de ses mains libres. 

Ghand-Tourna>t. Partie du canal de la Deûle qui forme 
un arc assez pr-ononcé. C'est l'endroit oii l'on allait 
nager avant l'établissement de l'école dt natation . 

Gringbih (St). Un grognon, qui se plaint sans cesse. 

Gros-Jean, jeu des rues. Gros-Jean poursuit d'abord 
lout seul ses adversaires, à cloclie-pied, toutefois, après 
leur avoir demandé la permission de sortir. Chaque 
prisonnier qu'il fait augmente sa famille; la poursuite 
collective qu'entreprend Gros-Jean avec sa femme et 
ses enfants a lieu en faisant la chaîne par les mains 
réunies. Les adversaires cherolient à briser celte 
chaîne à coups de poing; c'est aussi à conps de poing 
qu'on reconduit à son poste la famille Grug-Jeon 
débandée. 

Gros-Jean peut-il sortir tout seul, ou avec sa 
femme, ou avec ses enfants? — Sorte gueux! est-il 
répondu . 

Gros Mort, s. m. Enterrement solennelavecdislribulioti 
de pain aux pauvres. 

Su' l'i lui'j paraiis's cha va incor, 
On a IM la t«mp> un groi mon. 

(Dwrounsoaui. — Ckoittcet Thràellc.) 

Grouaqes, s . m . pi . Escarbilles . 

Groulkr. Grouiller, de crôler, remuer; on dit que le 

yeaire grottle, quand il est travaillé de borborygmes. 
Gruau, s. m. Gros nuage noir qui se fond en pluie; 

giboulée, averse, grain . Esl-il éclaire d'un pàtc rayon.' 

on dit vulgairement : Voilà un gruau qui se chauffe 

au soleil . 



t.C.oogIc — 



GuERNATES, 8 . f . pi . V'ià des beliées gueriiatcs ! cri (les 
miirclianiiesdecrevetlfs; du flamand gemaerds, dont 
les Qiimands de France onl fait grenades . 

(D« Bertrand. — .Volirs fur Zuydeooli.) 

GuERNONS, S. m. pi. Crocs, moustaches de clial. 

Il porlallniif paire ili' muuitachei d'une Intiguear ilénirtorie. 
Ces (lusmoni étalent il'unc rsideiir'f lr«nge ei |iru ruurnis, de 
iurle qu'uD ne murail mleui les di'ptindre qu'en rnpiiel.inl ceux 
d'un cbat eo colère. 

(DeriMla. - Fanitlr rVMUnmne.) 

GuGEiNOTEn, V. n. Palpiter, frissonaer; en terme de 
cuisine, bouillira petit bouillon. 

GuERNU, E, adj. Grenu, plein de grains . 

GuERTiEB, 8. m. Jarretière. 

Guet, s. m. Agent de police municipale. 

Giii, GÉE, s. f. Levore de bière. 

GuiLEB, T. n. Se dit d'un liquide épais qui s'écliappe 
insensiblement par une fissure. On voit gniier du 
vase l'huile, la mélasse, le miel. 

Guise (Jeu de) . La guise est un petit bàloii aminci à ses 
deu\ extrémités qu'on pose sur un pavé, et qu'on fait 
sauter bien loin en frappant l'un des bonis avec 
un bàlon plus long. Le jeu consiste principalement à 
lancer la guise dans une direction, ou à une distance 
qui ne permettra pas à l'adversaire de la recevoir. 

GoiTERNE, s. f. Guitare. 

Il existe à Lille une cour Guilerne, étroit passage 
qui conduit de ia place Saint-Marlin à lu rue Saint- 
Jacques. 

J'ignore l'origine du nom bamionicux donné à ce 
cloaque qui, dans aucun Icmps, n'a pu être propice 
aux sérciiiides espagnoles. 

Digilizcdt^GoOgle 



— 81 — 

, Il tul, en 1789, le 8 avni), le théâtre d'un meurtre 
commis sur deux soldats de Boyal-Vaisseau et de la 
Couronne, par des chasseurs de Normandie . 

(Victor Derodc. - HItt. dt Lille, III, 10.) 

Gcive. s. f. Figure difforme . En latin, wifa, guife; signe 
matériel de prise de possession d'un objet; cachet 
apposé, d'où est venu le mot griffe, signature sléréo- 
typée. 

Gykie, s. f. du grec, ■yvfaf, tour. Faire des gyries, c'est 
De pas aller directement au but , employer des 
manières. Oyrer, de gyrere , tourner, est dans 
Rabelais. 



Habile, adj. S'emploie dans le sens de prompt. Un 
homme habile est moins un homme capable qu'un 
homme expéditif. Pour presser quelqu'un d'agir on 
crie: Habile! habite! 

Halbran, s. m. Maladroit; homme qui n'a pas plus de 
cervelle qu'un jeune canard . 

Halles, s. f. pi. Passage ainsi appelé, non parce qu'il 
conduit au marché aux poissons, mais parce qu'il est 
sur l'emplacement de l'ancien échevinage, le forum 
lillois. 

Ballot, s. m. Saule, adonné son nom à la rue de la 
Uallolcrie. 

Happe, s. f. Hache. Terrain m happe. Cette loeulion 
se trouve dans tous les vieux litres. 

Haqve 1 Exclamation de dégoùl ; pour cacaque. 

D,g,l.2cd|v,G00glc 



— 85 - 
Hard, se, adj. Pour hardi, ie. 



HAtiDil Exclamation pour encourager. 

Harna, s. m. Appareil pour le lissage. 

Haton, s. m. Echoppe, sorte de tente soutenue perdes 
piquets, où l'on étale des marchandises de peu de 
valeur. C'est, suivant Le Ditchat, une conlraclio» 
de habiiloD, habit. En français, hailloo est une bar- 
raque d'ardoisier, (Nap. Landais); c'est du mauvais 
état des toiles qui flottent au vent que vient le mot 
baillons, vêtements déchirés. 



Hatube, s.f. Haie. 

HiMEGR,s. f. Pour humeur. 

HOBKTTE, S. f. Petit bâtiment, annexe A'un moulin à 

tordre huile. 
On appelait ainsi le corps de garde établi en 1 866 

sur le cimetière Sl-Pierre, pour protéger le chapitre 

contre les attaques des Gueux. 

(HAntucTit de lu bitttioUi.) 

HocHBPOT, s.m . Sorte de ragoût très-esti'mé des Lillois; 
c'est du bœuf bouilli accommodé aux carottes. 

Ce mot vient de kolchpoch que le Glossîùre de 
Ducange définit ainsi : 

Condimentitm quoi in oUâ pturibHs carnibus et 
escis invicem misiis et confusii eon/icilur. 

D:,-:c.Jt, Google 



— 83 — 
HocHBNNOiRE, s. m. BerceBU . 

S'mèr' l'a mii Uini s'n'oekennotrt. 

(OosrouMeaui. — L'Cancloo d.>niiiiirf.) 

Ce mol vienldehocher, balancer, remuer, comme 
hoche-queue, bergeronnette, petit oiseau qui agilo 
toujours la queue . 

BoLE, 6. f. HuilCj d'o/eum. 

EoNAiNE. s. f. Chenille. Il y a à Lille la rue des Sept* 
Honaines. 

HouPBTTE, H. f. Petite houpe; un' bieW houpelte! excla- 
mation de dédain. 

HouRDAGB, 9. m . Appareil pour la construction des bâti- 
ments; de l'allemand hourd, échafiiud . 

HoL'SKAiix, s. m. pi. Espèces de guêtres pour garantir 
le bas des pantalons; de l'allemand houser, botler. 

Housse, s. f. Faire housse, lutter. 

Pour (aire ftouiie avec noa bourbons. 



Un ['j a raconté 

Qae l' remmF ralgeot kovit» 

A boire du caté. 

{ClnnuiDinrle). BuiKUiti ikcali.} 

Huis. Porte, d'où huissier, du latin osfium. 
J'eiilendis biiquer il m' Aui. 

(Drùlc-Huison. - UUlKhii ic Jcaifl^ouil. 

HuvETTB, S. r. Bonnet de nuit ; du vîeuiL latin eufa, 
coiCTe, par aspiration Aw/a. 



D,g,l.2cd|v, Google 



biBOHGNEUX, s. m. Maladroit. 
lNcmNQUEii{s'), V. p. El re engrené, empêlré. 



Qi 



'A'I 



iNDULdENCEs, S. f. pi . (Voycz paîHperbôles . ) 
Induque, s. f. ÉducalioD. On dit indifféremment: avoir 
d' l'irtduque ou avoir d' l'école. 

Mtn pire alon, qoi s d' t'hole. 



Ikfant, s, m. Enfant, infans. 
Infileu, V. a. Atlrapper, engueuser. 
Infilurk, s, f. Manière de faire. 



iNFonctitÉ (être). Etre forcé, en périi ; faire des eflorls 
pour se tirer d'un mauvais pas. 

Le ro), qui le vil en dur paril el trop efforci it ta eiiDemlJ, 
demanda en regardant le ebevalier : A qui me rendral-Je 1 

[Frotsiard — BatalUe ie Poilkii'] 

Inguer. Viser, chercher à atteindre. Ce mot ne me paraît 
pas tirer son origine soit de in(]uirere, comme le 
pense M . Escallicr, soit de ankanare, suivant l'opinion 
de M. Le Glay; je crois qu'il provient plutôt de 



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- 85 — 

aguiiare, d'où agupl. insidias struere, d'après Du- 
cange. On troave dans Rabelais indaguer pour 
chercher, /n^uer pourrait venir de ce demin- mol par 
syncope . 

l>NocHBNt. (nnocenl, coflserre dans le patois le sens 
étymologique d'inoiïensjf. 

InSiPiDB, ai\i< S'emploie pour insupportable, coftimc 
indigne . 

Intendance. Ancien hdtel de l'intendance générale rue 
Royale; il fui afTecté par Napoléon au service (le la 
division militaire, malgré les réclamations d6 la ville . 
C'est iâ que mourut, dans l'exercice de ses fonctions, 
le lieutenant-géDéral marquis de Jumîlhac. 

La Préfecture y fut transférée sous M, de Mural. 



Jacotin, s. m. SortedeOBpot. 

Jappe, s. f . Avoir une bonne jappe, parler beaucoup et 
facilement . 

La Jappe est le nom d'un hameau de Fâches, dont 
le nom prèle au calembourg, comme celui de la Com- 
mune métropole. 

Les gens de LaJiippi?passentpourparler beaucoup, 
et ceu2 de Fâches pour prendre facilement la mouche. 

Jacquart Cloche de la retraite, ainsi appelée du nom 
d'un comitllssaire de police vigilant, v'ia Jacquart qai 
sonne : 

Va a'tfilead pa» sonner Jacquarl . 

IHeniiSii.- ftiwelElloiicilciKiô.) 

Jeûner, t. n. Faircdesjeunes^ mettre bas. 

D,g,l.2cd|v,G00gk' 



— 86 - 

Jo, de to. Cri de Irioinphc des anciens, d'où le mot 

joie. 

Jo .' men père est rô ! crie l'cnfanl, dont le père , 

habile lireur, a eu le prix de l'arc . 
JofiiiE, 8. m. Abrévialion de Jobard. Joblin, pour 

nigaud, est dans Rabelais, 
JoNNB, adj. Jenne; «n virus jonne homme pour un 

célibataire. 
Je retrouve le moi jonesse pour jeunesse dans une 

lettre écrite à la reine de Hongrie par le bailli de 

Botiasu, à l'occasion du siège de Metz. 

« y eutt plusieurs prisonniers |<rin<, ksi)iivls mainleniirnl 
« qu'il y avait deil«ns bult mil honiDifS c( K^ndc jonetie 
R vl noblesse de Friuce. n 

[Gscliord. — Dacunieiili «ir tliurlt»- ««"'■) 

Juoujus. Renversé, à terre. 

I.'tmt i'eii|>ar[ el le curps jai ehiet. 

(Botn. d« Gonn.l 

On dit queweju ou ruer ju, pour tomber à terre, 
cl jeter à lerrc. 

Le duc d'Avrée, de che co Ik, 
Il a queu j'u de sin que^a. 

IBrûlb^atBOn. — Mari dn duc i'Harri.] 

Ne ro'aianchu nrn, min dîalr, 
J' le rumi/u. 

(Orûle-Mdson.) 

Cette locution- a fourni à Rabelais l'occasion d'un 
jeu de mots assez pKiisanl : 

Je croy que eest le propre monstre marin qui feut jadii des- 
tiné paurd^Torer AndromË<la.Nou«somnies tous perduz,o que 
IHiur l'occire présentem'nt Teust Icy quelque vaillant Ptrt^in. 
l'trcé («» fit mut sera responiJist Pantagruel. 

(Lit. IV, ctif. XXSIU-I 



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Ju, suivant M, Desrousseaux, fterailemployécommc 
participe pnssé du verbe choir, tomber; p^ Iransfor- 
matioD'lu ckeoj. 

Nous croyoDs que c'est là une erreur qu'établissent 
suffisamment les exemples rapportés plus haut, où le 
motju se trouve à côté des mots chiel et queu, temps 
du verbe choir, cadere. 

Ju ou jus, dans le sens de renversé, est le parti- 
cipe passé d'un vieux verbe dont il ne reste plus 
guère qu'un lugubre indicatifà la troisième personne. 
Le verbe gésir, d'où provient ci-gît . 

En ce) lermiDC si avint ao grant damage en CoDstoDlinopIc - 
que li caeDS Hues de sain Pol qui afail longnement gta d'une 
iiialadie de goie flna el morul. 

(Viiidh.-*».) 

Ju», pris avrc l'acception adverbiale pour dessous, 
à terre, par opposition à sus qui a la signification 
dessus, debout, en haut, dériverait, suivant M. Ampère, 
du latin deorsum — de-vorsum, deverto, qui devint 
bientôt deosum, josum,jumm, jus . 

Jus signifie aussi à ras. 



El parla même KDlenee 11 fut ordoond que cbacun luraU 
\n cbeveux «ifti loul jui. 

(Relalùn (Tun dul judiciaire d Kulsncienrwt ta 1155.} 

JuETTB, S. f. Un homme ou une femme qui joue mal. 
JuEux, adj. Joueur d'instruments. 
JoPON.s. m. de l'allemand ^oppe. Jupe de femme. 
On appelait ainsi autrefois les vêtements d'homme. 

Quand Derlrand enirndll que le dui le niauda. 

Il a dit au héraul qu'atec 1j, ira, 

Tanlost avccques lui il t'ostel le mena 

irn bon gippon de soie en l'eure lui donna. 



D,g,l.2cd|v, Google 



- 88 — 

On donne cncorf! le nom de jupon à l'htibil- veste 
que portent les hommes de In campagne. 

Nous retrouvons ce mot appliqué à un vêlement 
masculin, dans Molière: 



Rabelais appelle veau engeponné un veau en robe 
de docteur. 
Joo«ER, V. n. Chômer, suspendre son trivail. 



Karhlsse, s. f. pour kermesse (voyez Dueatse). 
Krabne. Grue qui sert, au port, à décharger les mar- 
chandises des bateaux : du grec ■} ifo-vot. 



Lachoirr, s. f. Tricoteuse. 

J'dccosic eiiD' vieil)' taekoire 

l\)esroaaeB\Èt.— VuleUe.) 

Laidoux, ouze. Homme ou femme d'une figure peu ave- 
nante . 

Laignb, s. m. Bois; de Hgnum. 

Laigiie d'escartelage, bois fendu en plusieurs 
quartiers. 

Aiiis, P'iur cuire \Ml bra»in ri jmur bratl'ier le grain, unfi 
crnl eldoiii) qaatlroa dtlaigneittitartilageh LU loliiiGteDl. 

(Experliit du <U decembie ISIS, Entre lu Eclmin/ cl la 
Arawiiir» /Ir l.itb-) 



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Lainehon,s. 11). Lange d'enfant. C'est aussi le nom <l'une 
cloche appelée lameron par corruption de min'ron, 
vigneron, eabarelier. 

\voul' toithcr l'iainerott. 

(benoasiedm.— L'Ivrogne el u frrame,] 

Voir l'art. 5 de l'ordonnimce du 7 juillet 1742 sur 
le feu de Meschef. 

Voir aussi les comptes de Vhôlel de ville de 
Be'tkune où il est question de la palette de ia cluclie 
du vigneron. 

M. Deroile cite la cloche, nommée le vigneron, qui 
sonnait tous les jours la retraite . 

On n'a pas oublié, d'ailleurs, que, dans le moyen 
âge de notre histoire locale, il se consommait à Lille 
plus de vin que de bière. 

En 1356, l'impôt des vins rapportait 5,878 livres, 
7 sols, 6 deniers. 

Celui de la bière seulement 4,298 livres, 13 solsj 
9 deniers. 
Lala [le château de madame). Jeu des rues. La châ- 
telaine est sur le trottoir el cherche à saisir les petites 
filles qui courent sur son terrain, en chantant '■ Au 
châleaa de madame Lala. 
Langrcux, adj. Contraction pour langoureus. 



C'est ainsi que s' exprime Jacques De Cotttgnies dans 
ses vers naïfs, en parlant du maréchal de Saxe qui 
nccompagnait à Lille, en mars 1746, le roi Louis XV, 
marchant sur Fonlenoy. 

Il se dit aussi d'un enfant maladif. 



D,g,l.2cd|v,G00glc '" ■ 



- 90 - 

Lapitb, pour lapiJé ou lapithe : fait comme tin lapiie, 
c'est être dans le misérable état ou l'on se trouve, soit 
après une lapidation, soit après un combat avec les 
centaures. 

Lahi avec un r se prend dans le sens de galté, kiloritat . 

Che udd' grau' maml 
Qui entend ben Tlari, 
Et quand ttaeti sérieai 
EH' l'cnlend cncor nileui. 

(Br4Ja-Hi<Mn.- LeBuikfK.) 

Larnesse, adj. Contraction pour larronnesse, voleuse. 
Penic-la que flrals étrt ktmeti» ? 

(Drùle MaboD.] 

Labri, S. m. Désordre, pèle-mële d'ameublement. Du 
celtique larris, terre inculte, Larricivm en basse 
latinité. 

Fnncola etulolanl ntalnie lelve, 
Se vont logier tous Hong en PelTe, 
Toal au lonc d'un lurrfi laarage 
Plein de fuaiei, piét <\e boicsge. 

(Gnill. Galint.~ Branche tbi n>f*iaUtnagti.) 

LÈBouLiiS. m. Lait bouilli; bouillie 

Leburé, s. m. Lait de beurre, lait battu. 

Lesquin [moulin de). Moulin célèbre par le préjugé qui 

lui attribue la propriété de frapper de folie ceux, qu'il 

atteint de son aile. 
On dit d'un homme timbré .- il a passé sous le 

moulin de Lesquin . 
Leurre, s, f. Trompeuse. 

Te v'Ia rerenu donc bielle [aurrsf 

(Hiùle-SiDiNn.- l'utfiiilfe plaiiame.) 



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C'est un vieux substantif qui vient du latin latua, 
flanc, côté. 

Employé comme préposition, il signifie à cdlé : 
la Madeleine ^»'Lille, pour à cAté de Lille. 

Lez-à-lex, pour câteàcôte, se trouve dans les vieux 
auteurs. 



t lempero: 



LiACHE, s. m. Lac, lâche, lacet 



Lille (l'île). Nom que le peuple a spécialement conserve 
à la cour Gilson, quartier situé dans un Ilot qui fut le 
berceau de la cité et qui lui fournit son nom. 



LiKCHEUx, s.m. Pour draps de lit et linceul. 

Liste, s. f. Lisière, de lista, basse latinité. 

Liston, s. m. Bande, ruban qui serre la ceinture de In 

culotte. 
Lomuelet. Etablissement d'aliénés situé à Lommelet , 

bamcau de Marquette. 

Un cabaret du village porte pour enseigne tm 

Ifommelaid. 
Loubard, s ra. Nom conservé au mont de piété. Cette 

institution est originaire delalx>mbardie. 



D,g,i.2cdiv, Google 



- 92 - 

La rue des Lombards esl ainsi nppeiée d'un 

élaNissemeot de prêts sur gages qui s'y trouvait 

atilrefuis. 
Loque, s. f. Chiffon, d'où déloqueté, déguenillé. 
LosTE, s. m. Espiègle, hurluberlu. 
Lot, s. m. Double litre. 
Louche, s. f . Cuiller à pot, appelée aussi œil ; cuiller de 

bois pour manger le potage. 
Louche. La Housse (place de), dans le quartier S'-Sau- 

veur, où se tient un marché. 
Ce nom provient du vieux français ousche, olca. 

olcha, défini par Ducange « une portion de terre 

arable entourée de fossés ou de haies. » 
Tel était probablement l'état ancien de la place de 

la Housse. 

A» marqué (f^niieAt an jour Thrln<^lie, 
Hanhaiido' ua piiniiier il'angDuns. 

(DeiroiUMnui. — OmùwelTlIriMHe.) 



LoL'CHET, S. m. Bêche. On norome ainsi le cabaret, avant- 
dernière station des blasés; la dernière est Vassom- 
moir . 

LozARD, s. m. Lézard. 

LozAHO, DE, adj. Paresseux, se. 

LuiJEAU, s. m. Luiseau, cercueil; du vieux françiirs 
luseau (fereirum); iuseau vient du latin locuUus ou 
locellus- (Ducange). 

LuMBR,v. a. Allumer. 

LuMEROTE, s. r. Petile lumière, feu follet, 

LusoT, TEj adj. Espèce de Dàneurquî perd beaucoup de 
temps sur lis moindres choses (Brun-Lavainne); de 
ludere, jouer 



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MABKi, adj. au féminin mabresse. Qui a eu la petite 
vérole, les poquMes; marbré, nuancé, grêlé. Le 
peuple dit volontiers des individus, devenus de plus en 
plusrares.qui ont conservé les traces de la petite vérole, 
qu'ils ont été vacfinéi avec twie écumelte, ou qu'ils 
sont tombés le visage sur des petits pois. 

Il y a un proverbe lillois, très-consolanl pour ceux 
qu'afflige la petite vérole, qui dit : Un biau mabré 
n'est jamais laid. 

Magaus, roux. Blé macaux. blé roux. 

Che Tolirqucnuois 

\i»H pour tes (nuris prendre 

Dn biau eilmaeot. 

(Brûle^aiioiL— le Coaton pani.J 



(Arrête de la malria de Lille du S octobre IHU.) 

Macaveulr, adj . A moitié aveugle. 

Macuiiqué, adj. Frappé, battu comme avec une massue. 

Macbuxé, adj. Noirci de suie ou de charbon, contu- 
sionné, meurtri. Il est dans Rabelais. 

Madouiller, V . a . Tripoter avec les mains; Il diffère de 
cafouiller en ce sens que ce dernier mol s'applique 
plutôt au dedans qu'au dehors des choses. 

Maflant, adj. Ennuyeux. M. Desrousseaux a fait une 
chanson sur les maflants. 

Je n'ai trouvé ce mol dans aucun recueil ancien . 



Maflu, adj. Grasse, ma/lue et rebondie; ces synonymes 
que je trouve dans La FoDtaiae sont en rapport avec 
la significalion lilloise du mot ma/lu. 

Det bi«llu tarit) lochn, 
Maflvs'i i tohMt^. 

(BrùlB-XaiMn.) 

Magemeut, adv . Méchamment. 

Maguette, s. f . Chèvre, biçue, et non bicbe. 

Maie, adj . Mage, méchant, de magus. 



Maladie jaquette. Mal sans impOTtance. indispoeîlion 

d'un homme qui s'écoute trop. 
Malva. Un enfant tout malta est un enfant mal portani, 

qui se développe mal. 

Icbi ch'csl grand queva. 
Vicas Midal malva, 

(DcsnHiueaai. — CwiaMNitilMtM.) 

Mamklot. Endormi. 
Mande, s. f. Manne, ptanier, bance. 
Manoquevs, adJ. Hmnme eserçaiil plusieurs états. 
Crispin, des Folies amoureuses. 

Qui tiXt toai les oiélferi d'après te nabire), 

est uu moHoqueux . 
Manmée, s. f. Partie de blé portée au meunier. 
Manquer, v. n . Bilboquet déûnii parfaitement ce qti'oD 

doit enlcndre par ue mot qui, daos le patois plus 

D:,-:c.Jt, Google 



relevé de la bourgeoisie de Lille, signifie : faire 
faillile. 

Cabochard «1 en déconfllurr, II • manqui. 

AtALA, 

De combien manqveH'il? 

■ILBOQDBT. 

Il mauqtu de loul... el lereiie eit pour tei créancier*. 

MANUEt, pour Emmanuel. Nom d'une cloche de la 
paroisse Saint-Etienne; avant la révolution c'était la 
cloche du beffroi . 

Quand nous étions petits enfants, les sons joyeux 
de Manuel, revenant de Romr, nous conviait, le 
Samedi'Saint, à la recherche des osufs de Pâ<]ues, 
soigneusement cachés soug les livres de la bibliothèque 
paternelle, et sur tes arbustes du jardin . 

Un tTolt mis un' toagne cordlelle, 
Sllot qu'on a oujt Uaniut; 
Cn a mis ITu à nnne fuiée. 

(ItnaaVi.) 

Maqua, s. m. On dit d'une femme bornée : un gros 

maqua. 
Maquiller, v . o . Cracher à petits coups . 
Maraille, s. f. Pour marmaille. Le mot s'applique 

cependant à un enfant pria isolément. 
Mardoché, adj. Affligé, meurtri. 
Marêk, 8. f. Ce qu'un fermier apporte au marché au\ 

grains. 
Mariolle, adj. Malin, rusé. 
Marooulette, s. f. Figure grotesque. 
Margouli>, s. m. Voyageur de commerce de bus 

étage. 



D,g,l.2cd|v,G00glc 



- 96 - 

Mabiage, ()ru de); on a un mariage quand on réunit 
dans ses cartes le roi et la dame de la même couleur^ 
on marque deux jeux quand on a le beau mariage, 
c'esl-à-iîire le roi et la dame de la couleur de la 
retourne. Quandon voit deun époux bien unis on dit: 
marquRx deux jeux, voilà le beau mariage. 

MiRiCHAU, s. m. Maréclial. 

Si l'avog TU Vmarithaa 
Courir drrrlère nprés cbe ilnu. 

(Hrûlf-StiBon.— l'ack< « non. ) 

On vend aux durasses un jouet dit des mariekaux, 
lequel consiste en deux bons hommes de bois, gros- 
sièrement peinturés, et frappant allernativement du 
marteau surune enclume. 

Marjoler, V. a. Engeoler, engueuser. 

Marotte, b. f. Poupée. 

EhoD, i;rand« loite 
Qui Joue encore i l'maro(I«r 

(L(KDti«i liJloin.) 

Maronne, s. f. Culotte; vêlement mâle, démo*. 

SI les mannn't queU', mels des berlielle>. 

(VI«iUe cbniHon.) 

Marron, adj . (être) . Être trompé. 
Mastelle, s. f. Sorte de gâteau plat, à l'anis. 

Chei mura l'écartitlleot. 
Tout romme an' matUlt», 
Quind un tape deiiai. 

(Rrùle-Haiaon. —DénwiiUaii de Menia.) 

Maovaishté, s. f. Vieux mot pour méchanceté. 

Or, Ti>y-je bi«D que la maulvaiitét <t« feinmfs Burmonlera 
crlle dci bummes. 

{Dialogue )•' du Cynitialiun nniRdi.) 



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— 97 — 

Masse, s. f. (jouer àla). Il y a la masse à /'être qui 
consiste à se tenir en faction près d'un bouchon que 
Ion doit relever, chaque fois qu'il est ahatUi par les 
palets des joueurs, jusqu'à ce qu'on ait .saisi un mala- 
droit, le palet levé, et \a.maise à porter à blo; dans 
ce dernier jeu, celui qui a renversé le bouchon s'éloigne 
à reculons, et le patient doit relever le même bouchon, 
et poursuivre le fuyard qu'il rapporte sur son dos 
jusqu'au point de départ. 

Mat, Mate, adj. Fatigué, sans force; de l'allomand 
matte; peut-être du grec fiAmiv, dompter; se dit en 
français d'une couleur sans éclat. 



Maton, s. m. On appelait ainsi autrefois le lait caillé. 
On donne le nom de maton à une substance qui se 
forme quand la bière se décompose. 
An roDd lu maiùia j soot. 

(Proferbo mrois.) 

MËCODLE, S. m. Poltron. 
Menbtte, s. f. Cuvelle. 
Menoules, s. f. pi. Bagatelles. 
MEQVAinE, s. f. Servante. 

On disait autrefois mescin d'un jeune garçon et 
meseine d'une jeune fille. 

Suivant les conditions sociales, jeune homme, 
garçon, fille, se prennent encore dans le sens de 
commis, domestique, servante. 



HApilal des Harihes, pour buîl [uiiivres femmes svei 
miêchint Hroote. 

(ManuKril nir les TomlBiioii) charliolildi d* Lille. - 



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Mettrf, (se) . S'asseoir ; ne s'emploie guère qu'à l'impé- 
ratif : meltez-vous, pour assey ex -vous . 

Mets. a. f. Huche à pétrir le pain. 

Meulb, s. r. de moles, masse ; amas de gerbes de blé 
ou d'autres avëlies symétriquement écbafnudécs sur 
le champ môme où elles ont été recollées. 

MÉTiER'HAiTE (jouerà). C'est lejeu des métiers en action. 
La société se divise en deux baudes dont l'une exerce, 
et l'aulredevine. 
Le dialogue suivant précède inTariablêment l'action : 

— Bonjour maile ! 

— Qaea métier qu' TOM faitciT 

— Le métier de twinaller, vont rvcrrez quKnd j l'ra tAlt. 

Ml, pr. Moi; au datif, c'est une contraction de mihi. 
Quand on est familier avec une personne, on est 
avec elle à ii et à mi. 

Mie, employée comme particule dubitative et négative 
dans ce sens : je n'en veux mtF, est le substantif mie, 
mie de pain, exprimant l'idée de peu de choses, comme 
un pas, passus, un point, punctum, qui, de sub- 
slanlifs, sont aussi réduits, par la dérivation de notre 
langue, à l'emploi de particules négatives. 

MiER, V. a. Contraction, pour manger. 

Il Taul mettre dra habllt noir*, 

Miir noir et q Dolr, 

No duc d'Af i^e est morl. 

{DeuHdea Tourquennois-] 

Minable, adj . De mauvaise apparence. 

MiNGK, du flamand myncken .- diminuer. Lieu où l'on 
adjuge, au rabais, les poissons frais . Le lot est obtenu 
par la marchande qui interrompt, la première, la série 
descendante des prix, en criant : mynek. 



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— 99 - 
Mine, s. f. Mile, insecle. 
MiNOu, s. ni . Chat ; toute espèce de fourrure. 

Du minou d'vsnl et derrière. 

(Ilrùl»)laiian. — Brattettc.) 

MlTA^, s. m.CeDlrc, milieu. Ce mot est, suivant Ducange, 
une coDiraclion de medietaneusi M . Escâllier le fait 
dériver de medio sians . 

Mode (à ma), locul. A mon avis. Selon moi. 

J'ii dis, farceui' rh'esl polnl de l'riaDle, 
A ro' miHl' que cbeil du cabillau. 

(Ch. DecDiUgniu.— ViamktMa^ÀménipiL-.) 

Moïse, adj. Pour moite, humide. 

Mo» . Syncope pour maison ; je vais à mon Dubois, pour 

à la maison Dubois. 
Monteuse de modes, s. f . Marchande de modes. 
Montre, s. f. Comptoir de chêne ou de noyer qui garnit 

toutes les boutiques, et derrière lequel se tiennent les 

marchands pour étaler les ariiclex de leur commerce. 
MoRDREun, s. m. Assassin, meurtrier; de mordrum, 

meurtre, basse latinité. 
MonEAu, cheval de couleur de mure, morellus. llya à 

Lille une rueduNoir-Moreau, ainsi nommée d'une 

enseigne. 
MoHGUES, s. f . pi . Grimaces ; mauvaises façons. 



MouGHOiN, s. m. Moineau; du vieux français moisson, 
moissonneti et par syncope, moisnef, d'où moineau. 



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- 100 — 

MoubHE, V. a. Traire, moudre les vaches; du lalin, 

mulgere. 
MooKPLE, B. f . Gros gant fourré ; recevoir ta mouffle», 

èlre congédié. 
On dit Dolanimenl d'un amoureux, éconduit : il a 

reçu set mou f fies. 

Mi \e ït' »t polnr cDCore pourquoi. 
Quf cbf garchnn ■ eu letmoulflei. 

(F. F. — Marlaliemangii^deChambala.j 

MouLET, 8. m. Coquillage, escai^ot, petite moule. 
MouHHOULETTB, 9. f. Grossc iDOUIe, cracliat. 

Elle a le* reoi fendug, 
LargM comm' on' mourmoulttli. 

(BriAe-Uataou. — PerlTaililt la Piite ànarùr.) 

Mousse, s. f.Moue, àtmusel, mouset, museau ; faire la 
mouste, bouder. 

Saoi nom Tair' U motitu j répond. 
Pour cbiu qu'eir vaut pernez m'uDclion. 

(DcBraDHcBUi.— U trai CdrcAon iHrate.) 



MoussET, S. m. Mousse végétale. 

En ISOl en allouait quatre soui i Biiifl Pnmurd pour Ici 
deiii Jours qn'ti arail ptnit à liier quérir du tnoutiet au boJi 
deBariin. 

(DeLalOiHlIéitcocq.— jtrffilef du nord rie la Fraaee.) 

MousTAFiA, S. m. Emmout taché; Mustapha, personnage 
turc. 

BtiatI cheli li. 
Aveiiqu* tet mousiicbn de cal, 

l.'moailafia, 
Uaot l'pnriao m'eDlrilua. 



t'iimp itr.jtu'iug.) 

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— lOi — 

MouTBE, S. r. Montre, échantillon. 

AlooTETER, V n. Faire un mouvement, movere, s'emploie 
plus fréquemment dans le sens négatif : il n'ose pat 
mouveler, 

MocTUR, s. m. Sournois. C'est, je crois, le nom popu- 
laire d'nn oiseau. 

MoTE, MoïETTE, S. f. Grande et petite meule. 

On all.i aui bois lolnlalns et prrichaint et commença') -on i 
figoter à grand' pleolé, et a|i|ior[er cl aargei sut let tatUi, cl 
là Taire mofe« pour plus ébahir cili de U giriilsun. 

(Frobs»rd. — Sidga itàadenariit.) 

MouzoN, s. m. Qui fait In mousse (moue); grondeur 

d'habitude. 
MucHRR, V. a. Cacher; de musser, mucen bas lalin, 

mustare, lequel pourrait bien dériver du grec ftux*'v, 

cacher. 



Les soldats appellent musette un petit sac en dehors 
dq leur équipement. 

Une rue de Paris, où l'on reléguait autrefois les filles 
perdues, portait le nom de Puie-y-Mv-sse . Elle est 
devenue, par corruption, la me du Peiit-Musc. 

Les enfants qui, en jouant à mucher, cherchent 
leur camaradii, chantent en cliœur ; 



i\. Ëscallier donne pour origine à ee mol le latin 
mua, rai, souris, taupe. 
MuCHETTE, s. f. Cachette, 
Much'tin pot (en), adv. En cachellc. 



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MuGOT. S. m. Pourmagol ; argent caché . 

Le patois mugot rst plus étymologique que l'ex- 
pressioD fratiçaise. 



Il n'7 a qu'mi el l'holPïie 

<iiï\ Mil qa'J'al min mu^ot 

Sureb' l'hillct. 

(flrtle-MaLion — UT(„,,„ 
ri^Hraahaiilifuii arbre.) 



Mdot, s. m. Muel. 



Nacoue, s. f. Emanation qui frappe désagréablement 
l'odonil. 

Queulnacqw! dit un Lillois, en passant devant 
une boutique de fromage. 

Nacqut se prend aussi dans le sens de flair, nez. 



Nactieux. adj. Degoùlé, qui a delà répugnance à 
manger certaines choses, ou avec cerlaincs gens . 

- Le GarcftAR iHffiMê.] 

Ce mot a la même origine que les précédents, nasum, 
nez; peut-être vient-il de nactus, parlicipe de 
nanciscor. Le nactieux trouve trop facilement les 
objets qui le dégoûtent. 

Nageoires, s. f. pi. Larges favoris. 

HE^, particule négalive ne, suivie de la consonne n 
employée euphoniqucmcnt. 



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— 10Ô - 

NicDouiLLE, S. m. Jucriftse, bêla. 

NiEULLB, s. f. Pnin d'Iioslie. 

Niqur-Naque (faire), loc. Se dit des fripiers qui, après 
s'être entendus dans les venics publiques d'obji'ls 
mobiliers, pour nepasse démonter, partagent ensuite 
entre eux les bénéfices. 

Le jeu de nicgue et nocque figure parmi les amu- 
sements de Gargantua. 

NoBiuAU, s. m. Petit noble; liobcrenu. 

Noble-Tour. Vieille constniction, sitnée sur le rempart 
â gauche de la porte de Paris ; on la considère comme 
un reste des premières fortifications de Lille. 

Aucun document, jusqu'ici, n'a purenseignerl'nr- 
chéologuesurl'origine du nom pompeux qu'aconserïc 
cette tour qui serlde magasin à poudre. 

Noble-Épink, s. f. Aubépine. 

Nom-Jeté. Sobriquet. 

NoQUE, s. f. Auge pour les porcs. 

NoQUÈRE, s. f. Nochère, canal qui descend à terre les 
eaux pluviales retenues au bord du toit par la 
gouttière. 

D'après l'ancienne coutume de Lille, l'eau pouvait 
découler des toits directement sur terre et non par 
Dochère. 

CoajIuiDF cil, f[ usages en chesie ville que eiuwe puel Kair i 

«uiile li^re de gouliere de couvrelure emi plue ei non mie de 

noe, nedeiilpc (le plomb, ne de bi»aeconve[ieDijhenele|Hifle. 

(Holain. — U capiUei ia iretagei, M> XI.) 

Chsqu' noquère aan l'candelièie. 

[DwruusiGiui. — PrMiclKin de l'.Jrmcia.) 

NoQDET, s.m. Cadenas. 

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Niiu FÉ, noD fnil; je n'ai pas fait. 



Nou fait psl pour la négation, ce que» fait est 
pour l'affirmation. 
NoiwABT. Nulle pari. 
NvNU, s. m. Homme àpclilesidées. 

Ce mot est pris aussi dans le sens de bagatelles. 

Pierrot <iuoiche que le ni'rnront'ruis. 
Des nwnut, des lODconles. 

(Pitmt et liargel.J 



Oeuillabde, «. f. Trace d'un coup à l'œil : œil au beurre 
noir. 

Oliette, s. f . Sorte de pavot, qui produit une graine 
servant à faire de l'huile. Nous préférons celte ortho- 
graphe plus étymologique [okum], bien qu'on écrive 
Hans le pays cdUeite. sans doute à cause de la ressem- 
blance de la Deur avec l'œillet. 

Oi.iEVti, s m. Ouvrier travaillant aux moulins à tordre 
huile. 

OpÉii.\, s m. C'est un ope'ra, se dit à propos d'une chose 
qui présente quelqu'embarras. 

Être à l'opéra, c'est se trouver dans l'obscurité par 
lit maladresse d'un mouclieur de chandelle. 

OsoiR . V. a . Pour oser, de l'espagnol otar. 

OsTiAu.s. m. Du vieux mot ojle, hôtel- Se prend aussi 
dans le sens de prison, petit hôtel. 



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- 103 - 
OTtec, 8. m. Oulil. 
Otieu, s. m . Un homme qui n'eal propre à rien ; on dit 

par ironie : Un fameux otieu! ce mot doit venir du 

latin otiosus. (Malherbe.) 
Otil, s. m. Oulil, c'est le nom donné par anlonomasi^ an 

métier à tisser. 
Outre (tout), loc. du laliu uUra;un homme tout outre: 

on appelle ainsi un homme d'une capacité supérieure. 

On trouve cette locution dans Robert Estienne, avec 

le sens de complètement, et dans les mémoires de 

Montluc : 

a CapllalnrF, me* compignoiu. quand TouiMrez t UJiM nocet, 
presKi voa geoi, piriri i l'un et i l'aiilre, remiirz-voai, ïrojei 
que tous leirenilr«zv<illlantsloul outre, quand liane le ternlenl 
qu'i demi. ■ 

OuvREfi, V. a. Travailler; operari. 



pAcotiL, s. m. Paysan. 

PACts, s. m. Lieu de dépôt pour les grains deslinés à 
être vendus au marcliê. 

Paf ^étre}, loc. Être surpris, interdit. 

Paillotis, s. m. Construction en terre et en paille, 
appelée aussi torchis. 

pAiN'CaoTTÉ, s. m. Appelé aussi pain-perdu ; tranches 
de pain sautées dans la poêle avec du beurre, après 
Avoir été trempées dans le lait. C'est un mets des 
jniirs gras ; or le saupoudre de sucre gris ou 
hianc. 



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— 106 — 

pAiNS-Pen&OLES, s. m. pi. Pelitsgàteniix de pain-d'épicc 
fabriqués à l'occ»sion de )a première communion, el 
disiribués par les jeunes communiaots aux enfiints 
qui les suivent dans les rues eu réciamDDt des 
indulgences . 

J'avais pensé, d'abord, que ce mot pain-perbote 
pouvait ëlie une conlraclion du mot pain parabolù/ut; 
ainsi donnés, sous forme d'indulgences, ces gâteaux 
me paraissaient une louchante réminiscence du 
mystère qui vient de s'accomplir à la sainte table; 
mais un examen plus attentif m'a fait retomber de 
toute la hauteur de ma fiction dans la sévère réalité, 
ce mot signifie tout simplement : boulé de pain- 
d'épice; du flamand piper, poivre, épice... 

Pauelle, s. f. Sorte de graine. 

Pana, s. m. Benêt, grand garçon qui fait l'enfant. 

Pahchette, s. f. Morcean de la panse du cochon. 

Pancuc, adj. Pansu, qui a une grosse panse. 

Pandol'r.s. m. Jeu de cartes. 

Pamaliser (se), v. pr. Se donner des aises; se prélasser. 

Ch'enl li qui fait l'souiie et l'eM. 
El s'bieir midamm' qiù s'pantalitte. 
L'appeir dégourdi fans malice. 

IDesi. — Jaca rbalou.) 



Paour, s, m. Do pavor, peureux; nom donné aux 

paysans par les Lillois. 
Paoure, Pauvre, est dans Rabelais. 
Papart, s. m . Poupart ; ligure de jeu de cartes. 
Parchon, s. f Portion héréditaire. 
Parjuré, s. m. Octave de la fèlc des Rois, cetle fêle se 

célèbi'u le lundi qui suit l'Epiphanie. On l'nppctle 

aussi fôte des Rois bronzés. 



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Ce nom de parjuré yient, dît-on, du man<]ue de 
fut allribué aux rois mages, qui ne rapporlèrent pas, 
ainsi qu'ils s'y étaient engagés, des nouvelles de 
l'enfant Jésus au roi Hcrode. 

Le roi du festin de l'Epiphanie relève son royaume 
au lundi du Parjuré. 

Ce jour-là, les ouvriers de la ville vont chez toutes les 
pratiques (le leurs patrons réclamer un pour-boire 
qu'ils dépensent en conscience. . 
Passet, s. m. De pas, sorte de tabouret, de petit escalier. 
On appelle ainsi toute estrade mobile qu'on élève 
au-dessus du plancher; les ouvreuses de loges le 
nomment pelil-bnnc. 

Le petit escalier portatif dont le préire se sert pour 
placer l'ostensoir au haut du tabernacle est encore 
ainsi désigné. 

(D< Litoiu Mélicocq.-i4rt{ttM et ouvriert du nord da la France.) 
Patagons, a. m. pi. Monnaie, espèces. Le palagon 

valait 52 sols. 
Patar, s. m. Monnaie de cinq iiards; les ouvriers fiUicrs 
comptent pneore avec leurs patrons par patars. On 
dit aussi palac (Rabelais), d'ûù patagon. 
Patiau, s. m. Pàlée pour les oiseaux. 

« Et si t'iHin Dieu enToi* l'i'ogeaui 
• Y Dout eniolrs les patiaax. 

(B.~l(. — Pnviçeii el Zabelle.) 

Patobb, a. f. Prairie naturelle ovi l'on fait paître les bes- 
tiaux, pastura. 

Paucheub. Rebouteur. Il y a eu à Lille, jusqu'en 4742, 
un pauckeur juré, salarié par le magistrat. 

Pauvhiscijr, pauvrieur. Membre du bureau de charité 
qui distribue des secours aux pauvres. 

Païellk, s. f. Poêle à frire, c'est l'enseigne d'un hôtel 
de Lille. 

pELOTEUz, SE, adj. Lusot, qui pelotle en attendant 
partie ; qui s'amuse de peu . 

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Pbneux, adj. Pour Penaud. Le diclionnsirede Trévoux, 
d'après Borel, donne pour origine de ce mot : pu 
nudus. Penevx vient plutôt de peine. 

Klrni de boucher «tmmelrrui 
En buirémc lont bien ptiwM:. 

(Frit, pic.) 

Pëninque, s. f. Bàlon en spirale de pâte blanche composée 
de sucre et de gomme . 

PencoT, s. m. Petite perche, poisson. 

Persieub, s. f. Persicaire, fleur bleue; duvieu\ français 
pers, bleu. 

VouIm-xh» lie ce pert eltr cyT 

(Force te l'atlieUn.} 

Perteleb, V. D. Péter. 

Peiiteueb, ère. Qui a l'babiludc des inuoDgniités. 

Queu nxlbei»! mlo tuadi:! y esl Bu ptrteUtr. 

(P.-U. — Lt Tourqiumoit tl It UUaii lorcicr.) 

Peteux, ailj. Penaud, misérable. 



Pour «01 cha eti bien honteux 
D'élre •etlkz comme de» pitaux. 

(R.4I. — BaUan.) 



Petit-<!)lerc, s. m. Enfant de chœur. 

Petit HÔTEL. Nom qutr portail l'ancienne maison d'arrêt, 

dépendance du palais de Bihourt , aujourd'hui 

démolie. 



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— 109 — 

PBTiTg-PL.UDS. Tribunal de simple police où se Jugent 
les cODtraventions aux arrêtés municipaux el les rixes 
de peu d'importance; de placUum, lieu où se lenaît 
l'assemblée . 

Pkun, s. m. Pomme. 

pEUNiQUE, 8. f. Épaisse marmelade de pommes. 

Peun'tierre, s. f. Pomme de terre. 

Philippine, s. f. Double amande; ce mot n'est pas 
précisément patois, c'est la corruption d'une déli- 
cieuse phrase allemande . 

Dans nos campagnes, quand un convive, au dessert, 
trouve deux amandes dans la même écaille, il en ofTre 
une à sa voisine; le premier des deux qui, après 
minuit sonné, crie à l'autre : Philippine! en reçoit un 
cadeau. 

Cet usage, qui n'est qu'une réminiscence du 
système de Platon sur la dualité des âmes, a pris 
naissance dans la sentimentale Allemagne, il a été 
introduit en France par les alliés durant l'occu- 
patiiin. 

La phrase de rigueur que prononce le fiancé , 
d'ordinaire le plus vigilant, est celle-ci: Guten lag 
Vielliebcken, bonjour bien aimée; c'est de Vielliebchen 
que nos campagnards ont fait sans scrupule et sans 
remords : Philippine; ô béotismel 

PicuATE, B. f. Pissai, urine. 

PicHE (faire du], loc DéBer quelqu'un, se montrer plus 
hardi. 

J' pari queJ'VAi vous Taire du pfeA«. 

{Desr. — le Pemdifche.) 

PiCHE-poT.a. m. Pot (le cbambre. Il y avait à Lille une 
rue des Quinze-Pisse-Pots, dont on a fai l pudiquement 
la rue des Quinzc-Pols. 

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— 110 — 
PiCBON, S. m. Poisson. 
Il r en a bcn de* tDoniicnn k LiM qni ont dci non» de pitkon. 



PicHOTiÈHE, 5. f. Béserroir d'urine. 

PicHOu, s. m. T^nge d'enfant. On emploie aassi le mot 
pichou, adjectivement, pour exprimer l'état d'une 
étoffe r|ul a Changé de nuance, par suite d'un contact 
avec t'urine, et qui ressemble au lange spécial, dit 
piehùu. 

Picot, s, m. Tout objet pointu, qui pique. 

El poruit chscdn no pU&foD i pteot de ter et h Térole. 

(f roiHud. — SoMUfa de Raiebttqae.) 

PiECBA. Kclià. Déjà, pourpièça, vieux français, syncope 
de pièce (de lemps) y a. 

(Henri Enienne. — PrteeU. éi Long . fr ) 

Pied-d'agache . Jeu de marelle où l'on se tient sur un 
pied. 

PiEDEscAux (aller à), loc. Marcher pieds nus comme les 
Carmes déchaussés ou déchaus. 

Pour qu'eir cesie ro' diegrace 
J'T coar' k ptt<it-4éeaux. 

[DetT.— LundidEfilfuci.) 

Donné m' de» sùt\it i aln point, 

, Y riul bien qui d'heueh' des nouviaui. 

Car T va loul 1 ptidi dicaam. 

(B.tl. — U StteUer et lu VajtintK.) 

PiEDSANTK, S. f. Scnticr, perfw famt/tt. 

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— 111 — 

PieiKETTE, s. f. Noyau de fniil. 

Mangeant Jnsqn'ï les pierrettti 
El mtrae les queuei. 

(B^N.— Un roHrfiifRiiaîi qui n fa<l la (■irrurH <k 
manger fbu de pnma (ptun cocAon.) 

File, s. f. Raclée; donner une pile à quelqu'un, e'eel 

Le battre à oulraoce. 
PiLET, s. m. Pilier, poteau. Le peuple appelle pilels 

d'place les Lazzaroni qui ne quittent pas la place 

publique. 

Aller à confesse à père Pilet, c'est s'abstenir de 

cet acte religieux. 
PiNCHERiAu, s, m. Sorte de pince d'une grande 

portée. 
PmoERLOTs, s. m. pi. Boucles d'oreille. 
Pinte, s. f. Mesure locale d'un demi-U(re. 
PiNTER, T. a. De pinte; aimer à boire; on dit d'un 

ivrogne qu'il pinte volontiers. 
PiKTEux.s. m. Quiaimeà pinter, àboire. 
PiiDTEux. Peintre. 

Cb'ptnieujc in pinlant dlu, y est mon loal in un cop. 

( Léginde tour^uemunie.i 

PiNTURLURÉ, adj , Peinturé, grossièrement peint . 
Pique, s. f. Rancune ; on a une pique contre quelqu'un. 
On appelle aussi piques les mois couverts, en 

manière d'atlusion, lancés contre une personne dans 

la (-onversation . 
PiQOB'HQUE, s. m. Genièvre; liqueur forte. 
PiQURs (passer les) , Terme du jeu de marbres ou billes; 

c'est recevoir sur les plialaugiis, à courte distance, la 

bille lancée d'un pouce vigoureux. 



D,g,l.2cd|v,G00glc 



— tl2 - 

Piquet, s. m. Courte faulx que le pîqueteur agite de 

la main droite, tandis que la gauche embrasse la 

javelle avec le crochet. 
Piquetage, s. m. Moisson au piquet. 
Piqueter, v. b. Piqueter les bleds, c'est les coupera 

l'aide du piquet. 

Dans les temps primitifs le sciage des bleds s'opérail 

à l'aide d'une faucille, qui figure dans les attributs 

de la Cérès antique. 
L'agriculture a employé, depuis, la longue faulx: 

elle use aujourd'hui du piquet, emprunté à notre 

Flandre . 

Ce mode a pour principaux avantages de former 

facilement les javelles, et de fournir une paille plus 

longue . 
Piteux, s. m pi. On appelle ainsi les parasites étrangers 

qui viennent à la ducasse, du latin pietosus; ils 

étaient pieux quand ils venaient, soutenus par leur 

foi, à la dédicace d'une église, ils sont des piteux 

3uand ils ne viennent à la ducasse que pour y manger 
e la tarte. 
Ce mot signifie aussi porté à la pitié. 



Femm« trop ;>{l<ui«, 
F(lt touvcot fille ifgaeuic. 

[Rub.Ë! 



Placbette, s. f. Placelle; petite place. 

La plus connue à Lille est la plaehette à- 
z'Ognont . 
Plaignard, de, adj. Homme ou femme qui se plaint 
volontiers. 



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— 113 — 

PLA^GH0M3, s. lu . pi. PlançoDS, plants de colza, piqués 

à dislance, en octobre: ils proviennent de la graine 

semée après la récolte du sucrion verl . 

Dans le vieux langage lillois on appelait plançon 

ou planchon un bâton ferré . 
Plat-fieu, s. m. Pied plat; liomme sans dignité. 
pLATELÉE. s. f . Un plsl bien rempli. 
Platelets, s. f. pi. Petits plats. 
Platée, s, f. Babil ; bonne langue; ehandelier fiché sur 

un plateau. 
Plein, Ioc. Plein une armoire, pour une armoire pleine. 

Tout plein de monde, pour beaucoup de monde. 

Muitum des chartes latines se traduit indifféremment 

'p&r plenté[Atpieniias) et moull. 

Nous trouvons dans le latin de la charte de fondation 

de St-Pierre les mots ; cui mulium commiltitur. 

mullum ah eo exigilur, traduils en roman par ces 

mots: a eut on commet plentédechozes, on requiert 

tnout lie ekoxes (1066). 

Le motplenté pour beaucoup se retrouve en tÈte de 

presque tous les actes de l'aulorité, au moyen âge, et 

uotammentdes ordonnances des Ëehevins. 

Il ul ordonné par... el pMpUnti dou commun de ta ville... 

Plémures, s. f. pi. Planures, copeaux; le peuple dit : 

d'zéplenures . 
Pleuve, s. f. Pluie, iepluvia. 

Cumme sorlant de l'iau 
Tant l'ptiut» étol grande. 

(B.-M.) 

Plichon, S. m. Pélissim, manteau fourré. 

Pluqueh, V. a. Manger comme un oiseau, à petites 



D,g,l.2cd|v,G00gk' 



— lU — 

Pocher, v. a. Presser a\cc le pouce, du vieux français 

poehier, poUex, pouce. 
PocHEusE, s. f. Femme qui remet les os démis, rebou- 

tpuse. {Voir pauckcur .) 
PocHON, s. m. Poinçon, poisson, mesure de liquide; d'où 

vient le nouveau terme d'argol : pochard. Pockon, 

noirel résutlant d'un coup. 
Pompête, Ioc, Etre un peu pompête; être en belle 

humeur, en gaîlé parl'effel de la boisson. 

Ce mot, que l'on iroiive dans Rabelais, tire son 

origine des élévations cl rougeurs qui naissent sur le 

nez des ivrognes comme des pompons de femme. 
Pontificat {veniren grand], Ioc. Venir avec pompe, en 

grande cérémonie. 

H«i> vieux pérc 
Est inirè bier à l'bopiu. 
Conduit en );raiiil punlijieal 
Pur ses iaranid, s' fetnm* et tet frères. 



Toque, s. f. Coup, fêlure. 

PoQUETTES.s. f. pi. Marques laissées parla petite vérole; 

on dit d'une personne grêlée : qu'elle a eu les 

poquetles . 

N'y a pusd'iinfjt laW poquttlti 
Su' «In vlug" bouffi; 
Un T peut juer i (|u'necquei ; 
J' laim' mieui qu' s\ s'ro uni . 

(Desr. — le garile noIioBoI lomtour.) 

Poqudtes volantes, rougeole. 
PORETTE, s, f. Poirelte, espèce de toupie. On ventre à 
porelte, c'est un ventre en pointe. 



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— 115 - 
PoRioN, S. m. Poireau. 
PORTELETTE, S f. Porle d'agrippiii. 
Postillon, s. m. Pelit morceau de papier qu'enfile la 

corde lendue du dragon, et qui, poussé parle vcnl, 

monte jusqu'à l'aérostat. 

« C'est (oui su plus si on lui pcrmellrg de iu^vre dnns les n'in, 
le long (lu ronducleur de ch«nvre, le potfillon de papier qui 
galope vers le ciel. ■ 

iV. Lesranil.— Gamin île Lille.) 

Postures, s. f. pi. Statues de plâtre qui ornent les 

jardins; figures de cire. 
Pot AG II, s. m. Se dit spécialement du lait-ballu qu'on 

mange dans les fermes avec des louches de bois. 
PoucuiiN, s. m. Poussin, pelit poulet et non poulain, 

comme l'a Écrit M. Charles Monselel, en rendant 

compte dans le journal Paris, du 19 juillet 4853, de 

la pasquitle plaisante entre un mari et sa femme. 
PoCTBiN, s. m. Petite braise, poussière incandescente à 

laquelle on allume le tabac; poudre, pulvérin, de 

putris . 

Ses mon onl qucu en poufrin. 

(F(TJ Bolfl.] 

PouHONic, adj. Poitrinaire, qui crache ses poumons. 
PouncHA5;, s. m. Quèle; d'où le mot pourchasser. 
Pouhette, s. f . Poussière. 
PooRLÉQCEH [sc), V. pfon. Se lécher, se délecter. 
Pbbstement, adv. Syncope pour présentement; on voit 

encore sur des tableaux: Maison à louer prestement . 
pREUHE, adj. Premier, par abréviation. 
Prinsel, s. m. Bœuf saie, de primum sal, premier sel . 
PnisÉE, s. f. Imprimé qui contient le règlement de la 

taxe du pain, fixée par le maire, après le marche du 

mercredi. 

8 

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— 116 — 

Privé. Lieux d'aisance . commodités . On (rouve 

dans Rabelais ce mauvais calembourg : Mome au 

privé. 
PuoussE, locut. Contraction de prouesse; faire prousse, 

se vanter; être en prousse, être monté, se mettre en 

colère . 
Puissant, te, adj. Pour signifier un homme ou une 

femme d'une forte corpulence. 
PuRAiK, NE. Pur. 

Quant ils srronl encliu et mie tur Jei chanliiTG de puroine 
cervoise. 

(Roisia^ — Stnaena des brvueUeitra de bière. 

Aujourd'hui le mot purain se prend généralement 
en mauvaise part; on l'emploie pour iniliqu'pr des 
gens de même acabit : chetot tout purin, dell'sorte 
après les bons. 

PuRER, V. a. Passer les cendres àun crible d'osier, pour 
en retenir les escarbilles. 

PcKGER, V. n. Faire un temps de stage avant d'être 
admis dans une société d'ouvriers. C'est un vieux 
mot de la langue du droit qui s'applique encore, 
dans un sens actif, à la contumace et aux hypo- 
thèques. 

On raconte que certains dignitaires des sociétés 
lilloises, interprétant l'expression dans un sens trop 
exclusivement pharmaceutique , faisaient prendre 
une médecine préalable à leurs malheureux 
camiidals. 
PuRUu, s. m. Réceptacle de L'urine des vaches; de pute- 
eau, eau puante. 



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QuicHBB, V. a. Faire souffrir, causer une douleur 
cuisante; du latin quattare, d'où probablement le 
verbe casser . 



(B.-M. — L'amniraur berni.) 

QuAR, S. m. Char, on appelle yuars courerfs ces grands 
chariots qui, à la campagne, Iransporlcnl, en temps 
de ducasse, les invités d'une ferme à l'autre; ils sont 
couverts d'une grande toile blanche tendue sur des 
arceaux. 

QuARRÉE, 8. f. Charretée. 

Elle ■ Ars imoureui par earrie. 

{B.-V.-Bonileie$fitlkrt.] 

L'ImpAt De icra plat déiorintlt que de deui toli Parbff île 
chaque quartier de morues, de chaque renlg d'aloiea fraîche* oa 
lalfes, de lauraons, d'eliebuih et auiret pcliiont fraii. de 
chaqneqneTalItude bareogt.el iroli toit de chaque ifuarrj» de 



QiiAHTEKiER, adj. Charther, de career, se dit d'un 
vieillard impotent, emprisonné par ses infirmités dans 
son fauteuil. 



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— H8 — 

Qu'as-tu-la? Nom donné aux employés des contribulions 

indirectes, tiré de leur formule interrogative. 
Qu'au (pour jusqu'au) locution. 

Dea lauti qu'au plarond. 

(Dcsr. - Jloiunwt.} 

QuRHEKiAu, S. m. Manteau de cheminée. 
QuENEGQUE, S. f. Petite bille en (erre cuite. Quand on 

veut se débiirrasser d'un enfant importun, on l'envoie 

jîur à gueneegues . 
QuENNEToussG, s . f. Quînto-toux. 

J'ai su de I' air t iM roune. 
Qu'il arol altrtppt I' qaêrm'loviM. 

(0.^. - Lu ifari man«l ihiMjc.) 

QuKR (avoir) . .4 voir cher, aimer ; c'est un hellénisme. 
QuEHQUE, s. f. Charge. 
QuERRE, v. a- Chercher, de (ptœrere, quérir. 
QuEHTLN, s. m. Panier; muselière d'osier. 

L' HVeilcr a pris ten lirppled d'un' main, 
La frinin' elle a pris sen qatrlin. 

(U.-N. — L* Savetier M la Vattamit.) 

QuEUGHE, S. f. Tranche de puin d'épice, ainsi nommée 
de sa forme qui la fait ressembler à une pierre à 
aiguiser, appelée en vieux français queua;. 

Je luIs roinme la qaeax qui les coateaui aiguise, 
EDCOre qu'l couper nullernent elle duise. 

{Hob. Eslienne. — PredUmn.) 

Queue ru dépôt (être mis à la) . Locution employée 
par nos conscrits pour désigner l'état de ceux d'entre 
eux qui seront les derniers appelés au service actif. 
Les fils de veuves , par exemple , aujourd'hui 
exemptés du service militaire, étaient, à la fin du 
1" Empire, mis à la queue du dépôt. 

(Brun-Lavainne. — Sonvêntri.) 

[P. Legrand. — Coniril de rivition.) 



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— 119 — 

Queue leu leu (à la). En queue de loupi à la suite les 
uns des autres, en se tenani par les pans de l'habit. 

QuEUETTE (raire). Faire l'école buissonnière; on dit aussi : 
faire bis . 

QuEURE, V. n. Choir, tomber, de cadere; queure en 
deux, accoucher. 

Tfll' mi, Iniiirs' gni 
Ch'edun Infint, 
El m' lenim' Ml tneot prélc i f u«rr«. 

(Uiinis. — U HlIm/ (TAniré.) 

Queute, s. f. Bière. 

Quia (être à), loc. Être à bout de ressources. 

Te parle comme un atooI 



Dnn' te trouve jimalt i gui'a. 

(F. F. — JubiU ie UairUxi.) 

Qi'iNQviN, 8. m. Nom d'amitié qu'on donne à un enTant 

gâté. 
Quiou, s. m. Pain de moine, pet de nonne, chausson de 

paie commune renferniant une grosse poire cuite. 



BADROUEit, v.a. Blâmer, lancer vertement dans un sens 

de riposte. 
Babrouîeii, V. n. Rebrousser chemin. 

r m' ]ir#t' <]m doup's pour rabrouler. 

(Iknri Sii, — f^ ta^tfti terpttUioii.) 



Rac (âlre en). Loculîon qui s'applique plus parliculiè- 

renienl aux voiliiriers arrèlés par un accident. Le mol 

racine vient Ae rac. 
Racaille, s. f. Canaille. Ces deux expressions ont pour 

racine le mot chien. 
Raccroc, s. m. Raccroc de ducasse, de noce; reprise 

de la fêle, du dîner; sorte d'octave culinaire. 
Racgusète , ad]. Rapporteur ou rapporteuse, terme 

d'écolier. Les enfants disent du camarade qui les 

dénonce ; 



Rachemrr, V a. CoilTer. Ce mot, dans l'ancien langage, 
parait avoir signifié aussi habiller. 

fiabetais appelle achemeresse une femme de 
chambre . 
Cependant nous trouvons dansJean Lcmaire : 
Quand la défsw <ul mil bai mi babils el aehetmtt. 

Cette distinction entre habits et ackeames ferait 
croire que le mot ackesmer. d'où rackemer, doit être 
pris dans le sens de coiffure. Les femmes de chambre 
d'ailleurs sont les coiffeuses. 

La soubrette des Jeux de l'amour et du hasard, de 
Marivaux, avait, si l'on en croit Bourguignon, la 
maiti gui sentait fort la pommade . 

Nous pourrions citer plusieurs passages de Brûle- 
Maison où le mot rackemer est pris dans ce sens : 

Bien rachtmé d'un 6n denielui. 



Il y a d'ailleurs une locution qui coupe court à la 
controverse. On dit: flacAcmer sainte Catherine; or, 
les malheureuses filles vouées au célibat, coiffent 
évidemment la sainte, elles ne l'habillent pas. 



Cîoogic 



— 121 - 

Racontagës, s. m. pi. Récils familiers, comptes rendus 
de la chronique dujoor. M. Brun-Lavainne a publié, 
sous ce tilre, dans le recueil l'Artiste, des souvenira 
fort inléressants de l'histoire du pays. Un estaminet 
où se débilaienl, le soir, les cancans de la journée a 
longtemps existé sous cette enseigne: Au Raconiage. 
li était, je crois, situé aux débris St-Etienne. 

Rade, adv. Du latin rigidvs; raiemeuX, vite, vitement; 
tout rade, tout son plus vite . 

Uiirioiis nous rademtni. 

J'uie un rinchiricbln 
Nous y renlroni bien radi. 

Ragektiller. V. a. Embellir, restaurer, mettre en bon 
élat. 

Grlfe k noi piavriarun. 
Nous lomm'i ragtntiUéi. 

i\«a. — La tocUU ditGTBiaiUer.Ua»U.) 

Rainb, Roike. s. f. Grenouille, du latin Rana. Il y a 
rncnre à Lille une rue du Pont^à-Raisnes. On sait 
que la rue Chantereine, à Paris, devenue rue de ta 
Victoire, depuis le jour où Napoléon, premier consul, 
l'habita, tenait son ancien nom d'un marais où chan- 
taient les grenouiltet. 

Ramentuvoir, V. a. Rappeler, remettre en mémoire. 

Nfl ramtnluiioni lien el réparoD* l'ofTenM. 

[HolUn. — Dcpit awMimix.J 

Randouiuler, V. n. Aller à la recherche avec curiosité 
et indiscrétion dans un ou plusieurs lieux (Brun- 
I^vainnc). .Aller et vcnirsans motif sérieux, apparent. 



Cocifilc 



— 122 — 

Rako, s. m. Itangée de maisons ; il y avait autrefois, 
Biir la petite plact?, le rang des poteritt où est le bazar 
Fromont, et en face, le rang du Beau regard. On a 
conservé le nom de ran^ au flegard appelé aujourd'hui 
trottoir. 

BA^G o'olG^oNs, loc. En ordre de bataille, comme des 
oignons dans un potager. 

Pirlonl, dan* Ici c'ilés. j'en eiceple Avignon 
Où ne domfnp pnlDt la ra;ile firult 
Det verrrs lumineui perchas en rang d'oignon 
Te remptaccnl le Jour quatid la clarlt rnula. 

(BnuU-riniii de Lamoatiove nr fitablitiiTiunt lia Lanterna.] 



Bappe, s. f. Rave, radis, navet; rue des Bonncs-Rappes. 

Raquer, v. n. Cracher. 

Rarièbe . s. f. Mesure agraire de 40 à 48 ares. On 
appelle aussi de ce nom la mesure de capacité con- 
tenant la quantité de grains nécessaires pour ense- 
mencer une rasière de terre. Cette mesure est à Liile 
de 90 litres environ. 

Rassarcih, t. a. Faire des reprises au linge, du latin 
ressarcire, raccommoder. 

On trouve dans Cicéron, Damiia ressareire, réparer 
le dommage. 

Rattr^ure, V. a. Attendre quelqu'un pour lui faire un 
mauvais parti, parguet-apens. 

Ravage, s. f. Grande cage en osier où l'on isole la poule 
rjui a des poussins. 

Raviser, v. a. Regarder. 



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— 1^3 — 

Recheneh, V. i>. Littéralement rediner, receenare, se 
dit à la campoffne, à propos du repas après le dîner, 
appelé legoùler. 

RECOHFAnER, V. a. Comparer. 



(B.-M. ~ Cioiwon vUlaçeoitc.) 

EÉcRiAB. S'emploie fréquemment pour écrire. 
RÉCURER, V. a. Écurer, nelloyer en frottant avec du 

grès. 
Redoubleuse, adj. Fileuse en gros. 
RÉDUIT St'Sauveuh. Fort construit en 1671 . 

Bien que le nom de Héduit appartienne, en terme 

de fortiûcalions, aux petits ouvrages ménagés dans les 

grands, c'est une opinion généralemfnt répandue 

que le fort du Réduit a été élevé pourr^duire, en cas 

d'émeute, le quartier St-Sauveur. 
Befi'ge, s. m. Maison de ville où se réfugiaient les 

moines chassés de leurs couvents par les guerres 

religieuses. 
REueROT, TE, adj. Pour legerot, gui n'a pomt sin 

poise- 
Remettre, v. a. Reconnaître quelqu'un. 
Remise, s. f. Epoque où l'on sème, où l'on remel à la 

terre les semences qui fructifieront. 
Remola, s.m. Gros radis noir. 
Rendage, s. m. Loyer de terres. 

On raconte que le savant Merlin de Douai excitn 

quelqu'hilarilé dans un des bureaux de l'Assemblée 

constituanle, quand il employa cette expression locale. 
Renfocrmr, V. a. Rembourser. 
Renipper, v. a. Donner de nouvelles nippes, rhabiller. 



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— 124 — 

Repamb», V. a. Rincer. 

Repoubbh, V. a. Nettoyer, enlever la pouBaiëre. 

Bbpouveter, V. a. Mol recevoir, repousserquelqu'uo. 

Requinquer (se), v. p. Se rapproprier ; s'endimaDcher 
(Rabelais); Hrt requinqué, se dit de quelqu'un qai 
paraît plus soigné que de coutume dans sa mbe. 

Qoan qu'elle ■ du neit' linge 
Y fsudrot 11 vlr r'qrttnqui». 

{Le portrait détaxa narier.) 

Retoupeb, V. a. Pour eslouper, boucher. 

On dit d'un homme parlant du nez qu'il a le nez 

retoupé. 
RÈTBAHBR, V. a. Rétramer les vaches, leur fournir une 

nouvelle litière; destramen,è\To.in, paille. 
Reu, adj. A bout de raisons. Ce mot vient, suivant les 

uns de reus, accusé: kabemus confitentem reum. 

Suivant les autres, il n'est qu'une contraction iered- 

ditus, renda. 

Te m' rendi ritf pir leirilioni. 

(II. H. — le SaKlts- el la PnyMHfU.) 

Reulle, s. f. Roue. 
Reuper, V. n. Eruclare. Faire des rois. 
Revelëus, adj. Vif, récalcitrant; reveleux, rebelle, 
qui se mutine. (Rabelais). 

Il ni si rtvtleu 
Qu' pour (Kuiroir l'altrapp^, 
Il tauclrot surie queu 
Pouvoir mellre ilu fé. 

(B.-H. — Eloje 6a DtKaux de Tointoiitf .) 

Revikler. Pour résister, est dans le roman de Renard. 



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— 125 — 

Rbwidiage. s. m. BeleTailles de couches. Celle e 

pression énergique n'a pas besoin d'explication. 
Bewidibr, V. a. Vider. 
Rbwigier, t. a. Reguiser, aiguiser. 

Y I prij an' hache reieigtée, 

Y » copé I' Dette h ecn baadé. 

(B.-H. — Lebmdet i/uiabaU tune.) 

Ric A Ric. Tout de suite. 

Venlre saint Pierre 



RiCDOuiLB, S. r. Ribote. 

CoB'eDlend pouruna' rie^oulI«, 
Qu'up Tu l' dluinch' qui suivra, 
Un Tait proiltlon d'aDdoulie 
D' pains français pou cb' grand gala. 

(Dante. — Lt Grand gâta.) 

Rider, v. a. Préparer les terres à l'aide de la herse. 
Rigoler, \. a . Plaisanter. 

Htlas I ce n'eti pas mainlcDant, 
Ferez vousi qu'il TaiiU TijoUér. 

[VtxbtUn.} 

RincHiNCUiN . Onomalopéc, crincrin du violon. Ce mol 
prononcé dur comme rinquinquin est employé par 
les enfants pour exprimer i'élat d'un chevalqui hennit 
et piaiTe ; il fait son rinquinquài . 

RiscAMs, 8. m. Sorte de genièvre mêlé d'anis qu'on 
débile à la frontière belge. 

RiVAGEOis, s. m. pi. Hommes dn rivage, ouTriers du 
port. 

RoGHETTE, s . f . Pelil poisson ; homme fort maigre. 



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— 120 
. tn. Raisin. 



Tiroux appelle Rogin notre célèbre clerc Roisin. 
RoGNEox, adj. Galeux, teigneux, de rogne, rubigo, 
ancien nom de la gale. 

Il s'emploie aussi pour cliélif. 

Ch'pelll rognev» d' llfe, 

(Dur. ~ L'Alnaiiaeh M iwcfec.) 

Rognons (jouer aux). C'est uue variante des jeux du 
ioat de mouton et du cheval fondu. Aux rognons, 
le cheval, loin de se fondre et de se dérober sous le 
camarade qui lefranclùl, reçoit sur les reins tous les 
joueurs qui , siiccessivemeot, s'accumulent les uns sur 
les autres, jusqu'à extinction de force. 

Rondelle, s. f. Tonneau de bière. 

RosA,s. m. Pomme de reinette rouge . 

RosTE, adj . Saoul . 

RoDDouDoii . Onomatopée ; tambour. 

Les enfants Tout, à la retraite, entendre les rou- 
doudoux. 



|B,-H. — Le Timrqiiamtiii «tigsti fflUicc.} 

RouQE-CROix, S. m. Pain d'épice à l'anis qui a retenu 
son nom de l'enseigne de la boutique où on le vendait, 
au coin des rues Française ei Ste-Catherine, à la 
Bouge-Croix . 

RouLiÈRB, s. f. Sarrau que portent les routiers. 



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_ 127 — 
RoiisTi, a<]j . Rôlt, grillé. 

Il eat cuit et roviii. 



Vient du vieux français roustir, rAlir. 

Il suffit, pour se convaincre de rnuthenticilé 
d'origine de ce mot, de relire dans Pantagruel l'aven- 
ture plaisante du Taquin qui mangeait son pain à la 
fumée de la roustisserye du Petit-Cliàtelel, et le 
mémorable jugement du fol de Paris. 

(Pamt. th. xxxvri, llï. 3.) 

RouvELANT, adj. Bubesreits. Frais. Houvelant comme 

wierùse. 
RuAu, s. m. Rigole. Ruauter, creuser des ruaux. 
RucHON, s. m. Qui ruclionne. 
BucDON^ER,v. n. Murmurer, gronder. 
RiiEH, v. a. Renverser; ruer ;u, jeter parterre, pour 

rouer, assommer, abattre (Rabelais). 
RuFFLETTB.s. f. Pelle en bois pour enlever les ordures. 

On dit qu'un kommeeslricheà renfler, pourexprimer 

qu'il peut remuer les écus à la pelle . 

Ces mots dérivent de rafle, rafler, qui impliquent 

l'idée d'un enlèvement énergique et complet . 
RuFLER, V. a . Enlever à )a pelle . 

Ch'jlot r bon temps At% dintelUér«s 
On gangnol d' l'arginl k rulfltr. 

IVtar. — La ntiOt dpnlMUrr.i 

RiiQUB, S. f. Motte de terre. 

RusK, s, f. Embarras. Avoir des ruses avec quelqu'un . 



D,g,l.2cd|v,G00gk"- 



Saboulb, s. f. SemoDce, réprimaDde. 

Saclbt, s. m Petit sac. 

Sahutbau. s. m. Ouvrier qui tisse une élotFe appelée 
saie . Il y a à Lille une rue de» SahttteoMjr. 

Saie, s. f. Du latin «o^um ; étofTe de laine. 

Saint- PiERHK. Faire Saint-Pierre par nuit, loc., dé- 
ménager furtivement. 

Saligot, s. m. DiBiinutif de salop. 

Sansonnet, s. ra. Petit convoi mortuaire où les cloches 
de l'église ne sonnent pas. 

Saquer, v. a. Tirer; vient de l'e&pagnol sacar. 

Satiblbu. Juron local. 

Sauret, s. m. Hareng saur. 

Sauteri&ux, s. m. pi. Sauterelles. 

T lODl bli^n pu alcrtet 
Quv lous ches laiileriaux. 

(B.-M. — La ctvisse lupiicoi.) 

Sauts (rue des Sepi) . Ce nom ne provient pas des sols 
de Lille, mais des saulls, sallaiores, jongleurs qui 
iiguraient au nombre de sept sur les anciennes façades 
des maisons dn rang dos Halles. 

Savaie? pour savez-vous? se trouve dans le français du 
muycn âge. 

Savii comment qae il adolnlf 

(Roben. — Fabba iiMUn.) 

On l'employait fréquemment dans le langage usuel 
sous Louis XIII et Louis XIY. 



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— 129 — 
StiHiiOFOEN (aller à). Aller dormir, ik l'aUemanfl'. 
SÉcoT, s. m. Homme maigre. 
SEf-ocs. Pour secoué, participe. 



Sini estre esbrani # ne ueous. 

IBarol.) 

Segloot, S. m. Hoquet. 

D? détresse j n'oot 1' itgloaj> 

|K. P. - mriagc niDnfui^ dr CAamkite.) 

Sequelain, Escaun. Monnaie de Brabant. 
SÉQuoi, s. m. Od Dosait quoi, quelque chose. 

J'avais,dans la première édition de mon dictionnaire, 
écrit séquoi ou de séquoi, d' séquoi . 

M. Desrousseaux pense que mon oreille m'aura 
trompé, la prononciation eun' séquoi ressemblant 
très-fort àuH d' séquoi. 

En l'absetice de textes qui puissent étayer mon 
opinion, je n'oserai pas invoquer l'inlaillibilité de 
mon oreille, mais, avant de me rendre tout à fait^ 
j'émettrai tes doutes qui me restent encore. 

$egwât substantivé est du masculin, M: Desrous- 
seauK-le qualifie ainsi dans soji petit glo&saire.. On 
doit, donc dire un séquoi, des séqwns. Pourquoi, 
cependant, mettre l'article au féminin, artun' séquoi ? 
Me pourrais-je pas dire, plus logiquement que 
M. Desrousseaux, en retournant son argument : Vous 
avez entendu eun' séquoi pour «n d' séquoi ? 

Le de supplémentaire n'est-il pas un idiotisme de 
langage très-i^ommun dans le patois de Lille qui admet 
cet augmenl pour un grand nombre de mots* 



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— 130 — 

Dans l'Iiypothèse contraire à mon opinion, on se 
rend difOcilement compte du genre féminin de l'article 
qui précède le fiubstantif masculin séquoi. 

Peut-être faudrait-il reconnaître que eunn' séquoi 
est ton» bonnement le syncope de on «e sait quoi, et 
L'ouseirer alors à celte locution le sens incertain, 
dubitatif, que lui donne le langage familier. 

On trouve dans Brijie-Maison un nouvel exemple de 
cette façon de parler, cette fois appliquée, non à une 
chose, mais à une personne, et le sens n'a rien 
d'affirmatif. 

fsi réveill* m' («eiir 
Ed dUcanl : un buque; 
N'j »unn»uqaik noiiui. 

(Le retour de lean-Loait.) 

En résumé, séquoi n'estaffirmalif que quand il est 
employé comme substantif, et alors on doit dire un 
séquoi. 

Nous retrouvons les mois ein n' saqui dans la 
première phrase de la parabole de l'Enfant prodigue 
traduite en quatre-vingt et un dialectes, pour un 
Iwmme, — Patois Wallon. — 

Serber, V. a. Fermer; on dit : serrez la porte; de ce 
mot vient serrure, serrurier. 

SetT sais-tu? apocope, locution qui, sous forme inter- 
rogative, est très-fréquemment employée pour con- 
firmer un dire quelconque; la locution plurielle, 
savaie? qui a le m&me sens, est moins familière. 

Setu, s.m. Sureau. Conlraclîon deiamôucus. 

C'est avec la tige de cet arbuste, vidée de sa 
moelle, que les enfants fabriquent leurs c/açuotVj. 



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— 151 — 
SiBir, s m. Suif. 
Si FAIT. Parlicule plus affirmalîve queti. 

Par opposition on dil ■ non fait, ou nou fé, pour 
indiquer piusénergtquement la négation. 
SiHPLOT, TE, adj. Simple, naïf. 

Je d' sois mie al rïmplol. 

{B.-M. —LenarcluM diflltife.) 

Snu, s. m. Tabac à priser ; de l'allemand tabac schnuf. 

TbI poivri l' goup' de m' mère, 
Aveuc un' demi oorh' ds mu. 

(Desr. — PiOritt.i 

SoiBH, V. a. Scier. 

SoiLE, s. m. Seigle; grii comme pain de soUe. 
SoLENT, adj. Pour insolent. 
SoHHiEB, s. m. Solive, poutre. 

So^, s. m. Contraction de sommet. Au son du clocher, 
pour au sommet du clocher. 

Ko lum ia lar ed monUe Bramidooe. 

[HsluMi.l 

J'ai Inflié rcacbell« i l' ptcbolto, 
Je d'tToif jusqu'au ion dea bottes. 

(D.JI. — Coalm it Ferdinand.) 

SOHLET, S. m. Soulier. 

SoucAHD, SoocARDE. adj. Soumols ; homme ou femme 

qui regarde en-dessous; de l'espagnol cara, visage. 
SouGttuGEON, s. m. Scourgeon, escourgeon, sucrion.orge 

d'hiver, Scotiee kordeum, grain d'Ecosse. 
SouLAS, s. m. Soulagement, de solatium. 

Tepeui faire mcD ioula. 



On appelle encore soatas le cordon qui aide une 
personne infirme à se lever sur son lit. 

D,g,l.2cd|v,G00glc 



— 132 — 

SouLOT, SouLOTTE, aJj. QuI se livre babitucllement à 
rivrognerie. Il est rare qu'un homme ivre, se 
hasardant à parcourir les rues de Lille , ne soit pas 
immédialemont et incessammenl ai cueilli par le cri 
populaire: Eh soûlot!! qui l'agace et l'irrite au 
dernier point, malgré la débonnaireté de l'ivresse 
causée par la bière. 
SoopBTTE, s. f. Petite tranche de pain qu'on trempe 
dans un liquide . 

Diminutif de soupe. Espagnol sopa. 
SouvEEto>'NE, s. f. Avmt-tȔl qui suiplombe, severonde 
selon Roquefort. 

Smerotide est encore usité dans les environs ^e 
Béthune. 
Ce mot paraît venir de sub ire. 
Stappaerts. Etahlissemeut charJtable de pauvres filles, 
fondé par Stappaeri, bourgeois de Lille . 

Celte maison fut gérée ta 1653 p&r la célèbre 
Anthoinette Bourignon qui la dota de 32 prébendes. 
(Tironi. — Al. Dopais.) 

Stopfé, Fromage à la crème ; du mostoffé, c'est du 

fromage mou . Stoffé, pour tôt fait, fabriqué promp- 

tement. 
Suaires (rue des). Pour des sueurs; ainsi appelée en 

souvenir de la surtte, maladie qui, en 1!S30, exerça à 

Lilïe de grands ravages. 
SwBiTMi (faire) qocl^u'un, le faire enrager. 
SuccADEs. {Voit ckacaies .) 
Suer de cnAim. Locution pour se plaindre d'un excès 

de chaleur . 

le paauhe 



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— 133 — 

Supporté ou svnroiiTS. Déjà porté, se dit d'un vête- 
ment acheté de seconde main, de bnsard . 

SuBDKMANDEn, V. Il , Surfaire, u Je ne surdemande pas,» 
dit la marchande à qui l'on propose un rabais trop 
considérable. 

Sintoé, s. m. Supplément ; addition de quelques gouttes 
de genièvre au petit verre bu le soir, en famille, après 
le souper. 

Surgeon, s. m. Eau sauvage, source qui surgit, de 
surgere. 



Tabac ok baudet, I(ic, Prendre du tabac de baudet; 

regarder le soleil pourétemuer. 
Tablette.s. f. Petit carré de sucre gris. 



Talbuqueh, V. o. Frapper avec un marteau, ou un 

autre outtt. 
Talo, 8. m. Courtaude, femme disgracieuse. 
Tannant, part. prés. Vexant, lourmenlanl. 
Tarin, s. m. Verre de fcière ou de T*n. 
Tartine, s. f. Tranche de pain beurrée. 
TassehjV. a. Pourtâter. 

Il a tatti dMii sin Mcltl. 

(0. M. - Hmsurcli rfu etmp ilf Cyaiinf.) 



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- 134 — 
Tassiau, s. m. Pièce appliquée à un vêtement. 

S'n habit est féd' taiaiaux, 

(B.-H.— BrasueUtA 

Tat'ué glaine, s. m. Tàle mes poules, sobriquet donné 
à l'homme qui s'occupe Irop minutieusement drs 
soins du ménage. 

Tàtoule, s. f. Volée de coups. 

vilain' cti<[ae, méchant' toutoulE, 
SI ]' m'y meli j' tedonae un' tatoutt. 

(Dur. — aeUmr dt NUelte.) 

Taudion, s. m. Taudis, réduit. 

Enfin ch' Douvean Grégoire 
A r'gngné (fa tavdion. 

[Desr, — L'IfTBgma a èa Fernnu.} 

Taur, s. m. Taureau. 

Taton, s. m. Aïeul, atacus , dont le diminutif est 
alayolus, d'où fayon . 

On trouve dans le testament de Villon, taye et 
lat/on pour grand'mère et grand-père. 

C'est aussi dans ce sens que ce^i mots étaient 
entendus dans notre vieille législation lilloise. 

t/>is est en cheale ville ordenée et eiiaule... que enfant après 
le decble* de leur père cta de lenr mère lont parlaule et font nn 
mont en l'eacanche de leut taion ou de leur taicn. 

<afli.iD.) 

Le peuple cependant s'est obstiué à voir dans l'aïeul 

un degré de parenté au-dessus de grand-père. 

L'aïeul ou tayon correspond dans sa pensée au 

bisaïeul. 
Teiqueb, V. n. Tousser souvent, par une sorte de tic. 
Tellf:, r. f.Vase en terre culte, plus large que profond, 

ou l'on dépose le lait. 



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— 155 — 

Tbhpète, s. f. Jeu, en rouchi topête, mot qui peint 
mieux l'action. Le jeu consiste à lancer de plat une 
pièce de monnaie contre un rour, d(> manière à la 
faire retomber le plus près possible d'une autre pièce 
posée à terre. On mesure les distances avec an fétu 
de paille. Ce jeu a eu longtemps à Lille une vogue 
égale à c«lle de la Jforra, à Naples . 

Sur r rour qiund qu' cbeel k V îimpéli. 
J' buqn' ivre laol d' ménagemlDt, 
Qu'J'inronce loudii Haiequeiic. 

(Dinii. — Bulint.) 

Tbnpre kt tabd. T6l et tard; tempre. matwi. Mot 
gallo-belge (Ducange},du latin tempus. 

Ter, adj. Tendre, fragile, par syncope du latin (enw; 
ou bien encore de leres, etis, tendre, doux. 



Terluire ou Treluiiie, V. n . Faire plus que luire, 
donner de l'éclat; la syllabe ter est augmenlalive. 

Tehtoos, Tertousses. Par transposition de très-tous, 
composé de tous et de la particule très, qui commu- 
nique aux adjectifs une valeur superlative; il est dans 
Rabelais et dans Montaigne . 

Dame, dlat-U, Dieu qui [oui voit, 
VoDB dolnl Mlnle et boDae lie, 
El tr«ilo<it« Il Mropagnie. 

Ter vient du latin ter, comme très vient du grec 
ifii'f. trois fois. 

Nicol et M, Ampère font dériver irès de Irons, 
Théiio. Nom propre pourThérèse. 

Sont venu'i de 1' culgeaioe 
Lm drui ione* aiéqu«io«; 
El TMto el Zibelte 

» lin \i\etin. 

(^.M. - Rnboil.] 



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- 136 — 
Tignasse, s. f. ChcTelure aihI peignée. 
TiLLiACE, atlj. Dur, coriace, filandreux. 
TiMBLET, s. m. Exercice gymnastique desenfanU. 
TiTis, s. m. pi. Poux. 

Tombac, s. m. Ou tombacle, composition de cuivre 
jaune et de zinc. 

De timibaoU on d'trgent la boucle 
Ausii brfl)«nte qu'#n'*rboaclc. 

{Porchenmt. — Cliap. I".) 

ToncHÉ, ÈE, adj. Mal euiditionné, un bomme ou une 
femme mal torché, torché comme quuïre sols. 

Toftcuis, s. m. VoyeE paiiéolis. 

Torse. Torche, cierge pffor les cérémonies puMk|ues. 

Tort (dépens du tort) . Locution judiciaire pour dire 
qa'on mettra tous les frais à la charge de eelui qui 
succomber&dans la contestation. 

ToBTENÉ, adj. Tourné, roulé. 

D» cbevcux su vo lieite 
Qui (MttDlM tortènii. 

T0BTE.1EB, V. n. Ne pas aller droit; tourner autour du 

pot. 
ToHTW, s. m. Un objet conloumc, torlu. 
TouB*QUE,s. m. Tabac à fumer. 
TocDis.adv. Toujours; totâdie. 
TouiLLAGE, s. m. Gâchis, désordre, Etat de choses 

emmêlées. Froissurd emploie dans le même sons lu 

mot louillement ; 

Or lairons un petit à parler de ce louilUtnent qui éioil «ur 
le roi de Franrc, et porletons du priace de Galles cl de ta 
Bataille. 



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- \ôl - 

Touille», v. a. Embrouiller; de tout lier. 
ToupiELLE , s. f. Porle , clôture ; du vieux français 
eslouper, boucher. 

Il a clos V tovpitUe du Tour. 

(B.-X. — Le ■«u « (Dw.) 

TouPTRiE, 8. f. Eblouissemenl pendant lequel totil semble 

tourner devant les yeux , 
TovRLounETTE, S. f. Jcune fille étourdie. 
Tour noir, s. m. l^e peuple appelait ainsi le tour 

destiné à recevoir (os enTanls abandonnés par leurs 

parents à la charité publique. 

Il y en avait deux à Lille, ]*un à l'hôpilal général, 

l'autre à l'hospice Saiut-Sauveur. 
TouTovLE, B. f. Une femme sans ordre, qui m^le, qui 

touille tout. 
Tbamuer (se). Se remuer, s'agiter. 
Tbanaine.s. f. Trèfle. 

Tbahner, V. n Trembler; y iranne les fièvres. 
Tribouler, V. n. Aller, venir; se triboukr, agira sa 

fat^on. Laissons- le se tribouler, s'emploie à Tuccasion 

d'un homme qu'on abandonne à ses propres ressources. 

Il est dans Rabelais avec le sens de bousculer. 
Triboulette, s.f. Verre qui contient une pinte de bière. 
Trifouiller . Fouiller avec désordre et profondéaieat . 
Trimballer, v. n. Aller ça et làsansmotifs. 
Trimer, v. n. Armor. Iremen, aller d'un endroit à 

l'autre. Ce verbe s'emploie plus Ercquernsnent dansie 

sens d'un travail forcé. 
Trinqueballeb, V, a. Transporter avre embarras des 

p«w)nnes ou des cboses dans des endroits 

différenis. 



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Tripe, s. t. Etoffe de lain*: fabriquée |iar les bonr- 
geteiirs. 

Vaut flanrheieiJDTMpsr les rnjr et «errnent ile vin corpi. sur 
la damnslloa de tos itnti, e( voz part de parnrlis que vous tetrt 
l'es^ard de loolee les tHpei blenjuiliinienl et léalemeiil. 

[hoiaiTI. — Semienldea ergari de ta Bourgeterie.) 

D'après M . Brun-Lavainne, le nom de Bourgeterie 
provient à celte branche d'industrie de ce que les 
premiers ouvriers qui l'importèrent â Lille étaient de 
Uourgcs . 

A Roubais la fêle des fabricants s'appelle encore 
aujourd'hui la fêledes tripiers. 

Thipette, s. f . Terme de mépris . Cette femme ne vaut 
pas tripette. 

ÏBiPETTE, s. f. Panse de veau découpée en lanières et 
servie à la sauco blanche . 

On dit (l'une personne ou d'une chose déplaisante, 
qu'elle ne vaut pas tripette. 

Trondeler, V. n. (!kiunr d'une manière un ppu vaga- 
bonde, flâner; envoyer quelqu'un à l'trondièle.c'esl 
lui faire faire une course inutile, quelquefois désa- 
jjréable. Les domestiques crédules vont à l'irondièle, 
quand, le 1" avril, ils sont envoyés par de mauvais 
plaisants chez les marchands de drap, où ils deman- 
dent des lunettes de pinchina, ou chez les pharma- 
ciens, où ils demandent du sirop de baudet. 

Trouspettk , 8. f. Vilaine petite fille qui fait des 
embarras. 

TnOYELLB, s. f. Truelle; il existe un cabaret célèbre 
sous ce nom à Wazcmmes, vis-â-vis de la Vieîlle- 
Avenlure. 

Tuter, V. n . Tic d'enfant qui tête à i-idc en suçant sa 
langue. 



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Vaclette, s. f. Vnse qui renferme la braise où l'on 

iillume le labac; chauRerette. 
Valeter, V. n. Pourvolter, tourner, volulare, aller à 

droilp, à gauche. On attache à ces mois : faire 

valeter quelqu'un, une idée d'assujettissement, de 

vattaliié. 
Varouleur. Ouvrier de filature. 
Vëakt. Parlicipedeveoir, voir. 



Sr il ne pot derainer per 11 entendable bomme del plaid, oaoi 

S'il nt pt'it prouver par dtax hommtt dw plotd MfftiM 
d'itrt tnttndvi, enlandnnf et voyant... 

(Lait de Eiiiiiaime le CoifiiA-atil, IXflll.) 

Vendas ou Vendaque, s. m. Poulie sur laquelle s'en- 
roule la corde qui sert à hisser les fourrages au 
grenier. 

Venir, v. n. Employé pour devenir. 



VÈPRE, s. f . Soir, du latin vesper. 

Verdi. Coolraclion pour vendredi. 

Verdurièhe, s. f. Paysanne qui apporte les légumes au 
marché de Lille; les venluriéres sont remarquables 
par la forme du chapeau qui les garantit de la pluie et 
du soleil. 



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- 140 - 

VÉREUX, 8. m. Enfanta figure pâle, qui paraît avoir rlrs 

vers, 
Vebvereli, s. m. Verveux, engin de pè<.^he. 
Vertessou, s. m. Pisse Froid, pince sans rire. 
Vesse, s. f. Avoir In vesse, avoir peur, luculion d'écolier- 
Vettier, V. a. Bt'gnrder, de videre. Vet ch'l'komme! 

Regarde cel homme! 
ViELJt-HoMMËS (liospiccdes). Etablissement qui reçoit 

les anciens bourgeois de Lille tombés dans l'inrortune. 
ViGiN, s. m. Voisin, de vicinus. 
Vigneron. Nom d'une cloche qui donnait le signal de 

la retraite. 

Il eit tiop lard teviineronnisiinné. 

tft-».(.iW..) 

Voir Laineron. 
ViNAiGRETTK, S. f. Caisse de voiture reposant sur deux 
roues, et traînée entre deux brancards par un hommo 
que ht peuple appelle ehevat chrétien. 

CnigDaot d'uicr ttt piedi, den unn' vinaigrittt 
Eir K rai)ot mener par aa qutva thrtittn, 

(Dar-J 

C'est l'ancienne chaise à porteur devenue roulante. 
Le nom de ce véliiiule lui vient, selon moi, de l'a- 
nalogie qu'il présentait, dans le principe, avec la 
brouette du vinaigrier. 

J'extrais le passage suivant d'un article du Moniteur 
du i octobre 1853. signé, E. Tauxier, qui confirme 
mon opinion £>ur ce point quelquefois contesté àLiliu. 

• Voici Tenir une nouvelle larlélf. 

a On Tabrii|ua dei cbaitvs auiquellet on adapla dem roue» 
avec un brincard, un homme l'atlelail ilani ce br.-iDrird avec 
une lanltre decuiriitctteenssuiolr Buru'i^pauka.ttBerrocbée 
■ l'auire bout de In eaisse par un triimpun di- fer.i'l Cuisait 
l'ullice de «brvul 



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' ■ L«« fbaÛFt de ce mwléle, à eaute tant iaatt de la 
Ttuanblanc» qa'ilUt offraient avec les brou «11 ri qu» 
traînais») Iti vinaigritrt et marchand! dt moularda 
avaient pTi$ U nom diriiolrB de vinaigrtttt. » 

On se rappelle encore à Lille la pudique indi- 
gnation d'un critique célèbre, à propos des vînat- 
greltes. 

Vingt- HOMMES. Corporation de portefaix chargés de 
vérifier le poids des colis au déchargement des bateaux ' 
sur le rivage. 

Le peuple, toujours narquois^, a longtemps qualifié 
du nom des Vingt- Hommea la garde nationale à 
uheval, à raison de la faible^^se numérique de son 
effectif. 

Voie (Un en) . Êlr« en roule . Celle locution dérive de 
Tuncienne prononciation, je m'en voy$, pour je m'en 



Volée, s. f. Brasse, monvement des bras qui fait 
avancer le nageur. 



w 



Waiuiel, s. m. Regain, de teimetlus, seconde herbe. 
Waimer. Miauler. 

Warhas, s. m. pi. Faisceaux de paille de fèves qui 
servent de litière aux vaches. 



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- 112 — 

Wassingcc, s. f. Serpillière, toile grossière servant à 
l'emballage, que l'on fabrique dans le canton de 
Bailleul. 

'WiDiER. Vider, sortir. 



ZÈGRE, adj. Élroil, mesquin, pauvre, gueux. 

Dm rich'n, dei tigr'$. An droU, d'ternés. 

ZÉZB, S. m. Un homme à petites idées, quixexa». 



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TABLE 



Absnier (0- 


Atl«». 


Arntoqae. 


Ahlila. 


Alowui. 


Aroutnge. 


About. 


Alwi. 


AriDuliie. 


Abuser (»■). 


Amizi. 


Artltbiud. 


Acaier. 


Am bielle. 


Aiselin (ïolr Aehf 


ArctaniaiwB. 


AmeDdIcc. 


lin). 


A-hdin. 


AiupadisG. 


Atille. 


Acbelle. 


Amear. 




Acoa|ii ( «Tnir oit 


Amiololer. 


Aeiolé. 


r.lre). 


Amileui. 


Aakui. 


Awul. 


Ain(iiUioD(p«lDd) 


AUrger (.'). 


Aeriïinter (»•). 


AmsKtle. 


AliCIB. 


Adrécber. 


A nette. 


AMqu*. 


AfPquet. 


ADgdOl». 


Ato tniM d'}. 


Amigé. 


Angouche. 


ALomber. 


AlMer. 


AnirhM (0. 


Atonl. 


AOToDtér. 


ADk'Tochr. 


Attrlao. 


Aiïublcr. 


AouMui. 


AUiut. 


Am>lé. 


Aparlerfi'). 


Aubade. 


AiïDiiau. 


A|.eiipr. 


Aubiau. 


Agacbe. 


Apourhim-r. 


Aomondr. 


Agé.. 


Appàleter. 


AfaleoTt. 


ARobllea. 


AiiprocbsDt. 


Awrldeo». 


Agripper. 


Arabie. 


ATiBt. 


IgrippiD. 


Arrhelirr. 


Aviw. 




ArcbrHe. 


Aïoienienl. 


Ainsin. 


Arlind. 


Aïulp. 


Ajolié. 


Arlandcr. 


Awf. 

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Babacbe. 


Beniau (Jeu). 


BoDl (aïoir). 


Babeaae. 


fienlau lumberMu) 


Boiinicr. 


Bibenueni. 


Béoie. 


BonnlqueU 


Riclée. 


Berdaine (courir). 


BmidIIIud. 


Bad<De(illertla). 


Berdriacbes. 


BomibO). 


BidDuIcti. 


Berdoof. 


Bonbou (faire,'. 


Badoulelte. 


Berleau. 


Boucan. 


BaiTrer. 


Beriiérei. 


Bouirre. 


Bagou. 


Berlou. 


Bougon. 


Bagne* (aller à . 


B^rlBser («). 


BouRooner. 


Btl«. 


Bernalier. 


BOUJOD. 


BtlIU. 


Brraeui, 


Uoultaiii. 


Baleine. 


Bcnile. 


Bourgage. 


Biner. 




Bourgeois (cooToi 


Ballon. 


BIc bar. 


Bourler coart. 


Balocbgr. 


Bielle. 


Bourler. Jouer. 


Balol. 


Bille. 


Boorler. loiubeT. 


Bilou. 


Blllel de mon. 




Baloulie. 


Uillrtden.1. 




Banse. 


BItlouet. 


Bouler. 


Baose bercboire. 


Bi«e. 


Bouracbe. 


Baqnel. 


BUer. 


Brader. 


Baul. 


BItel. 


Braderie 


BaroD. 


BisMucr. 


Brare. 


Barou. 


Bisiuquer. 


Braire. 


BarqueUe. 


Bl.loule. 


Brebigetle. 


Bmainner. 


Blime. 


BreUe>. 


Ba^Ecr, 


Blanc-boimel. 


Bren. 


B«(i|itT. 


Blasé. 


Bren d'agacé. 


Baudequin. 


Bleuei. 


Bren de ludai. 


Béird. 


Bkueu. 


Bretelle*. 


Be.u(|iaiter). 


Bleuura. 


Brejou. 


Bec bol. 


Bleu Idl. 


Briffe. 


Bedoule. 


Blenvû. 


Btinbeui. 


Bi-guln. 


Blo. 


Bringoe. 


Begulnagf- 


Bobineur. 


BrlMiiue. 


Broacbr. 


BuDfieui. 


BrUMder. 



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BroehoD. 


BrOQier. 


Buqner. 


Brondeler. 


Brouleur. 


Burette. 


BroDMr. 


Brouté. 


Burgugt. 


Broqainle. 


Bruant. 


Butelle. 




UrdliD. 


BuilCT. 


Broqaer. 


BucquF. 




Broqaei. 


Bulue. 





Cabas. 


Capon. 


Chouler (jeu). 


Caborbe. 


Capot. 


ChonleU 


Cabocbus. 


Caracole. 


Cbucade. 


Cabujelle. 


CarafieD. 


Cbuche. 


Cabut. 


Carainara. 


Clachcron. 


Cacaque. 


Carcaillou. 


Clachoire. 


Caché perdu. 


Carer(ie). 


Claque. 


Cacbequien. 


Cartier. 


ClaquolT. 


Cacher. 


CaroD. 


Clelner. 


Cacheu de mannée. 


Carré. 


Clique. 


Cachiïeui. 


Carton. 


Cliquer. 


Caconoea. 


CaliUcr. 


Cllquei ri claques. 


Cadot. 


Calimini (en). 


Clique- laloD. 


Catelian. 


Calou. 


Cloer, 


CaroiiiHage. 


Gauches. 


CiDuches. 


CafoLin. 


Censé. 


Codac. 


Cafouiller. 




CodrelaU. 


Caire«*. 


Cenaler. 


Coi. colle. 


Calé. 


Cent. 


Coinoe. 


Camaoetle. 


Chaude. 


Colle. 


Campes. 


Cbatideau. 


C<ria». 


Canada. 


Chafflolter. 


Comptoir, 


CaDarlen. 


CbliTIolian. 


ComUste. 


CandeW. 




Contraire {venir an). 


CaDdeM«Ue. 


Chipencbop(allerd.r) 


Copot>. 


Canette. 


Chipoicr. 


Coquardier. 


Capable de (<lff). 


Cbiqufr. 


Coqueleu. 


Capaneolre. 


Cboalne. 


Coquille. 


Capenoule. 


Choque. 


Coré.). 


Caplan. 


ChODicr, fouler. 


CorlnchP. 

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Cane. 


Cracht. 


CnKihu. 


Cofctie. 


Crachel. 


CreleiW. 


Cmlliai. 


Cr«ine. 


Croler. 


CnUn. 


Cramillie. 


CrolW. 


Cgiton. 


Cnnpf. 


Crou. 


Couet. 


Cnpe. 


Croni. 


Couillon. 


Crapeui. 


Croquant. 




Crtpin. 


Croque. 


Cûole. 


CraquHin. 




CouHire. 


Craqueloi. 


Croquet. 


CoulOD, plgmn. 


Craiteui. 


Croquet. 


Coulon<oom prop.). 


Crechi. 


Crou-crou. 


Couqne-baque. 


Cren bouli 


CrouiloiH. 


Couretlc. 


CreTBiiin. 


Croutu. 


Courir «an plai vile. 


Crevé. 


Cru»u. 


CoDrtllIagc- 


Crinchor (k). 


Cru«nder. 


ConrUileu. 


CiiDcbon. 


Crucbon. 


ConrMnoii. 


Crlncu. 


Curleui. 


CooMln. 


Cmbe. 


Curlue (piln de] 


CuTe(U!(illfril'). 


Crorhe-plcd. 





Dubc. 


Wcrmr. 


Déméprlier. 


Dadwl. 




DemiUDt. 


Damne- 




Dépicher. 


Damai. 


Dédicace. 


D'' plaquer. 


Danobii. 


iMeise. 


[Iern«. 


Daquolre. 


Défunquer. 


Détouitler. 


Dar.iD,De. 


Di<8ag«T (te). 


Diuillanr. 


Daron. 


Défr>lne. 


Devenir. 


Daronne. 


DegiMr. 


Uévéniner. 


Danit. 


D^obilJer. 


Oirruler. 


Dan>M>. 


Wgrioler. 


Dlicompia. 


Dater. 


Dégrioiojre. 


Oodiner. 


0(. 


Déguculer. 


Dodo. 


Deb'Duquer. 


Délvminier I>e). 




DeboïK. 


D*loqu.r#. 


Dor. 


DébtU. 


béloufer. 


Duré. 


Décarocher. 




Doreui. 



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DorlorEs. 


Douqa« Joiiqoe. 


Uroule. 


Donrunl. 


Drigon. 


Druquin. 


Doube. 


Dri. 


Dueawe. 


Doael. 


DrhM. 


D«.qtie. 



EcafiltC. 
Ecafater. 
Ecirder. 

Echuclier[iVI. 
Edile. 
Econre. 
Eco nage. 

BcoDint. 

Eronrcbeu. 

Ecrépe. 

Ecruauiler. 

Egalir. 

Egard. 

Ehoiil 

EmarToié. 

Einbarra!ié«. 

Erablan. 

Knibliv«ri«. 

Emilion. 



Emonl^e. 


EqD«iiea. 


Empailer. 


Estarbille. 


Empifrer. 


Esmmer. 


Endever (ralre). 




Enfardel*. 


EXCDUt. 


EnreDOumt. 


EBcoiisanl. 


Enfunqué. 


Emousm. 


EnBfl*. 


EspiBier. 


EngueuKr. 


Esqn«lin. 


EnDalller. 


E«|iiiBl«r. 


EoonT 


Etal. 


Enroder. 


Etoquo. 


En ton il 1er. 


Eleneltei. 


Enijrlu (1 1'). 


Eteule. 


Enrielllir (a). 


Eloqu» (s- 


EpaCTe. 


Eiraln. 


Epaulrer. 


Eltanner. 


Epili». 


Elw. 


Epincber. 


ElriH. 


Epoapelle. 


Etrivetle. 



FaIttMt. 
Fallu Icbe. 
Farroiitller. 



I Faacard. 

Faucarder. 

Flaque. 
I Fergu. 



D,g,l.2cd|v, Google 



Ferloupes. 


Flécheil«. 


Fouronner. 


Fermeal. 


FiepM. 


Fourtée. 


Fi. 


l^haiDe. 


FoDyner. 


Flcbau. 


Foirer. 


Friicho. 


FlM. 


Fonrer. 


Frasolr. 


Filer. 


ForliOD. 


Frajeui. 


FHwle. 




Frl»iit-h<ll«iit. 


Fin. 


Force que. 


FricttK. 


Flnider. 


Foncner. 


Friïpn.. 


Flon. 


Foaao. 


Frusqula (SI). 


Flahule. 


Fouftrdei. 


Foii«. 


Flimlquo. 


FonlTe. 


Funqute. 


FlandrlD. 


Fourr«li«(éireen). 




FUtt. 


Fourntquer. 





Gafe. ' 

Giga (parler). 

Gaiole. 

Galafre. 

GaletMii. 

GalieUe. 

Galoche. 

GalDriiD. 

GaivaDder. 

GaDtola. 

Garchonale. 

Garçonnière. 

Gard. 

Giiflel. 

Gaarre-collche. 

Gaugue. 

Gaule. 

flauquier. 

Gbtd. 

Gaiiau. 



Giine. 


Greignard. 


Gigeante. 


Greigner. 


GigeiDe. 


Griffer. 


Gin. 


Grlngrin ((«J 


GiDgeol. 


Gringaei. 


Ginglpr. 


Grioler. 


Glslne. 


GrippelU. 


Gland. 


GroiMlie*. 


Gla.ei. 


Gro(-J«iD. 


GlorletU. 


Gros mort. 


Gloul. 




Godsilier. 


Grouler. 


Godiche. 


Gruau. 


Godon. 


Guernaie*. 


Gogu. 


GuerDoni. 


Gagu«iu. 


Guernoier. 


Garlier. 


Guer(l«r. 


Goardaines. 


Goei. 


Gourer. 


Gui, gée. 


Gouïion. 


Guiter. 


Griladewl. 


GutK. 


Graiirter. 


Guilerne (cour) 


Grameat. 


Gui»e. 


GraDd'Hagaila. 


Gyrie. 


Grind-Tournanl. 





igiiizcdiv, Google 



ILiblle. 


Havol. 


flonaiae. 


Hdbriii. 


HâJOD. 


Hnupellf. 


Hall». 


Hnyure.- 


Hourdage. 


mm. 


Iltmeur, 


Houiwai. 


H«ppe. 


Hobelie. 


HDDtse. 


II.que! 


Hochemi»ire. 


HuU 


mrd. 


Hnche-jml. 


Huieiie. 


Hardi. 


Hole. 




Hnrna. 







Iroboi^neui. 


loriDl. 


rnnocbenl. 


IncrlDi|aer(s". 


lDfll«r. 


Iniiplte. 


IndiRiie. ■ 


Ioaiur«. 


Intendance 


iDdUlReDCH. 


htottbii. 




Induque. 


Inguer. 





JtcoKn. 


Jobrc 


Jueni. 


Jicquarl. 


Jonne. 


Jupon 


Jappe. 


Joquer. 


Ju.. 


Jeûner. 


Jiiedi. 




Jo. 


Juelte. 





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Kanneiie. [ KraCne. 



Ladwtro. 


Wbnré. 


Loq.ie. 


LaidoDi. 


LMquInfmoiiliode). 


Lo>le. 


Ligne. 


Leurre. 


Lot. 


Uineron. 


Lu. 


LoucbP. 


LaUich. de Mm*)- 


LIache. 


Loaehel. 


Ltngreui. 


Lille. 


Lourd. 


Lapite. 


LincbeuT 


Ix)zird, de 


Llri. 


LisU. 


Luisein. 


Larnease. 


Llilan. 


Liimerolr. 


Larri. 


Lombard. 


Lusnl. 


Léboyll. 


LoDimelet. 





HabT«. 


Madu. 


Haode. 


MaeiDX. 


Hagemenl. 


Mannée. 


Macavenle. 


Ablueue. 


Hanoqoeni 


MMbnqaï. 


Haie. 


Manuel. 


HachDré. 


Maladie Jaquelte. 


Maqua. 




Halva. 


Maquiller. 


HaOïni. 


Mamuioi. 


Maraille. 



t* Google 



MirdDché 


HiUer-Malte. 


MoQthon. 


MtTte. 


Meli. 


Moudre. 


MargDulette, 


Heure (le). 


Honffles. 


M.rgoulin. 


Meule. 


Uoulet. 


Mariage Qe» de)- 


Ml. 


MonniKHilcile. 


Marlchlui. 


Mie. 


Mouue. 


Maridle. 


Hier. 


Houuet. 


Haijoler. 


Minable. 


HoaHaOa. 


Haronoe. 


MlDCk. 


Montre. 


HtroUe. 


Miae. 


MouT«ler. 


Marron. 


Minoa. 


Hontlar. 


Maue. 


Mltan. 


Mou/on. 


Mulelle. 


Mode (k ra'). 


Moie. 


Mal. 


Mole, Moyeue. 


HaïOlte. 


Halon. 


Mai«e. 


Mucher. 


Matou, 


Mun. 


Huchelle. 


Mauoslielé. 


HoDteuie de mode». 


Mucb- Un pol (en) 


H^oule. 


MoDire. 


Mugol. 


Ueoetle. 


MordMor. 


HuQt. 


HenoQies, 


Moreau. 




Méquainc. 


Hoi^uei. 





Nafque. 




Noquére 


NacliPui. 


NobiJiau. 


Noquel. 


NaijGolreii. 




Noufi. 


N«D 


NoWe-Tour. 


Nuiwarl. 


Ni.:doulllf. 


Nom jel«. 


Nunu. 


Nleulle. 


Moque. 





OEulllirde. 


1 OM'lt. 


OUI. 


Oliclle. 


Oaliau, 


Outre (lant) 


Ollflur, 


Olieu. 


Ouvrer. 



Digilicdb, Google 



Ttmti. 


Peon'lierrf. 


Plein ;ioal). 


Pani.. 


Ph<li|>i>tnf. 


Plenures. 


p»r. 


PIrhal". 


PI^UTB. 


Paillolls. 


Pirbr. 


Plicbon. 


PsinnroU*. 


Pkhfriwr. 


Pluquer. 




Pkhon. 


Pnrher. 


Pamelle. 


PIrhollère. 


Pocheiia-. 


Pann. 


PIchou. 


Pucbon. 


PïTithelff. 


Picol. 


PomptiiP. 


PanchD. 


Plécha. 


Ponlifical. 


PRDdo-ir. 


Piïd-<l'aBacbr. 


Puque. 


PanlalUeri«e). 


Pi«le*i:«ui, 




Paour. 


Piedwinle. 


Porfltr. 


pBouri'. 


Pierrette. 


Poriun. 


PipiirL. 


Pile. 


Poiiclelie. 


Pnrchcn. 


Pilel. 


PoiMIIon. 


P«r|iirt. 


PlncberUu. 


Pnslurw. 


Passct 


Pindfrlolii. 


PoUge. 


P*UgOD(. 


Pinte. 


Pou.bin. 


PaliFT 


flaUT. 


Poumn. 


PulUii. 


Plnlfui. 


Pnumnnir. 


Pliure. 


Pintcui. 


Pnurcbn». 


Piucbeor. 


Plntnrlor*. 


Pourelle. 


Piuvriieur. 


Piquf. 


Pourliqucr (•*) 


Payelle. 


Pique pique. 


Presienienl. 


Peloieu,. 


Piques (pauer les). 


Preume. 


PenMn. 


Piquet. 


Prlnael. 


Peninqtip. 


PiqiiMage. 


Prli«e. 


Pertol. 


Piqueler. 


PriȎ. 


Pcrsielle. 


Pi.eu.. 


ProuMe. 


RTleler. 


PlachellP. 


Poluant. 


l'rrteliep. 


PlalgDanl. 


Poraln. 


Pplem. 


PlanThoit". 


Piircr. 


Pelll-cl-r--- 


Platplêe. 


Purger. 


PelilbdreJ. 


Plalflel-. 


Piirian, 


Pelit!t-,'4alds, 


Piat-Seii 


Purin. 


Peuii. 


Piallan. 





Digiiiz^dt* Google 



Quacher. 


QuenneloiwM. 


Quewlie. 


Uiur. 


Quer («Toir;. 


Queure. 


QatTTte. 




QueutP. 






Quia (âlre è] 


Qu'a»-IU-li? 




Quinquin. 


Qa-i,at}ai). 




Quiou. 


QoemeDlan. 


QaenedudépAl. 




Qacoecqae. 


Qoeue len-Uii. 





Rabrouer. 


Rarijet. 


Réo. 


Rabronicr. 


Ret'brncr. 


Beulle. 


Rac. 


Efcomparw. 


ReuppT. 


Racaille. 


Rtcrire. 


Re*eleui. 


Raccroc. 


Hécarer. 


Refléter. 


Racciitile. 


Redoubleoie. 


Reirldiage. 


Bacbemer. 


Rédall St-Sauvcar. 


Rewldler. 


BacoDlagfi. 


Refuge. 


Bewigier. 


Rade, radpmenl. 


Regerol. 


Rie i Rie. 


Rigemlller. 


Remellre. 


Rii-rtoulle. 


Raine. 


Hemln. 


Rider. 


Raroenlaroir. 


Rémola. 


Rigoler. 


Randouiller. 


Rendage. 


Rlacblnchin. 


Rnrtg. 


RenfouraiT. 


RIscanli. 


Rang d'ognons. 


Henlpper. 


RIrageoli. 


Happe. 


Repainer. 


RocheUe. 


Raquer. 


Récurer. 


Rogin. 


Kaslére. 


RepouvFler. 


Rogneui. 


RniMrcir. 


ReqolDipieT {n). 


Rognon». 


Ratlendre. 






Ri»age. 


BeUaracr. 


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Ron<le1tc. 


Rouli. 


Rum«r. 


ROH. 


Rouvelanl. 


Rani«ite. 


Roate. 


Ruan. Tuiulcr. 


Ruqur. 




RuchoD. 


Rnw. 


RooRecRiii. 


Rndionncr. 




Roollére. 


RatT. 





Stdfi. 


Stqiielalii. 


sis;.? 


Sahaleaa. 


Sfqaol. 


Soalot. 


S*ie. 


Snrer. 


Soapelte. 


Siinl-Pt«rre (r*lre). 


Sel. 




SiliHOl. 


S*Ta. 


8UPP.WW. 


Saïuonoel. 


Sieu. 


SioDé. 


Saquer. 


SI ral(. 


S«im(niedet). 


SsnKi (raedMiepi;, 


SImplol. 


SoWter (faire). 


Saorel. 


Sno. 


Suecadet. 


Sauierhui. 


Soler. 


Surriterhaud. 


fUtIblea. 


Solle. 


Sappori*. 


Saviie. 


Solenl. 




SchkrfhB (aller à). 


Son. 


Sorgé. 


Secol. 


SoTlel. 




Smom. 


Soucard. 





Tabac de Iwudcl. 


Tarlioe. 


Taur. 


Tiblelle. 


Tauer. 




Tilbuquer. 


TSHiSU 


Telqucr. 


Talo. 


Tnf mé glaine. 


Telle. 


Tannanl. 


Taloule. 


TempAir 


Tarlo. 


Taadlon. 





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Temprc n lard 


Totlen^ 


Trimwr. 


Ter. 


Torlcuer. 


Trlbonler. 


Terinire. 


Torlin. 


Triboalrllf. 


TerlouH. 


TonlMine. 


Trifouiller. 


Théro, 


Toudii. 


Trimballer. 


TlgBMse. 


TouillBg*. 


Trimer. 


Titll.cp. 


Twllllfr 


Trlnqaeballc 


Timblel. 


Toupidlr. 


Tripe. 


Titli. 


Toopjrle. 


Tripell*. 


Tombnr. 


Tburloarelte. 


Trlpflle. 


Torché, 


Tour noir. 


Trondeler. 


TorrhtE.. 


Tonroule. 


TroiMpetle. 


Tofȕ. 


Trainaer (se). 


TraT^ile. 


Ton. 


Tranalne. 


Tuter. 



VKlelie. 


Verdi. 


VIrui-hommes 


Yiitltt. 


Verdoriére. 


Vlgln. 


Varonleur. 


Vereni. 


Vigneron. 


VHn(. 




ViMlgrelie. 


\màu. 


VerTeiMin. 




Venir 


Ve»e. 


Vole (élre eii>, 


Vépre. 


Veiller. 


Volée. 



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